Aider un vieil ami

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La directrice des Petits frères de Saguenay, Marilyn... (Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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La directrice des Petits frères de Saguenay, Marilyn Côté, supervise une équipe de 60 bénévoles qui visitent les personnes âgées.

Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Roger Blackburn
Le Quotidien

À l'occasion de la Semaine du bénévolat, notre chroniqueur est allé à la rencontre de bénévoles qui se dévouent dans leur collectivité pour rendre service, semer du bonheur, écouter les autres, aider, s'impliquer et créer des liens. Ces gens généreux reçoivent autant qu'ils donnent, même si, souvent, ils côtoient la solitude, la tristesse, la misère et l'abandon. Ils veulent faire plaisir, c'est dans leur ADN. Notre chroniqueur a puisé dans les ressources du Centre d'action bénévole de Chicoutimi et de l'organisme les Petits frères de Saguenay pour recueillir des témoignages.

CHRONIQUE / La directrice des Petits frères de Saguenay, Marilyn Côté, supervise une équipe de 60 bénévoles qui accompagnent 60 personnes âgées (75 ans et plus) en leur rendant visite au moins une fois par semaine. « On les appelle nos vieux amis, ce sont des gens qui nous ont été recommandés par le CIUSSS, par des travailleurs sociaux ou qui nous ont contactés personnellement pour recevoir nos services. On essaie de leur trouver des gens qui leur ressemblent, qui ont les mêmes intérêts ou qui sont prêts à composer avec un état de santé fragile », explique Marilyn Côté, qui oeuvre au sein des Petits frères de Saguenay depuis plus d'un an.

Sur les dépliants ou dans les publicités des campagnes de financement, on trouve souvent de belles photos d'une vieille personne souriante qui reçoit la visite d'un ami, mais s'engager à briser l'isolement, c'est aussi rendre visite à des vieux amis malades et souffrants.

« Nous avons de belles histoires d'amitiés et de liens affectifs, mais il faut savoir aussi que plusieurs de nos Petits frères rencontrent des vieux amis qui souffrent de maladies mentales comme l'Alzeihemer, de Parkinson ou encore des suites d'AVC ou de sénilité. Souvent, les Petits frères sont la seule visite que reçoivent les vieux amis », met en relief Marilyn Côté.

« La solitude peut nous envahir soudainement. Quand un conjoint décède dans un couple de 85 ans, il se produit tout un "clash". En moins d'un an, une dame a perdu son mari, son permis de conduire, son chien, et a vécu un déménagement dans un centre d'hébergement où elle ne connaissait personne. Je vous jure que ça vous déstabilise. La visite d'un ami bénévole fait énormément de bien dans ce genre de situation », assure celle qui travaille au quotidien avec les personnes âgées.

Marilyn Côté a en tête des dizaines d'histoires, des belles et des tristes. Celle de cet homme qui a été séparé de sa femme, car ils ne pouvaient être ensemble au CHSLD, et qui n'a pas d'argent pour s'acheter un nouveau dentier, alors que le sien lui brise les gencives. Ou l'histoire de cette dame de 94 ans qui a épuisé toutes ses ressources financières. Elle n'avait pas planifié vivre si vieille. Il lui manque donc 275 $ par mois pour couvrir son appartement et son forfait repas dans une résidence pour personnes âgées. « Elle a dû déménager dans un appartement plus petit et renoncer à des services. Je trouve ça triste pour ces personnes vulnérables », fait valoir la seule employée de l'organisme les Petits frères de Saguenay.

Solitude

La population est vieillissante et de plus en plus de gens souffrent de solitude. « À Saguenay, il y a des gens âgés qui peuvent être quatre, six, huit ou même 10 mois sans recevoir de visite. C'est lié à l'isolement des gens. Au Québec, un tiers des personnes âgées de plus de 75 ans vit seul», met en relief Marilyn Côté.

«Évidemment, plus on est seul, moins nous sommes stimulés, plus on s'isole. Un des besoins importants de l'être humain c'est d'être en lien avec les autres et nos bénévoles, lors des visites à leurs vieux amis, leur donnent une raison d'exister. Ils arrivent à tisser des liens très significatifs. Nos bénévoles sont des passionnés de l'humain, ils aiment les gens, ils veulent connecter. Parfois ils ont vécu une situation de solitude et veulent donner aux autres. Je suis entourée de gens de qualité», dit-elle.

Les visites des Petits frères de Saguenay se traduisent de différentes façons. Ça peut être une simple visite à leur domicile pour jaser un brin, dans le cadre d'une sortie à l'extérieur, un transport d'accompagnement pour se rendre à la pharmacie ou pour participer à une activité sociale. Notons qu'environ 10 % des gens vivent dans des centres d'hébergement alors que 90 % des personnes âgées vivent dans leur domicile, à la maison ou en appartement.

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