Être sur la coche dans le blizzard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
CHRONIQUE / Quand il y a une tempête de neige, un blizzard soudain ou annoncé... (Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

Agrandir

Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Quand il y a une tempête de neige, un blizzard soudain ou annoncé par une alerte météorologique, quand vous prenez la route et que vous vous retrouvez dans une situation qui ne devrait pas se produire, chaque automobiliste a sa part de responsabilité. Il n'y a pas que le ministère des Transports, la municipalité ou les policiers qui doivent être sur la coche ; les automobilistes aussi.

On oublie de se responsabiliser comme individu, comme automobiliste. Il a fallu adopter une loi pour obliger les gens à installer des pneus d'hiver sur leur véhicule. Dès la première chute de neige, à la fin de l'automne, on dirait que les gens n'ont jamais conduit l'hiver. C'est le bordel à chaque première tempête de chaque hiver.

Les bavures, les blizzards et les tempêtes de neige vont continuer à faire partie de notre existence. Pour nous aider à nous aider, le ministère des Transports va devoir faire adopter une loi pour obliger les automobilistes à avoir une trousse de sécurité, un kit de survie, dans leur automobile comme c'est obligatoire pour les embarcations nautiques d'avoir à bord des vestes de flottaison, une corde flottante, une écope, une torche éclairante ou autres selon la taille de l'embarcation.

À la lumière de ce qui s'est passé sur l'autoroute 13, à Montréal, la semaine dernière, et à Saint-Bruno mardi soir, lors de fermeture ou de blocage de route, c'est assez évident qu'on ne peut pas se fier sur le jugement des automobilistes en matière de prévention et de sécurité.

Quand on vit au Saguenay-Lac-Saint-Jean et qu'on roule régulièrement sur la 175 ou la 155, été comme hiver, on sait qu'on doit partir avec le réservoir d'essence plein, un cellulaire avec la batterie complètement chargée et un branchement pour le charger en route. L'hiver, évidemment, on ajoute pelle, câbles et tracks de dépannage. Les plus prudents d'entre nous ont un sac dans la valise arrière avec une couverture, un manteau chaud, une vieille tuque, des mitaines, des chandelles et un minimum pour les premiers soins. On place toujours des barres granolas dans les poches des enfants ou dans la boîte à gants avant de partir. Un kit de survie devrait faire partie des équipements d'une voiture au même titre qu'un pneu de secours. Est-ce que ça va prendre une loi pour faire comprendre ça ?

Oui, c'est le ministère des Transports ou la municipalité qui sont responsables du déneigement, oui, ce sont les policiers qui portent secours aux gens. Ils ont les équipements et les moyens nécessaires pour intervenir efficacement ; ils ont parfois des lacunes en communication, mais à moins d'un cafouillage comme celui de l'A13 à Montréal, les automobilistes doivent être en mesure de faire face à l'imprévu.

« On va se le dire : fermer une route l'hiver dans le secteur de Saint-Bruno, ce n'est pas nouveau, c'est une mesure qui se fait régulièrement et la machine est bien rodée. Il y a eu le cas d'un individu qui a passé près de trois heures dans sa voiture, mais nous avons eu des contacts avec lui pour lui donner des consignes et s'assurer qu'il était à la chaleur et qu'il n'y avait pas de monoxyde de carbone. On l'a contrôlé avant d'aller sur le terrain pour secourir les gens en difficultés dans des lames de neige », explique le lieutenant Jason Allard, à qui j'ai parlé au téléphone mercredi après-midi.

« Nous avons déclenché le plan "Dégivreur" à 22 h, mardi, un plan qui se décline en cinq étapes du début jusqu'à la fin de l'opération et qui inclut les communications avec nos partenaires comme le ministère des Transports et la municipalité. On connaît le microclimat qui sévit à Saint-Bruno, mais ça peut arriver que ça bouche partout en même temps et on fait le nécessaire pour secourir les gens.

Les policiers n'agissent pas de la même façon face à un individu dont le véhicule est stationné dans un endroit sécuritaire ou face à l'appel d'une maman dont le véhicule, avec deux enfants à bord, risque de manquer d'essence et est enlisé dans une lame de neige. Nous allons tout faire pour secourir les gens dans la mesure du possible, que ce soit en véhicule ou en motoneige », assure le policier, qui reconnaît la lacune de communication avec le maire de Saint-Bruno, qui aurait aimé savoir que les routes étaient rouvertes dans la nuit de mercredi.

L'agent Allard rappelle que la Sûreté du Québec, en vertu du Code de la sécurité routière, ne peut pas fermer une route, c'est la responsabilité du ministère des Transports. « Nous pouvons cependant bloquer une route pour assurer la sécurité des individus en cas de collision, de blizzard ou de neige abondante », nuance le policier.

L'agent Allard rappelle les consignes de sécurité avant qu'on pense à en faire une loi : « En situation d'urgence, il faut s'assurer d'avoir un cellulaire avec une prise de chargement à bord, communiquer avec le 911 ou *4141 pour signaler votre situation ou pour avoir de l'information sur une situation, ouvrir un peu les fenêtres pour éviter l'intoxication au monoxyde de carbone et prévoir toujours un kit de secours avec des chandelles pour conserver la chaleur à l'intérieur de l'habitacle si on ferme le moteur pour économiser de l'essence », rappelle-t-il.

Vous attendez quoi pour placer un kit de secours dans le coffre arrière de votre véhicule ?

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer