Y faut pas me chercher!

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Bobinette... (Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Bobinette

Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Ah, les marionnettes ! Ces morceaux de tissus qui nous ont fait rire, sourire, pleurer parfois, en perçant le petit écran. Elles ont marqué notre imaginaire et laissé plus d'une expression, nom d'une Bobinette !

La Journée mondiale de la marionnette est célébrée avec le printemps, le 21 mars de chaque année, dans plusieurs pays depuis 2003. Pour Dany Lefrançois, de la troupe La Tortue noire, qui fait dans le théâtre d'objet, « la marionnette, c'est presque le mystère de la création. Les enfants y croient totalement et les adultes jouent le jeu », laisse tomber le Saguenéen qui fait carrière de marionnettiste partout dans le monde.

On n'y échappera pas, Bobinette s'impose comme l'icône de la marionnette dans la Belle province. « La culture de la marionnette au Québec est toute récente comparativement à la Chine ou à l'Italie où la tradition est millénaire et c'est surtout par le petit écran qu'elle est entrée dans nos vies et dans nos maisons », relate le marionnettiste. Dany Lefrançois fait d'ailleurs remarquer qu'au Québec, chaque génération a été marquée par une marionnette différente.

« On a vu passer Pépinot et Capucine, l'incontournable Bobinette, les Sentinelles de l'air, les marionnettes de Passe-Parout, Bibi de l'émission jeunesse Bibi et Geneviève. On associe surtout les marionnettes aux émissions jeunesse et les 65 ans de Radio-Canada le démontrent ces jours-ci avec le lancement de son site Web », fait valoir Dany Lefrançois.

Il faut cependant avouer que la marionnette qui a le mieux vieilli au Québec est certes Gérard D. Laflaque, avec Ti-Bas, une création du caricaturiste de La Presse, Serge Chapleau, qu'on retrouve maintenant sur nos écrans en version numérique. La marionnette se fait aller la peluche depuis près de 40 ans ; elle pourrait disputer le titre d'icône à Bobinette.

Celle qui m'a le plus marqué, c'est M. Tranquille, de son prénom Lesley (Laisse-lé Tranquille), une création du bruiteur Roger Giguère dans l'émission Patof (Jacques Desrosiers). Cette marionnette délinquante, un tantinet polissonne, est apparue dans mon univers en plein dans mon adolescence. C'était une époque où tout le monde écoutait la même chose (ou presque, il y avait deux chaînes en français) à la télévision, en direct, sans l'enregistrer pour l'écouter une semaine plus tard. On revenait à l'école le lendemain avec les expressions véhiculées par M. Tranquille comme « y faut pas me chercher ! ». Il en a même fait une chanson. On répondait cette réplique en guise de menace quand quelqu'un nous insultait : « Y faut pas, y faut pas, y faut pas me chercher, car vous me trouverez », et on se trouvait très drôle tout comme son fameux cri : « M'ame Thibeault ». 

Il y avait aussi Midas avec l'Oncle Pierre, aussi un peu délinquant, qui croassait « Oh ! Oh ! Fais attention ! » avant de se mettre en colère.

On a vu passer sur scène la célèbre Madame Giger de l'humoriste Stéphane Rousseau, et la charmante marionnette de Martin Matte dans l'émission Les beaux malaises et sa conversation épique avec la mitaine de four de Patrice Robitaille. Chaque génération a sa star en peluche.

« Les marionnettes font encore partie de l'imaginaire et les marionnettistes se cachent de moins en moins, vêtus de noir derrière les personnages. Et le public réagit encore plus même si le manipulateur se montre visible », explique Dany Lefrançois.

Pour le marionnettiste, c'est une véritable fierté de constater que Saguenay contribue à la popularité des arts de la marionnette. « Je suis très honoré de vivre de mon métier de marionnettiste dans ma propre ville et de faire partie de La Tortue noire qui nous permet de nous produire partout dans le monde et de vivre aux deux ans un événement comme le Festival international des arts de la marionnette à Saguenay, où des manipulateurs et des créateurs de partout dans le monde se côtoient et échangent. »

La Tortue noire soulignera la Journée mondiale de la marionnette les 24, 25 et 26 mars en offrant des représentations du spectacle Le Grand Oeuvre à la bibliothèque de Jonquière, à La Pulperie de Chicoutimi et à la bibliothèque de La Baie.

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