Un centre de crise à Saguenay?

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S'il y avait un centre de crise à... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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S'il y avait un centre de crise à Saguenay, il y aurait peut-être moins de gens en détresse qui se barricadent dans leur maison et qui se retrouvent en une du journal avec un policier braquant une arme dans sa direction.

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Vous m'avez écrit, vous la mère affolée, à bout de souffle devant un système qui se renvoie la balle dans le cas des enfants souffrant de maladie mentale. Vous n'en pouvez plus de voir vos enfants retourner en prison alors qu'ils sont malades. Vous aussi vous demandez pourquoi il n'y a pas de centre de crise à Saguenay pour qu'il y ait « moins d'interventions policières, moins d'hospitalisations, moins de crises, moins de portes tournantes (quand ce ne sont pas des portes battantes) et beaucoup plus de qualité de vie ».

Vous aussi, le père de famille, vous souffrez que nos hospices soient fermés au nom de la désinstitutionnalisation et de la réinsertion sociale. Ils ont été remplacés par le CRDITED (Centre de réadaptation en déficience intellectuelle et en troubles envahissants du développement) qui fait maintenant partie du CIUSSS (Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux). Votre fils est demeuré au Centre d'entraînement à la vie sur la rue du Cénacle à Chicoutimi avant qu'il ferme ses portes il y a environ 20 ans. Ils ont remplacé ce centre par des RAC (résidences à assistance continue) et les RI (résidences intermédiaires), des services qui ne conviennent pas. « Mon fils n'est pas capable pour la réinsertion, je n'ai pas été écouté et je n'étais pas seul », que vous m'avez écrit.

« Mon fils est aujourd'hui dans une de ces résidences. Avant les Fêtes, nous avons été rencontrés parce que ça ne fait plus dans cette résidence et ils veulent le déménager dans une autre RI ou dans une des RAC restantes. Cela fera la dixième fois qu'il déménage depuis que le Centre d'entraînement à la vie est fermé », avez-vous ajouté, découragé, me laissant savoir que vous en aviez gros sur le coeur.

« Ces cris du coeur malheureusement très présents qui s'ajoutent à la détresse des proches et le manque criant de ressources, autant pour ceux qui souffrent de maladie mentale que pour ceux et celles qui les côtoient et qui essaient tant bien que mal de leur venir en aide », a également écrit Christine Deschênes (directrice du centre de crise Tracom à Montréal de 2006 à 2016), qui est revenue au Saguenay récemment.

« Quand vous dites que le Québec devrait faire construire des maisons pour les malades mentaux dans toutes les régions du Québec, vous êtes directement en lien avec ce que le RESICQ (Regroupement des services d'intervention de crise du Québec) a comme objectif et y travaille depuis fort longtemps. Toutes les représentations, les rencontres avec les instances gouvernementales, les travaux et même le dépôt d'un plan détaillé et chiffré présenté au ministère n'ont pour l'instant porté aucun fruit. Oui, il en faut des ressources pour ces gens et les proches, et il est dommage que le Saguenay ne puisse compter que sur des mégastructures telles que les CIUSS ou quelques organismes communautaires en santé mentale probablement peu subventionnés et sans la gamme complète de services, incluant l'hébergement », avez-vous ajouté.

« La détresse augmente, et qui dit détresse dit rapidité d'intervention, une facilité d'accès ainsi que de pouvoir offrir une gamme complète de services de crise 24/7, idéalement au même endroit. C'est ce que les centres de crise offrent. Sans liste d'attente et sans engorger les urgences. Je fais écho à vos propos demandant de construire des centres de crise dans toutes les régions du Québec. Et s'il y avait un centre de crise au Saguenay ? » demandez-vous.

S'il y avait un centre de crise à Saguenay, il y aurait peut-être moins de gens en détresse qui se barricadent dans leur maison et qui se retrouvent en une du journal avec un policier qui braque une arme dans sa direction pendant qu'un agent l'immobilise au sol pour lui passer les menottes.

« À la police de Saguenay, on reçoit des appels tous les jours pour des cas de détresse psychologique. Nous remettons ces gens entre les mains des services de santé avant de savoir si des accusations seront portées quand il y a des cas de violence ou d'infraction. Nous travaillons en collaboration avec les spécialistes pour trouver ce qui convient le mieux à ces individus », explique le porte-parole de la SPS.

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