Offrez-vous une chute pour la crue

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La chute Pilote, sur la rivière Sainte-Marguerite, accessible... (Photo courtoisie, Jean Tanguay)

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La chute Pilote, sur la rivière Sainte-Marguerite, accessible par la zec Chauvin, fait partie des secrets les mieux gardés de la région.

Photo courtoisie, Jean Tanguay

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Le printemps est arrivé, ça fond tranquillement pas vite ; on l'entend dégouliner. Le temps est sale, les rues poussiéreuses et les stationnements sablonneux. Les sentiers de motoneige disparaissent à vue d'oeil, les pistes de ski de fond ne seront bientôt plus accessibles, les sentiers de raquettes montrent des flaques de boue et il reste peut-être une ou deux fins de semaine de ski de printemps dans les stations de la région.

La chute aux Galets, dans le secteur de... (Archives Le Quotidien) - image 1.0

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La chute aux Galets, dans le secteur de Falardeau, est facilement accessible grâce à un sentier aménagé.

Archives Le Quotidien

Le mois d'avril est le plus moche de l'année. Les décors naturels sont au neutre et se préparent une beauté pour accueillir leur feuillage, lequel meurt d'envie de se pointer au bout des branches. Ce qui nous reste de beau, à la mi-printemps dans la région, c'est la crue printanière. Ça s'en vient et les rivières vont se mettre à gonfler pour cracher leur bouillonnement dans un spectacle peu commun dans tout ce qui porte le nom de chutes et de cascades.

À une certaine époque, nos grands-parents travailleurs forestiers, les draveurs en particulier, vivaient de façon intense la fonte des neiges et le gonflement du lit de nos rivières. C'est un spectacle impressionnant qui n'a jamais été exploité du point de vue touristique, mais qui vaut bien des attractions.

Tous ceux qui vivent près d'un cours d'eau peuvent en témoigner, la force de l'eau à la fonte des neiges est assourdissante. Il suffit de voir ce qui se passe à la sortie des barrages pour avoir une idée de ce qui se vit en milieu naturel. Dans les prochaines semaines, vous pourrez apprécier le spectacle de la rivière Chicoutimi sur le site de la Pulperie ou encore voir se déchaîner les torrents sur la rivière du Moulin, dans le parc urbain. Prendre une bouffée d'air sur le barrage du Portage des roches, à Laterrière, quand les pelles crachent à volonté, à l'ouverture de la pêche sportive (le 28 avril cette année), donne des frissons et des étourdissements. 

Vous ne pouvez pas les voir « chuter » toutes dans la même fin de semaine ; la région est un vaste territoire, mais observer la crue printanière devrait faire partie de vos randonnées chaque printemps. Ce ne sont pas les points d'attraction qui manquent. Il suffit de nommer les chutes à l'Ours à Normandin, les chutes de la Chaudière de la rivière Ashuapmushuan, les chutes à Michel à Saint-Félicien, la Chute-aux-Galets de Falardeau, les chutes des Murailles au Bec-Scie à La Baie et les chutes du Trou de la Fée, sur la rivière Métabetchouan, pour se rendre compte que la crue printanière est un phénomène accessible à beaucoup de gens dans tous les coins de la région.

La plus impressionnante que vous devez visiter, lors de la crue printanière, c'est la chute Ouiatchouan à Val-Jalbert. Mine de rien, cette chute jeannoise mesure 72 mètres (236 pieds). C'est quand même 20 mètres (65 pieds) de plus que les chutes Niagara. Je vous suggère aussi le sentier du Jardin de mon enfance, à Petit-Saguenay, et le sentier des chutes Blanches à Lamarche, où les décors sont magnifiques.

Quelques conseils

Jean Tanguay de Chicoutimi, membre du Club des randonneurs du Saguenay, est un passionné de randonnée pédestre et ses excursions n'ont pas de répit. 

« Je ne conseillerais pas d'aller à la Dent de Dracula ces temps-ci. Une partie du parcours se déroule sur la Sainte-Marguerite et le dégel est commencé. En ce qui concerne les sites faciles d'accès, il y a Chute-aux-Galets à Falardeau, que j'aime bien, les chutes du parc de la Rivière-du-Moulin sont sympathiques aussi et tellement accessibles. La chute de Val-Jalbert est un incontournable. Il ne faut pas oublier non plus la chute de L'Anse-Saint-Jean, dans le sentier qui mène à la montagne Blanche qui représente une agréable balade, accessible à un large public », explique le randonneur. 

« Il y a aussi une panoplie de chutes plus difficiles d'accès, non recommandables au printemps, dont la chute Pilote (mon coup de coeur) accessible par la zec Chauvin, la chute du Diable qui se jette dans la rivière Sainte-Marguerite Nord-Ouest et la chute des Martres, localisée dans le parc des Hautes-Gorges de la Rivière-Malbaie, mais accessible par la pourvoirie Moreau, au sud de Boileau », précise celui qui occupe un emploi de technicien de la faune. 

Je crois sincèrement que les différentes municipalités de la région devraient faire un effort pour rendre ces chutes accessibles durant toute l'année. On peut même voir des kayakistes extrêmes dans la Petite-décharge à Alma (Dane Jackson on Detonator Wave in downtown Alma, Quebec Youtube), le dégel de nos eaux est un véritable spectacle des forces de la nature.

Je verrais même très bien un festival comme le festival des couleurs l'automne. Un festival de la crue printanière, une espèce de grand dégel, avec un thème du genre « Ça coule à flots » en collaboration avec les microbrasseries, des artistes, des photographes et des restaurateurs. Il me semble que c'est tranquille au royaume du bleuet au début du mois de mai.

Il y a sûrement de belles chutes cachées et accessibles que vous connaissez, faites-le nous savoir, nous allons les suggérer à nos lecteurs.

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