Préparer les écoles aux attaques

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Les agents de prévention de la Sécurité publique... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Les agents de prévention de la Sécurité publique de Saguenay, Dominic Simard et Bernard Moreau, travaillent depuis 2008 à l'implantation du Plan de réponse pour des établissements sécuritaires.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Les agents de prévention de la Sécurité publique de Saguenay Dominique Simard et Bernard Moreau souhaitent que les élèves et le personnel dans les écoles sachent comment réagir en cas d'attaque d'individus armés, un peu comme nous avons intégré dans nos comportements comment réagir en cas d'alarme incendie.

Maintenant, quand l'alarme à incendie retentit dans un établissement, les gens connaissent la façon de faire et évacuent calmement l'établissement pour se rendre au lieu de rassemblement. Au début, ce sont les pompiers qui se rendaient dans les établissements pour encadrer ces exercices qui se font simplement, aujourd'hui, sans encadrement de professionnels.

« Après la tuerie du Collège Dawson, en 2006, à Montréal, nous avons adopté un PRES (Plan de réponse pour des établissements sécuritaires), le même qu'utilise la Sûreté du Québec. Il y a 65 établissements scolaires au Saguenay et les deux corps policiers sont appelés à intervenir. Depuis 2009, nous organisons régulièrement des exercices avec le personnel pour leur enseigner comment réagir en cas de menaces ou d'attaques d'individus armés », explique l'agent de prévention Bernard Moreau, responsable de ce dossier pour la SPS.

Les récents événements survenus à l'école secondaire des Grandes-Marées de La Baie et à l'école primaire Mont-Valin de Saint-Fulgence ont démontré que les leçons ont été bien apprises par le personnel qui a réussi à obtenir la collaboration des élèves.

« La prochaine étape sera de faire ces exercices de sécurité avec les élèves dans l'école. Les derniers événements à La Baie et Saint-Fulgence nous forcent à constater que les jeunes sont prêts à apprendre à réagir », fait valoir l'agent Dominique Simard.

Avec les élèves

Déjà, dans certaines villes du Québec, les exercices des PRES sont faits avec la participation des élèves.

« Il faut y aller progressivement, car pour certaines personnes, les mises en situation peuvent être traumatisantes. Nous ne simulons pas d'attaque avec des personnages, mais nous mettons en oeuvre les pratiques recommandées », explique Dominique Simard.

« Nous avons commencé par documenter chacun des 65 établissements scolaires de notre territoire en rédigeant un cahier d'urgence qui est mis à jour chaque année. Ce cahier comprend le maximum d'information pour chaque endroit avec les numéros de téléphone des répondants et des membres du personnel », explique Bernard Moreau.

« Le simple fait d'avoir numéroté les portes dans chaque établissement, ça facilite nos interventions, les informations deviennent automatiquement plus précises », fait remarquer le policier. Les plans du bâtiment, le nombre d'étages et les caméras de surveillance font aussi partie des informations contenues dans ce document qui existe en version papier et en version numérique.

Formations théoriques

Depuis 2008, les agents de prévention font le tour des écoles pour donner des formations théoriques.

« Nous sommes présents chaque semaine dans les écoles. D'ailleurs, quand nous sommes intervenus à la polyvalente de La Baie le 12 janvier, il y avait déjà un policier à l'intérieur des murs de l'école, ce qui a facilité notre intervention », fait savoir Dominique Simard. Rappelons qu'il y avait également des policiers à l'intérieur du Collège Dawson, ce qui avait permis aux forces de l'ordre d'agir rapidement.

« Nous aurons des discussions avec les commissions scolaires dans les prochains mois afin de réaliser les exercices annuels en présence des élèves. Le confinement barricadé, le verrouillage des portes, la saisie des téléphones cellulaires, le silence et les différents comportements à adopter doivent être aussi enseigné aux élèves » considère Bernard Moreau.

Les policiers confirment en effet que les élèves de La Baie et de Saint-Fulgence sont demeurés calmes dans les circonstances et ont collaboré avec le personnel. Plus les gens savent comment réagir, moins il risque d'y avoir de victimes.

Savoir quoi faire

Les gens qui connaissent le Plan de réponse pour des établissements sécuritaires savent qu'il ne faut pas courir dans toutes les directions quand il y a des coups de feu. Il est vraiment plus sage de se cacher et de se mettre à l'abri que de courir comme on le voit lors d'événements qui surviennent dans des lieux publics comme des aéroports.

Ce n'est pas drôle à dire, mais les citoyens devront apprendre à l'avenir à réagir à un attentat comme ils ont appris à réagir aux alarmes à incendie...

Parce que nous sommes en 2017.

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