Jamais à la légère

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Tout s'est finalement bien terminé à l'école Mont-Valin,... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Tout s'est finalement bien terminé à l'école Mont-Valin, jeudi. Le présumé suspect était finalement quelqu'un qui courait pour aller chercher quelque chose dans sa voiture, sans manteau.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Sommes-nous devenus paranoïaques? Est-ce qu'on exagère les mesures de sécurité quand un individu louche se promène près d'une école? Mercredi, les élèves de l'école primaire Mont-Valin, de Saint-Fulgence, ont été confinés dans leur établissement après qu'un individu en chemise a été vu non loin de la cour de récréation.

Le 12 janvier dernier, les élèves et le personnel de l'École secondaire des Grandes-Marées de La Baie ont été confinés plus de trois heures à l'intérieur de l'école parce qu'un jeune a été aperçu se promenant près de l'établissement avec une arme à la main.

«On ne prend aucune information à la légère. Dès que nous avons le signalement d'un individu louche, on dépêche une patrouille sur les lieux, on communique avec le bureau des enquêteurs, avec la direction de l'école, avec la commission scolaire. La décision de confiner les élèves et le personnel à l'intérieur peut se prendre rapidement par la direction de l'école ou après discussion avec les policiers. Quand ça se passe autour d'une école, ça devient un dossier prioritaire pour le service de police. Même nos enquêteurs qui ne sont pas en uniforme sont réquisitionnés pour intervenir le plus rapidement possible», explique Bruno Cormier, porte-parole de la Sécurité publique de Saguenay (SPS).

Dans le cas de l'école de La Baie, récemment, les policiers sont intervenus rapidement après avoir été informés qu'un adolescent avait été vu près de l'école avec une arme de poing. «Le témoin était un militaire, il était crédible dans ses informations et il sait faire la différence entre un pistolet et un téléphone cellulaire. Le protocole d'intervention a été mis en place immédiatement», rappelle Bruno Cormier, même si le jeune, finalement, possédait une arme-jouet.

Nous sommes loin de l'époque où les jeunes tiraient de la carabine à plomb dans les cours d'école. Avec les nombreux attentats qui se déroulent aux États-Unis, ici même au pays et dans notre province, le taux de suspicion est de fait très élevé tant chez les policiers que dans la population en général.

Dehors en chemise

«Nous, on protège les enfants. Dès qu'il y a une mention autour d'une école, on déploie le protocole d'intervention. Nous n'avons pas le choix, on ne peut pas présumer d'une fausse information. Jeudi, pendant la récréation, des élèves ont vu un homme en chemise courir près de l'école en tenant ce qui semblait être une arme à sa ceinture. Un homme en chemise l'hiver, qui court près d'une école, pour nous c'est louche», détaille Jean Tremblay, porte-parole de la Sûreté du Québec.

«On déclenche le processus d'intervention et on ferme l'entonnoir sur l'événement pour intervenir le plus rapidement. Finalement, à Saint-Fulgence, c'est l'individu ''louche'' qui nous a prévenus que c'était lui qui était en chemise près de l'école. Il a entendu l'information à la radio et il s'est dit que ça lui ressemblait comme description. Il est allé chercher quelque chose dans sa voiture et il est retourné en courant tout en tenant probablement son cellulaire sur sa hanche pour ne pas le perdre. Les jeunes ont été témoin de la scène et ils en ont fait part à leur professeur après la récréation», détaille Jean Tremblay.

Après le témoignage des jeunes, la direction de l'école a communiqué avec les policiers et a pris les décisions qui s'imposent dans de telles circonstances. Bruno Cormier, de la SPS, précise d'ailleurs que des exercices de sécurité se déroulent dans les écoles toute l'année avec les professeurs et le personnel non enseignant en collaboration avec les policiers. «Ça ne s'est pas encore fait, mais nous avons l'intention à court terme de faire ces exercices avec les élèves. Certaines commissions scolaires ailleurs au Québec l'ont déjà fait et nous le ferons bientôt», indique Bruno Cormier.

Le personnel des écoles a aussi un protocole d'intervention et il peut prendre sa propre décision avant l'arrivée des policiers. «Ils doivent notamment saisir et fermer tous les cellulaires et demandent aux jeunes de garder le silence. Mais les partages d'information se font très rapidement sur les réseaux sociaux. Des parents s'inquiètent parfois de ne pas pouvoir communiquer avec leur enfant via les téléphones intelligents, mais ça fait partie du protocole de sécurité», commente le policier de Saguenay.

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