Pour le cossin ou le trésor

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Christian Gobeil, rembourreur de métier, fait le commerce... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Christian Gobeil, rembourreur de métier, fait le commerce des objets usagés depuis plus de 40 ans. Il répare tout et possède sûrement le cossin que vous cherchez depuis des années.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / À part des voitures, des équipements de loisirs comme des skis alpins ou une chaloupe de pêche et des objets de divertissements comme des DVD, j'achète rarement des objets de seconde main. J'aime bien, cependant, quand l'occasion se présente, flâner dans un marché aux puces pour le simple plaisir de promener mon regard sur des objets hétéroclites qui me ramènent souvent dans des souvenirs nostalgiques.

Les livres font aussi partie des articles de... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 1.0

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Les livres font aussi partie des articles de seconde main les plus populaires. Sylvie Lavoie, la libraire de seconde main, vend des livres usagés depuis 20 ans.

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« Il faut régulièrement faire du ménage et envoyer à la récupération de grandes quantités d'objets qui n'ont plus aucune utilité. Souvent, on achète des lots à des gens qui viennent de vider une maison à la suite d'un décès ou d'un déménagement et on doit faire le tri », explique Christian Gobeil, qui fait le commerce de l'usager depuis plus de 40 ans et qui travaille dans un amoncellement d'objets. 

L'homme de 67 ans, qui occupe le sous-sol du marché aux puces de la rue Saint-Anne à Chicoutimi, est rembourreur de métier et répare tout. « Je commence à trouver ça lourd, l'âge commence à peser. Je voudrais bien transférer le commerce à quelqu'un d'autre, mais les jeunes ne sont pas intéressés à l'usager. Ce n'est plus comme c'était, nous avons déjà eu de bonnes années, mais là on arrive à peine à générer le minimum », explique celui qui passe ses journées dans un véritable capharnaüm.

Sans poussière

Quand j'ai mis les pieds dans le marché aux puces de la rue Sainte-Anne, je m'attendais à un endroit poussiéreux qui sent les vieilles affaires. J'y ai trouvé de vieilles affaires, mais pas les odeurs. Le propriétaire de l'endroit, Jean Bilodeau, m'a fait faire le tour du proprio et la première pièce qu'il me fait visiter, c'est le centre de contrôle des caméras vidéo.

« Nous avons 13 kiosques dans la bâtisse, 13 commerçants qui vendent de l'usagé, chacun dans sa spécialité. J'ai donc installé une soixantaine de caméras - je suis aussi technicien en électronique - pour filmer en continu ce qui se passe ici. La loi oblige les marchands de seconde main à prendre en note le nom des gens qui nous vendent des objets usagés. Ce n'est pas toujours possible, j'invite donc mes locataires à au moins inscrire la date et l'heure de la transaction que nous pourrons ensuite retracer facilement sur les bandes vidéo », explique l'homme d'affaires. Il faut être en mesure d'aider les policiers si par inadvertance ils achetaient des objets volés.

Revenu Québec l'oblige même à déclarer chaque mois la liste des occupants de son établissement et d'afficher cette liste à la vue du public en plus de respecter la Loi sur les heures et les jours d'admission dans les établissements commerciaux.

Seconde main

Jean Bilodeau occupait le kiosque des DVD quand il m'a reçu. « C'est le commerce de mon épouse, je le surveille pendant son absence, sinon je m'occupe de l'administration du marché aux puces », dit-il. Son épouse vend et achète des DVD, des objets qui viennent au deuxième rang des catégories de biens les plus couramment échangés, selon l'Indice Kijiji 2016 de l'économie de seconde main, juste après les vêtements et les chaussures. « Les films Back to the futur et les Rocky sont les plus demandés », dit-il devant son étalage tout en précisant qu'il y a au moins 3000 films DVD entreposés.

Les livres font aussi partie des articles de seconde main les plus populaires. Sylvie Lavoie, la libraire de seconde main, vend des livres usagés depuis 20 ans. Ses étalages sont impeccables et les livres sont en très bon état. « Ils sont classés par thématique et par auteur et je n'achète généralement que des livres en bon état », dit celle qui travaille sept jours sur sept dans son kiosque de librairie.

« Au début je vendais des bibelots, mais un jour quelqu'un m'a dit qu'il voulait se débarrasser d'une dizaine de caisses de livres et je réussis à vivre de cela depuis 20 ans », raconte la libraire.

Tendance

Alors que se pointe à l'horizon la génération Z, qui affiche des valeurs d'économie de partage, de recyclage et de protection de l'environnement, on pourrait croire que l'avenir est aux puces, mais Jean Bilodeau fait valoir que la clientèle est assez fidèle. « Toute sorte de monde se présente ici, des biens nantis comme des personnes défavorisées. Certaines personnes viennent régulièrement pour voir s'il y a de nouveaux objets sur les tablettes pour dénicher le trésor qu'ils cherchent ou l'objet qui pourrait les séduire. D'autres viennent ici aussi pour trouver le cossin, la pièce d'un objet qui leur tient à coeur, mais qui ne se fabrique plus. Il y a de fortes chances que mes commerçants possèdent cette pièce dont vous avez besoin et qui ne se fabrique plus », indique le propriétaire de l'endroit, Jean Bilodeau.

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