13 raisons génère de l'inquiétude

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La série américaine est une adaptation du roman de Jay Asher racontant l'histoire d'une adolescente, Hannah Baker (Katherine Langford), qui a laissé, après son suicide, 13 cassettes audio destinées aux individus qu'elle croit responsables de son suicide.

Tirée d'Internet

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Le buzz autour de la série 13 Reasons Why (13 raisons), disponible sur Netflix depuis le début du mois d'avril, n'a pas épargné les jeunes de la région et les différents intervenants du monde de la santé, du monde scolaire et de la prévention du suicide.

Depuis deux semaines, les différents intervenants de la région se mobilisent, se rencontrent, se parlent pour élaborer une stratégie d'intervention dans le but d'éviter les effets néfastes de cette télésérie chez nos adolescents, comme cela se fait partout en Amérique.

La série américaine est une adaptation du roman de Jay Asher racontant l'histoire d'une adolescente, Hannah Baker (Katherine Langford), qui a laissé, après son suicide, 13 cassettes audio destinées aux individus qu'elle croit responsables de son suicide. La série traite aussi de l'intimidation, des agressions sexuelles, des relations amoureuses et des réseaux sociaux.

Clay Jensen (Dylan Minnette) 17 ans, qui était amoureux d'Hannah Baket, trouve les cassettes à son nom. Les documents audio décrivent les 13 raisons qui ont poussé la jeune fille à s'enlever la vie deux semaines plus tôt.

L'écoute de ces confidences et des personnages qui sont concernés met la table pour une belle trame narrative pour 13 émissions palpitantes, sauf que le dernier épisode montre de façon très explicite le geste du suicide, ce qui a choqué plusieurs personnes et pesé sur le bouton d'alerte des centres de santé et de prévention du suicide à travers l'Amérique.

« Les impacts de la série se sont répandus très rapidement dans la région. Les adolescents en discutaient dans les milieux scolaires, les professeurs étaient interpellés par les jeunes et le milieu de la santé a senti les impacts dès la première semaine de la sortie de la télésérie », explique André Houle, du Centre de prévention du suicide 02 du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« C'est important d'en parler, il ne faut pas laisser les jeunes seuls face à cette série télévisée. Nous avons rencontré les intervenants du milieu scolaire pour nous assurer que les gens choisissent les bons mots et qu'ils abordent le sujet sous l'angle de la prévention et insister sur le fait qu'il existe un filet de sécurité pour aider les gens », insiste André Houle.

« Plusieurs jeunes souffrent d'anxiété et il faut leur faire comprendre qu'il s'agit d'une fiction, même si le contexte de la série s'approche de la réalité. La santé publique a d'ailleurs émis un avis de vigilance sur le sujet », fait savoir le directeur du Centre de prévention du suicide 02. « Il ne faut pas hésiter à demander de l'aide, les parents doivent demeurer vigilants », ajoute-t-il.

Populaire chez les jeunes

La série est très populaire chez les jeunes et ils sont nombreux à l'écouter en rafale. Florence, 17 ans, a dévoré les 13 épisodes. « C'est une super belle série, je l'ai trouvée par hasard sur Netflix. Elle faisait partie des plus populaires. Je l'ai écoutée sans savoir ce qui allait se passer dans le dernier épisode. La scène du suicide est horrible, mais de voir la réaction des parents devant leur enfant et de ceux qui restent c'est suffisant pour décourager quiconque de se suicider », commente l'adolescente avec qui j'ai visionné le dernier épisode.

Florence avoue cependant, en constatant toute l'attention médiatique que suscite la télésérie depuis un mois, qu'elle ne l'aurait peut-être pas visionnée. « Il y a vraiment une surréaction du monde, ça enlève presque le goût de l'écouter. Il y a juste le geste du suicide dans le dernier épisode qui est dur ; tout le reste de la série, c'est du bonbon », assure la fille de ma conjointe.

La Direction de santé publique rappelle d'ailleurs que le suicide est un sujet qui doit être traité avec vigilance : « Il faut éviter de minimiser les réalités douloureuses de la vie ou de condamner les pensées ou les comportements suicidaires et promouvoir des attitudes positives de résolution de problème. Il faut aussi éviter de porter un jugement sur un geste suicidaire, par exemple, en le qualifiant de lâche ou, à l'inverse, de courageux ».

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