Les retraités...

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«Des fois je me dis j'ai hâte d'être à la retraite juste pour faire mes activités quotidiennes en dehors des heures normales d'affaires, comme aller faire mon épicerie le lundi matin ou aller faire du ski les après-midi en semaine», raconte notre chroniqueur.

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Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Bon ça commence, on nous l'avait annoncé depuis longtemps, un jour ça va arriver, les baby-boomers vont prendre leur retraite. Ça va faire de la place pour les jeunes sur le marché du travail et les retraités vont se reposer. Ceux qui sont nés entre 1945 et 1955 sont déjà à la retraite et là il reste l'autre gang né entre 1955 et 1960 qui va partir d'ici cinq ans à dix ans.

Un texte du chroniqueur économique Francis Vailles en faisait état dans La Presse+ du jeudi 12 janvier: «depuis six mois, il s'est créé 88 300 emplois au Québec, selon les données de Statistique Canada» (40 300 des 88 300 emplois ont été créés dans le secteur public, selon les données de Statistique Canada, ajoute-t-il).

Le départ des boomers à la retraite commence à faire de la place dans la fonction publique, on avait hâte depuis longtemps. Quand je suis arrivé sur le marché du travail en 1981, il n'y avait pas beaucoup d'emplois de disponibles, les boomers occupaient toutes les emplois. J'ai été 25 ans travailleur autonome, à la pige, avant d'avoir un emploi à temps plein. Le journal a été 15 ans sans embaucher de journaliste quand je suis arrivé sur le marché du travail.

Les boomers font de la place et ce n'est qu'un début, car les records de naissances au Québec se sont produits entre 1957 et 1960 (1957; 144 432 naissances, en 58: 143 710; en 59: 144 459 ''record absolu''; et en 60: 141 224). En 2015, on comptait 86 800 naissances au Québec. Ça veut dire qu'on n'a pas fini de voir du monde faire des marches de santé pendant la journée et flâner dans les allées au Costco.

Des fois je me dis j'ai hâte d'être à la retraite juste pour faire mes activités quotidiennes en dehors des heures normales d'affaires, comme aller faire mon épicerie le lundi matin ou aller faire du ski les après-midi en semaine. On dirait cependant que les retraités des dernières années se donnent le mot pour faire leurs activités en même temps que tout le monde les fins de semaine. «C'est normal, ils ont le goût de voir du monde, ils n'ont plus de milieu de travail», me balance un collègue cette semaine. «Ils vont faire leur épicerie quand il y a plein de monde, ils ne sont pas pressés, ils ne travaillent plus», disent d'autres.

Il semble que la retraite est une étape plutôt difficile à franchir pour un bon nombre de personnes. Tout un réseau de contacts s'effondre et tout d'un coup il faut meubler le temps de travail par du temps libre. La vie quotidienne change du tout au tout et souvent les conjoints qui se retrouvaient en fin de journée se retrouvent à cohabiter dans le même espace. Ça sera une nouvelle réalité à découvrir.

Dans une enquête réalisée en 2011 par la firme PMB, les principales activités de loisirs des baby-boomers québécois sont la cuisine (70%), le jardinage et les réceptions à la maison (30%). J'imagine qu'en 2017 on pourrait ajouter l'activité physique, car si je me fie à mes observations personnelles, les boomers qui m'entourent sont très actifs et la marche à pied, au minimum, fait partie des activités quotidiennes. J'en croise de plus en plus à vélo, en ski de randonnée ou en raquette dans les sentiers.

Un homme sage disait à son fils qui s'apprêtait à prendre sa retraite, il y a quelques années: «brûle toutes tes billes avant l'âge de 70 ans. Si tu as des voyages à faire, des expériences à vivre, des choses à essayer, des projets à réaliser, arrange-toi pour faire ça avant 70, car après ça dépend. Tant mieux si tu as la santé, mais les os commencent à craquer et les genoux plient plus difficilement. Le réveil est plus difficile un peu alors que la vue et l'ouïe diminuent», a-t-il conseillé. Oui, il y a encore du bon temps après 70 ans, mais les risques d'avoir des problèmes mécaniques sont plus élevés. Les dix prochaines années promettent de grands changements au chapitre de la démographie, nous allons vivre un genre de boom-retraite qui provoquera de grands mouvements sociaux.

Pour ma part, je fais partie des baby-boomers sur le plan statistique, car je suis né en 1961, mais ce n'est pas le cas sur le plan social. Quand tu fais partie d'un troupeau de caribou de deux millions de tête et que tu es le dernier de la gang, il ne reste plus grand-chose à ramasser quand ils ont passé avant toi. Comme le dernier du troupeau, j'ai l'impression de ne pas faire partie de la gang.

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