Comme Simon de Cyrène

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Roger Bolduc, Jean-François Tremblay et le diacre Daniel... (Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Roger Bolduc, Jean-François Tremblay et le diacre Daniel Morin, de Saint-Fulgence, ont marché 32 kilomètres pour assister au chemin de croix de Shipshaw.

Le Quotidien, Rocket Lavoie

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / J'ai grandi dans un environnement judéo-chrétien et la Semaine sainte était une période très active. À l'époque, je faisais partie de la troupe scoute de Saint-Joachim. C'est nous qui nous faisions laver les pieds par le curé de la paroisse. Ma mère les lavait bien comme il faut avant que je me déchausse près de l'autel, elle voulait que son petit garçon ait les pieds propres devant le curé.

Ça commençait avec le dimanche des Rameaux. On prenait le vieux rameau de l'an passé au-dessus du crucifix de la maison pour le ramener à l'église. On me disait à l'époque qu'on brûlait les rameaux bénis pour ramasser les cendres qui servait au mercredi des Cendres au début du carême. Je me rappelle que certaines personnes avaient beaucoup d'habiletés pour tresser les rameaux.

J'ai même joué le rôle du Christ dans un chemin de croix personnifié par Françoise Simard, l'animatrice de pastorale de l'époque. On arrêtait à chaque station pour raconter son histoire avec la dernière Cène, Judas qui le trahit, Pierre qui le renie, les soldats qui lui plantent une couronne d'épines sur la tête avant de le crucifier, les deux larrons chaque côté de lui, Ponce Pilate qui le condamne. Je vous jure que pour un gamin de 12 ans, c'était toute une histoire. Après ça, on nous racontait que Thomas lui a mis ses doigts dans les trous faits par les clous dans ses mains. C'était assez pour avoir des cauchemars.

À l'intérieur

Je suis allé faire un tour au chemin de croix de Shipshaw, vendredi, pour voir si le Vendredi saint était autre chose qu'une bagarre générale entre les Canadiens et les Nordiques, comme c'est le cas pour certaines personnes. Ça fait 35 ans que madame Charlotte Mercier organise ce rendez-vous spirituel. La gentille dame a perdu deux de ses fils et son mari dans la même année. « Mon fils de 19 ans est mort brûlé dans un incendie, mon bébé de 16 ans s'est noyé et mon mari est décédé de mort naturelle en l'espace de quelques mois, ce n'est pas vivable une affaire de même, je vous jure. J'ai encore de la difficulté à en parler aujourd'hui » de raconter la dame de 84 ans.

La dame était déçue de savoir que le comité de pastorale de Shipshaw a décidé de personnifier le chemin de croix à l'intérieur de l'église alors qu'il avait lieu à l'extérieur depuis 33 ans. Une tempête l'an passé avait forcé les organisateurs à déplacer le chemin de croix dans l'église de Saint-Jean-Vianney et ils ont répété l'expérience cette année. Jésus ne tombe plus. Le pape Jean-Paul II a supprimé, en 1991, les stations sans référence bibliques (5 au total : les 3 chutes, la rencontre avec Marie et avec Véronique), peut-on lire sur internet. C'est dommage, ça mettait un peu plus d'action.

Il y avait moins de 100 personnes dans la petite église, alors que dans ses bonnes années l'événement attirait plus de 700 personnes à l'extérieur. Même l'Évêque, monseigneur Rivest, n'a pas été sollicité par une paroisse pour le chemin de croix. La population continue de se désintéresser des affaires religieuses, mais ceux qui ont la foi l'ont pour toujours.

Simon de Cyrène

J'ai même rencontré un disciple de Simon de Cyrène, Roger Bolduc, de Saint-Fulgence, qui a marché 32 kilomètres en compagnie de Jean-François Tremblay et du diacre Daniel Morin. « J'ai fait ça pour soutenir ceux qui ont des souffrances physiques et des souffrances du coeur. J'ai fait cette marche pour que Jésus les aide », dit-il, comme Simon qui a porté la croix de Jésus.

Le diacre Daniel Morin a accepté de souffrir de ses ampoules aux pieds pendant 32 kilomètres pour aller au bout de ses forces pour comprendre la souffrance des gens. « J'ai eu un parcours de vie difficile et ma mère m'a toujours dit : même si tu as tout perdu dans la vie, tu ne perdras pas ta foi, c'est la seule chose qui va te rester. C'est vrai que c'est ma foi qui m'a sauvé », de confier celui qui a fait le trajet avec ses deux comparses avec un départ à 5 h du matin de l'église de Saint-Fulgence pour arriver à Shipshaw à 11 h 45.

Fier de s'associer au chemin de croix, le diacre Daniel Morin, avec de la douceur et de la paix dans les yeux, a l'intention de répéter l'expérience l'an prochain et d'amener avec lui d'autres disciples dans son périple spirituel.

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