Silence, on tourne!

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La comédienne Karelle Tremblay et le réalisateur Sébastien... (Le Quotidien, Michel Tremblay)

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La comédienne Karelle Tremblay et le réalisateur Sébastien Pilote posent dans l'autobus qui sert au tournage. L'équipe était sur la rue Racine, mardi.

Le Quotidien, Michel Tremblay

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Je n'ai jamais tenu une bière aussi longtemps dans mes mains sans en prendre une gorgée. Je me suis présenté comme figurant pour tourner une scène dans le prochain film de Sébastien Pilote, La disparition des lucioles, mardi, à la salle le Sous-Bois de Chicoutimi. Je jouais le rôle d'un spectateur (comme les 60 autres figurants) dans un spectacle rock de la formation WD-40.

J'ai présenté ma candidature sur le site Lucioles Casting et on m'a dit dans un courriel de me présenter à l'Hôtel Chicoutimi, à 9 h, avec des vêtements que je porterais dans un show rock, la saison est printemps-été. Les couleurs à respecter étaient gris, noir, brun, aubergine, bordeaux, mauve, rouge, rouille, ocre et vert de gris. Évidemment, je n'avais pas lu le courriel, alors je suis arrivé vêtu d'une chemise bleue avec des lignes roses. Ils m'ont fourni un chandail en coton ouaté noir avec une tête de loup imprimée sur le devant ; de toute beauté, j'ai eu chaud toute la journée.

Sébastien Pilote a fait débarquer la guilde des techniciens du cinéma de Montréal à Saguenay pour au moins un mois. Ils sont tous là et c'est impressionnant de les voir aller. Ils connaissent leur métier. Directeur photo, ingénieur du son, éclairagiste, régisseur de plateau, scripte, coiffeur, habilleur, ils sont une trentaine à travailler sur ce film, dont certains techniciens de la région.

Un silence surprenant

Le plus surprenant, c'est le silence qui existe sur le plateau. Les 60 figurants doivent se taire pour que les techniciens puissent se parler entre eux. Le directeur photo, Michel La Veaux, discute avec le réalisateur pour le cadrage de l'image. Il faut changer l'éclairage, ajuster le son, mettre du fixatif sur les cheveux du comédien et dire action. Oups ! un fil glisse dans l'éclairage et fait un ombrage, il faut recommencer. Oups ! le guitariste échappe une note, il faut recommencer. Pendant ce temps, les figurants attendent avec leur verre de bière ou leur verre de rhum and coke qu'ils doivent garder à la main toute la journée.

Ils ne prennent pas le temps de dîner, le tournage se fait alors que les techniciens ont un sandwich entre les dents et que les comédiens demandent la permission pour aller à la salle de bain ; la réponse est oui, mais fait ça vite.

Chaque figurant devait s'assurer de garder la même position pendant le tournage, avec la même casquette à l'envers sur la tête et la même veste de cuir sur le dos pour éviter des erreurs au montage. Pendant le tournage, Sébastien Pilote pointe des figurants dans la salle et leur demande d'entourer les comédiens. Il fallait lire la fierté des gens choisis pour être à l'avant-plan, ils se retenaient pour cacher un sourire de grand bonheur.

« On ne sait jamais, des fois c'est comme ça que ça commence, tu participes comme figurant, après ça on peut avoir une offre pour un troisième rôle ou un deuxième et ensuite faire une carrière », rêvait un figurant le matin à l'Hôtel Chicoutimi.

« Sébastien Pilote m'a dit qu'il cherchait des gueules, des visages, des expressions, je l'ai rencontré en personne, la dernière fois, et il m'a serré la main », ajoute-t-il fièrement. Ce jeune figurant a en effet été mis en évidence lors du tournage en jouant près des personnages principaux campés par Karelle Tremblay et Pierre-Luc Brillant. François Papineau et Luc Picard font aussi partie de la distribution.

C'est un vilain métier, quand même, que celui d'acteur. Les premiers rôles ont passé la journée à attendre et à attendre que tous (son, lumière, image, réalisateur et directeur photo) soient prêts pour jouer une scène de cinq à dix minutes en plus de suivre les directives du réalisateur qui veut une émotion, une expression, une tête penchée vers l'avant, un regard évasif, un sourire pas gros, mais pas petit non plus, juste entre les deux pour exprimer un plaisir coupable. Coupez ! On la reprend !

Belle expérience

Ce fut une très belle expérience de se mêler à ce plateau de tournage, mardi. Sébastien Pilote, souriant et d'agréable compagnie sur le plateau, dirige ces professionnels qui sont les artisans du cinéma québécois. La production cinématographique est à Saguenay jusqu'à la fin du mois de juin avec un budget de trois millions $.

La disparition des lucioles est écrit et réalisé par Sébastien Pilote et produit par Bernadette Payeur et Marc Daigle, avec Michel La Veaux à la photo. Il s'agit du troisième long métrage du cinéaste saguenéen après Le vendeur et Le démantèlement.

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