Possibilité d'un scénario catastrophe

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Des tests génétiques ont confirmé la présence de... (Photo tirée d'Internet)

Agrandir

Des tests génétiques ont confirmé la présence de la carpe asiastique du roseau sur 16 sites différents au Québec, dont les rivières Richelieu et Saint-François, en plus de certaines zones du fleuve.

Photo tirée d'Internet

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Le 28 février dernier, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) a confirmé la présence, dans le fleuve Saint-Laurent, de la carpe de roseau, l'une des quatre espèces de carpes asiatiques qui menacent les cours d'eau de l'Amérique du Nord. Ceux qui ont vu les reportages à l'émission Découverte en 2012 ont eu des frissons face aux images du scénario catastrophe qui peut se produire.

Il n'y a aucun indice qui indique que le Saguenay pourrait échapper à l'invasion de cette espèce dans un scénario catastrophe. «C'est un poisson qui a beaucoup de tolérance à différentes températures d'eau, il peut aussi tolérer une faible salinité même s'il se développe en eau douce, ce n'est pas impossible, ce n'est pas exclu qu'il puisse utiliser le corridor d'eau douce en surface du Saguenay pour remonter la rivière et s'installer dans les cours d'eau». La biologiste du MFFP Véronik de la Chenelière, porte-parole dans le dossier de la carpe asiatique, ne s'est pas montrée plus rassurante qu'il ne le faut pour le fjord face à cette menace aquatique, lors d'une entrevue téléphonique.

«C'est le dossier de l'heure dans le domaine de la faune aquatique au Québec, on se prépare depuis l'an passé, on doit se faire une tête sur cette situation, mais la présence confirmée récemment dans le fleuve nous oblige à aller plus rapidement en ciblant tous les points chauds de la présence de ce poisson en nous souciant de chaque réseau aquatique de chacune des régions du Québec», indique la biologiste qui n'écarte aucun scénario quant à la propagation de la carpe asiatique dans les eaux intérieures du Québec.

«Ce n'est pas impossible et rien n'exclut que la carpe asiatique puisse gagner les eaux intérieures du Québec. C'est la question centrale de nos préoccupations. Ce sont des poissons herbivores. Ils ne mangent pas de poissons, mais ils peuvent bouleverser complètement les habitats aquatiques et monopoliser toute la biomasse des plans d'eau», explique la biologiste. L'espèce n'a pas de prédateur ni de compétiteur dans notre environnement et sa capacité d'envahissement est impressionnante.

La biologiste Véronik de la Chenelière dit qu'on ne pourrait pas faire un copier-coller avec la situation du meunier noir sur les monts Valin dans les années 80 alors que le gouvernement avait investi des millions de dollars pour endiguer la progression de cette espèce en aménageant des seuils infranchissables dans les rivières, mais qu'il s'agit d'un problème semblable d'une espèce envahissante.

Les amateurs de pêche du Saguenay qui rêvaient pour les années futures du retour du saumon en abondance, de la possibilité de la pêche sportive du bar rayé, de la pêche à la truite de mer, du retour des sébastes et de la morue pour la pêche aux poissons de fond risquent de se retrouver avec une espèce qui viendra saborder tout l'avenir de la pêche sportive.

Avec un peu d'imagination, dans un scénario catastrophe, cette espèce envahissante pourrait remonter les rivières, affluents du Saguenay, pour coloniser des lacs des eaux intérieures. Je ne veux pas être prophète de malheur, mais ça fait partie des possibilités. 

On va surveiller de près les recherches des biologistes du ministère, mais je ne serais pas surpris que dès l'été prochain des tests d'ADN confirment que la carpe a progressé dans le fleuve à la hauteur de l'île d'Orléans, là où l'eau douce du fleuve se mélange à l'eau salée de l'océan. Sa progression pourrait ensuite rapidement atteindre la tête du chenal laurentien à la hauteur de Tadoussac à l'embouchure du Saguenay où se produisent d'importantes remontées d'eaux profondes qui se mélangent aux eaux de surface.

Rappelons que la carpe asiatique a été importée d'Asie dans les années 70 pour se débarrasser des algues dans les piscicultures du sud des États-Unis, cette carpe s'est échappée dans le Mississippi durant les inondations de 1993. Elle a depuis remonté le fleuve et ses tributaires jusqu'à l'embouchure des Grands Lacs et maintenant dans le fleuve Saint-Laurent.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer