Et si ça arrivait ici?

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Centre islamique culturell de Québec

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Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / La Sécurité publique de Saguenay (SPS), en collaboration avec la Sûreté du Québec et la Gendarmerie royale du Canada, enquête sur un individu de Saguenay qui tient des propos inquiétants sur les réseaux sociaux en lien avec la tuerie qui a eu lieu à la mosquée de Québec, dimanche soir. Le porte-parole de la SPS, Bruno Cormier, confirme l'information, mais ne peut aller plus loin dans ses commentaires pour des raisons de sécurité.

Bianka Enjalbert, de Chicoutimi, a été victime d'agression... (Photo courtosie) - image 1.0

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Bianka Enjalbert, de Chicoutimi, a été victime d'agression verbale par un quidam qui marchait derrière elle sur la rue Jacques-Cartier.

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La région ne pourra pas échapper à la haine de l'étranger et aux agressions verbales ou écrites à caractère racistes. Il y a déjà eu des cas dans le passé et ça ne risque pas de diminuer. Les récents événements de Québec et la montée en popularité dans l'espace public de l'insulte, la haine et le racisme risquent de réveiller des démons endormis dans les recoins de l'intolérance.

Et si ça arrivait ici ? Combien d'entre nous feraient leur mea-culpa et regretteraient leurs propos haineux si l'inacceptable se produisait à Saguenay ? On accuserait qui ? Notre maire, les animateurs de radio, les chroniqueurs, les blogueurs, les réseaux sociaux, la police ? Il suffit pourtant d'aimer les autres.

Racisme à Chicoutimi

Une jeune fille de Chicoutimi, Bianka Enjalbert, dont la mère est d'origine marocaine, a été victime de propos racistes, mardi, alors qu'elle marchait au centre-ville de Chicoutimi. Son fiancé, Jimmy Côté, a publié le détail de l'incident mardi sur sa page Facebook.

« Criss ! ! ! En 2017, au Saguenay ! ! ! ! ! Ma blonde d'origine marocaine qui est NÉE ICI, qui se fait chanter une pognée de bêtises dans la rue... Voleuse de job et retourne dans ton pays crisse d'immigré ! ? ? ? Assez spécial comment le monde est mongol ! 1ère fois en 25 ahah ans qu'elle se fait dire ça ! Hasard ? ... » (sic)

Mercredi après-midi, on pouvait lire 79 commentaires sur le statut de Jimmy Côté. La jeune fille qui travaille comme intervenante au Manoir Champlain a donné les détails de l'agression verbale en répondant aux commentaires sur la page de son fiancé.

Bianka Enjalbert explique qu'elle marchait sur la rue Jacques-Cartier où elle stationne son auto pour se rendre à son travail. « Je me demandais à qui il parlait le mongol qui chantait des bêtises en arrière de moi pis criss c'était à moi, je capotais. On est rendu là ! ! ! ! Pire malaise de ma vie... » (sic), commente la Chicoutimienne d'origine qui identifie son agresseur verbal comme un homme de pas plus de 40 ans.

Bianka Enjalbert dit qu'elle a accéléré le pas et qu'elle ne croyait pas à ce qui lui arrivait.

Parmi les gens qui ont exprimé des commentaires sur Facebook, la plupart la rassurent et expriment leur découragement alors que certains adressent des propos agressifs à l'égard de l'homme qui la suivait.

La jeune femme a qualifié l'homme de « cheap » et de « malade » pour l'étiqueter aussi rapidement. Elle affirme avoir l'habitude de faire des blagues sur sa nationalité avec des amies proches, mais elle a « pogné son flash » que ça arrivait à elle. « Je suis sans mots ! », a-t-elle écrit.

La victime de propos haineux a rappelé que sa soeur Virginie Enjalbert s'est elle aussi fait écrire des menaces de mort sur Facebook, il y a deux mois, avec des propos « extrêmement racistes aussi. Pire que moi... Imagine ! ! ! . Je trouve ça mongol que toute cette haine se rapproche de nous (les gens du Saguenay). »

Jointe au téléphone en fin de soirée, Bianka Enjalbert s'est dite dépassée par ces événements. Ça ne l'empêche pas de dormir, mais elle a jeté un coup d'oeil par-dessus son épaule avant de rentrer au travail, mardi, quand l'incident est arrivé, et elle l'a vu marmonner encore dans la rue. « Je n'ai pas pensé à porter plainte, mais si je le revois dans les environs, je vais aviser la police », avise la jeune fille pour qui la vie a changé depuis cet événement. « Avant, je faisais des blagues avec mes amis sur mon origine, mais là, on va cesser, ça va changer ma façon d'être », indique-t-elle avec son bel accent saguenéen.

Elle a confié que l'incident en serait resté là si son ami de coeur ne l'avait pas posté sur Facebook. Les témoignages ont été très nombreux et elle convient qu'il faut dénoncer ce genre d'incident.

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