Noël, la fête des lutins

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«Quand les parents passent une heure par soir... (Archives Le Progrès-Dimanche,Gimmy Desbiens)

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«Quand les parents passent une heure par soir à préparer des mauvais coups, ça commence à faire beaucoup. C'est rendu que Noël c'est la fête des lutins», souligne notre chroniqueur.

Archives Le Progrès-Dimanche,Gimmy Desbiens

Roger Blackburn
Le Quotidien

«J'aurais aimé que les lutins faisant mal existent dans mon temps, j'aurais eu du plaisir avec les enfants. C'est pas mal plus ''hot'' que le père Noël. Lui, ça dure seulement une journée, alors que les lutins, ça dure pendant un mois», me lance cet ami, père d'adolescents.

Vous savez le genre de papa intensément joyeux capable de faire arriver le père Noël par la cheminée juste pour en mettre plein la vue à ses enfants. Les lutins sont presque contents de ne pas avoir existé à son époque. Pendant que de jeunes papas racontaient tout le trouble qu'ils se donnent pour imaginer les mauvais coups des lutins pendant que les enfants dorment, le papa d'ados se met à leur donner des mauvaises idées.

«Tu devrais prendre un crayon noir et barbouiller le visage de tes enfants et ensuite placer le crayon entre les mains d'un des lutins pour qu'ils sachent qui a fait le mauvais coup, il serait vraiment surpris de se voir le visage barbouillé dans le miroir», plaisante-t-il.

On se met à imaginer des mauvais coups, comme couper la tête des lutins et en laisser un avec un couteau dans les mains, placer de la neige devant la porte extérieure et laisser un lutin sur le banc de neige avec une pelle, bref tous les mauvais coups pendables.

Je vous avoue que je suis un peu découragé pour les parents qui ont déjà suffisamment d'occupation avec le train-train quotidien, les devoirs, les loisirs, les sports, les repas, l'entretien ménager et le reste. Et le soir venu, c'est le temps de foutre le bordel volontairement dans la maison, pour créer la magie de Noël au quotidien. Quand les parents passent une heure par soir à préparer des mauvais coups, ça commence à faire beaucoup. C'est rendu que Noël c'est la fête des lutins.

Du ruban gommé au travers de la porte de chambre, des rouleaux de papier hygiénique déroulés partout dans la maison, le garde-manger vidé sur le comptoir de la cuisine, peu importe, il suffit d'un clic sur Google pour découvrir toutes les folies que les parents peuvent imaginer.

Ça ne s'arrête pas là, car le matin, en arrivant à l'école ou à la garderie, c'est le concours de qui a joué le mauvais tour le plus original et la compétition continue sur Facebook. Ça commence à prendre beaucoup de place dans le quotidien des enfants. Il y a même des lutins qui déposent un cadeau chaque jour dans le bas de Noël des enfants. Ça devient difficile pour certains parents de suivre la parade.

Les lutins font maintenant partie de la magie de Noël au même titre que le sapin, les boules, les lumières, les cadeaux, la crèche, les décorations et les chansons traditionnelles. Ça développe l'imaginaire, ça met du brillant dans les yeux des enfants et ça crée de beaux moments en famille.

C'est un peu embêtant, cependant, pour les enfants qui n'ont pas de lutin. Eh oui, il y en a, par choix des parents ou pour des raisons financières, il y a des enfants qui n'ont pas de lutin. Imaginez un peu leur désarroi quand dans l'autobus scolaire, en arrivant à la garderie ou au début des classes, tout le monde raconte leur histoire de lutin et que chez vous il n'y en a pas. Ça peut devenir difficile pour des parents de garder le cap et de ne pas céder à cette ferveur populaire.

Probablement que j'aurais embarqué dans le jeu si les lutins avaient existé à l'époque où j'étais jeune papa. J'aurais imaginé bien des choses pour voir briller les yeux des enfants. Encore aujourd'hui, l'émerveillement, la surprise, la joie, les rires et les yeux brillants d'un enfant font partie des belles émotions à ressentir dans la vie. Que des parents choisissent de ne pas embarquer dans la folie des lutins, par choix, c'est une chose, et je ne crois pas que les petits soient privés de souvenirs impérissables. Ce qui est dommage, ce sont les enfants dont les parents n'ont pas les revenus nécessaires pour acheter des lutins. Ils doivent se sentir à part et c'est toujours déchirant pour des parents de souffrir de la comparaison.

Enfin, les lutins sèment du bonheur à ceux qui en ont et un peu de frustration à ceux qui n'en ont pas, c'est comme les cadeaux.

Les lutins doivent foutre le camp le 24 au soir, découragez-vous pas, ça achève.

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