Le maire des solutions

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Les Serres Toundra est un projet que le... (Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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Les Serres Toundra est un projet que le maire de Saint-Félicien, Gilles Potvin, a trainé dans sa valise pendant 20 ans.

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Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / «Quand j'étais commissaire industriel pour la Ville, je n'arrêtais pas de chialer contre mes patrons et les élus lors de nos soupers de fin de semaine en famille. Mes filles m'ont dit à un moment donné : ''Là, t'arrêtes de chialer ou tu vas prendre leur place. Si tu te lances en politique municipale, bien nous on va rester ici à Saint-Félicien pour te supporter''», raconte le maire Gilles Potvin, père de deux filles et d'un garçon et qui a ainsi pu voir grandir ses six petits-enfants tout près de chez lui.

Le maire de Saint-Félicien est un homme qui... (Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens) - image 1.0

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Le maire de Saint-Félicien est un homme qui utilise le consensus pour faire valoir ses idées. On le voit à droite, en compagnie de son concitoyen, le premier ministre Philippe Couillard, et du député de Lac-Saint-Jean, Denis Lebel.

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Le maire Potvin se distingue avantageusement parmi les élus de la région. Ce n'est pas un gars de chicane et il a mis le chialage de côté depuis qu'il est en politique. « Aujourd'hui, s'il y a des choses qui ne fonctionnent pas à mon goût, au lieu de chialer, je cherche et propose des solutions ; je suis toujours en mode positif. On a toujours plus d'écoute quand on propose des solutions », assure le maire à temps plein.

Professionnaliser le travail de maire

«C'est une belle job la fonction de maire, mais on travaille sept jours sur sept. Je fais les deux ''shifts'' ; je travaille avec les employés municipaux de jour et avec les élus le soir. Ma femme me dit que je vais mourir au travail. Je pense qu'on devrait professionnaliser le travail de maire. C'est un emploi à temps plein et un maire devrait gagner au moins le même salaire que son premier répondant, le directeur général», estime celui qui dirige la ville du Zoo depuis 10 ans.

«Si on professionnalisait la fonction de maire, peut-être qu'on n'aurait pas autant de retraités comme premier magistrat et que plus de jeunes pourraient s'intéresser à la politique», fait valoir l'homme qui aura 66 ans en avril et qui a l'intention de se présenter à nouveau aux élections municipales de novembre. 

C'est vrai qu'un maire, c'est le coeur de l'administration municipale. Tout passe par lui : les nouvelles idées, les projets et les dossiers politiques. À la fin de l'entrevue, le maire Potvin allait rencontrer deux Péruviens de Montréal qui veulent s'installer dans sa ville. Ils ont des projets d'affaires et il veulent savoir si ça intéresse le maire.

Prenons le dossier des Serres Toundra par exemple, c'est un projet du maire. «Ça fait 20 ans que je traîne ça dans mes valises. J'ai de vieux réflexes de commissaire industriel. Ce n'est pas un fonctionnaire municipal qui va rencontrer le premier ministre pour lui dire qu'il a besoin d'un projet de loi privé (projet de loi 208) pour donner des pouvoirs de distributeurs d'énergie à la ville de Saint-Félicien», donne en exemple le développeur. «Les employés supportent les élus municipaux, mais ce ne sont pas eux qui vont influencer un premier ministre au niveau politique», dit-il.

Facilitateur

«Le travail d'un élu c'est aussi d'être un facilitateur et un entremetteur pour les gens d'affaires. J'ai mis en contact les hommes d'affaires Éric Dubé, Bertrand Fradet et Richard Garneau de Résolu pour lancer le projet de 100 M $ des Serres Toundra. Le premier ministre Philippe Couillard nous a ouvert les portes et le projet s'est réalisé parce que la Ville, le gouvernement et le privé ont travaillé ensemble et c'est mon rôle d'attacher ces projets et de créer des contacts entre les partenaires», fait-il valoir.

«Au final, le projet des Serres Toundra, ça va créer 1000 emplois. C'est considérable pour une ville de 10 326 habitants. C'est sûr que c'est pratique d'avoir le premier ministre du Québec dans sa ville, mais je n'en abuse pas. Il m'écoute toujours et me facilite la tâche. Je n'ai pas besoin qu'il pilote mes dossiers, mais qu'il m'ouvre les portes», explique le maire Potvin.

Usine de pansements

Il veut faire un autre mandat de quatre ans à Saint-Félicien pour terminer le projet des Serres Toundra, mais aussi pour lancer un nouveau projet qui lui tient à coeur. L'implantation d'une usine de fabrication de pansements Nanoderm, un produit de soins de plaies constitué d'une pellicule de cellulose nanofibrillaire.

«Pour faire ces pansements, ils ont besoin de petit lait (lactosérum), et nous en avons amplement avec nos fromageries ; ça leur prend un procédé thermochimique, on a de la chaleur en masse ; ça prend de l'eau distillée et nous sommes capables d'en produire avec des condensés de vapeur et nous avons aussi de la matière ligneuse. En plus nous avons des terrains disponibles pas loin de l'approvisionnement en petit lait. Nous avons même contribué financièrement avec des partenaires à la réalisation d'une étude de préfaisabilité», défile le maire avec enthousiasme, à l'idée de lancer un nouveau projet.

Saint-Félicien avec son Zoo sauvage, son premier ministre, ses Serres Toundra, le projet d'une usine biomédicale et son maire qui rêve d'un investissement d'un milliard $ dans l'usine de Résolu pour développer de nouveaux produits et consolider les emplois pour les 25 prochaines années, s'impose comme une municipalité qui souffle de l'air frais sur l'économie de la région ; c'est rafraîchissant.

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