Une soupe populaire pour les gars

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Éric Haller, chef cuisinier à la Soupe populaire... (Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

Agrandir

Éric Haller, chef cuisinier à la Soupe populaire de Chicoutimi.

Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Il y a un peu plus de deux ans et demi, le gars perd son emploi et les six semaines d'attente avant de recevoir son chèque de chômage l'ont placé en situation de difficulté financière. Il est allé dîner à la soupe populaire pour un dollar et il a su que l'organisme communautaire se cherchait un cuisinier. Il a posé sa candidature et il a eu la job.

«Il a une formation en cuisine et ça paraît. Il sait comment épicer les plats pour leur donner du goût en plus d'avoir l'expérience des cuisines», fait valoir Roger Gonthier, un des dirigeants de la Soupe populaire de Chicoutimi, au sujet du chef Éric Haller.

«Je dois m'organiser avec ce que me donne Moisson Saguenay pour cuisiner les repas. Mais on fait plus que seulement s'arranger avec ça, comme le dit le chef Giovanni, on fait pour que soit bon et beau. Les gens paient 1$, mais je veux que les assiettes soient comme un repas à 15$», assure le chef qui doit quand même souvent composer avec le minimum pour concocter un repas équilibré.

«Le plus grand défi, c'est d'offrir de la variété, car pour les deux tiers de la clientèle qui mangent ici, ce sont toujours les mêmes qui reviennent», indique Éric Haller qui réussi à faire un dîner complet avec un budget de 5$ par repas. «La plus grande difficulté, c'est de trouver des bénévoles. Nous avons besoin de six à sept bénévoles tous les jours pour servir les repas. Ça prend des gens pour aider le cuisinier, laver la vaisselle, monter les tables, nettoyer les planchers, les salles de bain. C'est ce qu'il y a de plus difficile pour nous», avoue Roger Gonthier.

«On peut s'arranger pour l'argent, il y a de généreux donateurs, la Guignolée des médias et la Fondation Mgr Léonce-Bouchard. On peut réaliser notre mission avec 120 000$ par année, mais pour les bénévoles, c'est toujours difficile. Si vous pouviez l'écrire dans votre journal, ça nous aiderait», dit-il.

Le restaurant des pauvres et des sans-abri est ouvert 365 jours par année pour le repas du midi. «Pour plusieurs de nos habitués, quand ils reçoivent leur chèque au début du mois, la première chose qu'ils font, c'est d'acheter leur carte repas de 30$ pour le mois. Ainsi, ils s'assurent de manger au moins un repas par jour», met en relief le responsable des bâtiments pour la Soupe populaire de la rue du Havre.

Quand je suis entré dans l'ancien bâtiment de la ville, j'ai constaté qu'il y a seulement des hommes dans la salle à manger. Une seule femme prend son repas. «C'est toujours comme ça. Les hommes viennent à la soupe pour prendre le repas alors que les femmes ont plutôt tendance à prendre de l'épicerie pour cuisiner», fait remarquer l'homme de 72 ans qui a consacré les dix dernières années à la cause de la Soupe populaire.

J'en ai profité pour visiter les lieux et je dois vous avouer que ces gens font des miracles avec peu de choses. Évidemment, les inspecteurs du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) viennent faire leur tour régulièrement. «Avant, on lavait les cabarets à la main, car ils n'entraient pas dans le lave-vaisselle. Le MAPAQ nous a obligés à acheter un lave-vaisselle plus grand pour qu'on y place aussi les cabarets», donne en exemple Roger Gonthier. Même histoire avec la chambre froide. Le MAPAQ les a obligés à ne plus l'utiliser en raison d'une infiltration d'eau. Ils s'organisent avec un petit réfrigérateur de dépanneur à deux portes. Même les gens qui offrent des services aux gens dans le besoin ont des besoins.

Besoins

La dernière fois que j'ai écrit une chronique sur des gens dans le besoin, vous avez été quelques-uns à me contacter pour intervenir personnellement pour aider la famille que je décrivais. Si ça vous tente d'être généreux, sachez que la Soupe populaire de la rue du Havre a besoin de deux grands congélateurs et de réfrigérateurs pour remplacer la chambre froide. Je suis convaincu que le chef cuisinier ne refuserait pas quelques bonnes épices et des condiments pour rehausser ses plats.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer