La forêt-école de Jean-Benoît et des autres

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Ça fait 30 ans que je le connais et il ne veut jamais que je parle de lui, sauf... (Photo Le Quotidien, Roger Blackburn)

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Roger Blackburn
Le Quotidien

Ça fait 30 ans que je le connais et il ne veut jamais que je parle de lui, sauf quand c'est le temps de replacer un ministre qui pense de travers. « C'est grâce au leadership de la directrice de l'école, c'est grâce à la commission scolaire, c'est grâce aux professeurs, c'est à cause du ministère », me disait toujours Jean-Benoît Gagnon, un professeur de La Baie. C'est toujours à cause des autres.

Mais c'est quand même lui qui a poussé l'idée à la Commission scolaire de La Baie, en 1994, de mettre sur pied un programme de formation professionnelle de guide de chasse et pêche. Ce programme est devenu aujourd'hui un DEP en protection et exploitation de territoires fauniques, lequel inaugurait mardi sa forêt-école et qui permettra aux élèves d'améliorer leur formation pratique.

Au début des années 1990, Jean-Benoît Gagnon occupait des fonctions bénévoles de président régional et provincial de l'Association des trappeurs indépendants en plus de représenter le Québec à l'Institut canadien de la fourrure. Il avait comme projet de faire découvrir la forêt québécoise aux touristes européens désireux de voir nos grands espaces. C'est aussi lui qui a collaboré à élaborer le cours provincial de piégeage des animaux à fourrure nécessaire pour devenir trappeur au Québec.

« En collaboration avec la Sépaq, j'invitais les visiteurs étrangers à passer une journée dans la Réserve faunique des Laurentides pour leur faire découvrir les activités de piégeage, les faire marcher sur des barrages de castor, aménager des sites d'observation pour l'ours noir, voir des orignaux, des perdrix en plus d'offrir un repas dans un camp rustique. C'était un beau projet, mais la Sépaq me disait qu'ils avaient besoin de guides de chasse et pêche et que les candidats de qualité étaient très rares », se rappelle l'amant de la nature.

« Les pourvoiries et les gestionnaires de territoires fauniques me faisaient les mêmes commentaires. "On a besoin de guides et il n'existe pas de cours de formation", qu'ils me disaient. C'est là que j'ai proposé à la CS de La Baie de monter un programme. L'accueil a été positif et les politiciens ont fait ce qu'il fallait pour qu'on ait les autorisations du ministère de l'Éducation pour former nos jeunes », raconte fièrement celui qui a aussi mis sur pied le projet Okwari Aventures, pour l'observation de l'ours noir, dans le secteur du Centre plein air Bec-Scie à La Baie.

Jean-Benoît, qui siège sur le comité de développement de la forêt-école, avait la tâche de faire l'historique du projet, mardi, et il n'a rien dit de tout ça. C'était encore grâce aux autres. « Tout seul on avance plus vite, mais en équipe on va plus loin », philosophe celui qui est à l'origine de la formation de près de 2000 guides de chasse et pêche depuis l'instauration du programme.

100 % de placement

Le cours de guide de chasse et pêche compte 1320 heures de formation pour deux cohortes de 22 étudiants par session. « On reçoit une trentaine de demandes par session de la part des élèves intéressés et on reçoit pas moins de 350 demandes d'embauche par année de la part des pourvoyeurs, des centres récréotouristiques et de la Sépaq qui gère les parcs et les réserves fauniques du Québec. La Sépaq embauche d'ailleurs 50 % de nos élèves chaque année », détaille Daniel Lavoie, le premier enseignant à donner la formation dans ce programme.

« Chaque année, nous recevons des élèves de la France qui viennent suivre notre formation. Pour vous donner un exemple, en France, dans les cours de foresterie, ils coupent une bille de bois à la scie mécanique dans la cour d'école pour leur examen de fin d'année. Ici à La Baie, pour son examen, il doit abattre dix arbres, les ébrancher et corder les billots sur le bord du chemin. Il en a fait tomber plusieurs pendant sa formation », raconte Régis Fournier, enseignant spécialisé, entre autres en réglementation.

Forêt-école

Dans leur forêt d'enseignement, les élèves pourront utiliser leurs scies à chaîne, débroussailleuses, embarcations nautiques, VTT et installations au propane pour mettre en pratique leurs connaissances sur un territoire d'une superficie de 70 kilomètres carrés dans le secteur de Ferland-et-Boilleau, comprenant deux grands lacs, des marais et une rivière.

Ces jeunes, on les rencontre partout au Québec sur le territoire forestier. Ils sont débrouillards, vaillants, aiment la nature en plus de posséder des connaissances pratiques dans leur domaine, une main-d'oeuvre rare dans l'industrie de la nature.

La Commission scolaire des Rives-du-Saguenay a maintenant une forêt-école qui ne demande qu'à se développer. Avec une main-d'oeuvre de 60 jeunes par année, cette forêt risque d'être aménagée rapidement.

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