En terrain glissant

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le sable est épandu seulement aux intersections et... (123RF)

Agrandir

Le sable est épandu seulement aux intersections et aux arrêts d'autobus.

123RF

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / C'est beau des quartiers blancs, mais ce n'est pas «marchable». Je sais que c'est plus écologique, parce qu'il n'y a pas de sel de déglaçage et que c'est moins dommageable pour les voitures et pour l'eau de surface lors de la fonte au printemps.

Le sable est épandu seulement aux intersections et aux arrêts d'autobus, ça coûte moins cher, c'est plus facile à ramasser au printemps, il y a moins de sable dans les systèmes d'épuration des eaux. Le maire de Saguenay le signale dans une publication du ministère des Transports «Le sel et le sable endommagent nos souffleuses, les tuyaux d'aqueduc, les usines d'épuration, les routes et salissent les terrains. Ensuite, les citoyens ramassent le sable, le mettent dans des sacs, et ça nous coûte cher, car nous payons la collecte à la tonne de déchets amassés.»

Il y a plein de bonnes raisons pour maintenir les quartiers blancs, les automobilistes adaptent leur conduite et ça permet même de réduire la vitesse, vous voyez il n'y a que de bons côtés. Le problème c'est qu'on n'est plus capable de marcher dans les rues de ces quartiers blancs qui sont devenus de véritables patinoires.

La grande ville compte maintenant une trentaine de quartiers blancs sur son territoire, «Saguenay is a white city». Je veux bien croire dans les vertus de ménager les abrasifs et les fondants, mais il doit sûrement y avoir un moyen de permettre aux citoyens de marcher sécuritairement dans les rues où il n'y a pas de trottoir.

Prendre une marche après le souper ou faire des courses la fin de semaine s'avèrent des sorties trop hasardeuses dans les quartiers blancs. C'est dommage qu'on ne soit pas capable d'offrir une petite bande sablée pour marcher sans que les pieds nous partent en dérive, ça fait une raison de plus pour nous condamner dans nos maisons ou de prendre la voiture pour aller marcher ailleurs.

Peut-être que les chenillettes de trottoir pourraient nous improviser un couloir de marche le long des rues, juste un petit peu de sable pour pas que ça coûte trop cher. On devra peut-être se résigner à porter des crampons ou à acheter des chaussures à semelle antidérapante (Artic Grip), des genres de pneus d'hiver pour marcheur.

J'ai des connaissances qui se donnent rendez-vous tous les jours au parc urbain pour prendre une marche de santé. «C'est glissant, mais on a tous des crampons», me dit-il. J'ai un collègue, qui demeure dans un quartier blanc et qui vient travailler à pied au journal. Il doit mettre des crampons pour arriver à marcher dans les rues sans se casser la margoulette. Les crampons sont rendus la norme, certaines entreprises en offrent même en cadeau aux employés au party de Noël. Souvent dans les stationnements c'est plus traître en raison de la chaleur dégagée par les moteurs qui préparent une belle patinoire à chaque occasion.

Dans ce genre de situation, je pense souvent aux personnes âgées qui ont de la difficulté à se déplacer en plein été et qui doivent affronter les rigueurs de l'hiver. Quand je vois les gens emprunter les passerelles comme s'ils marchaient sur un fil d'équilibriste et que j'aperçois un vieux monsieur ou une vieille madame qui marchent dans les rues, je trouve que notre ville n'est pas aménagée pour eux.

Le CIUSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean m'a assuré qu'il n'y avait aucun indice dans les salles d'urgence en rapport avec des blessures comme des fractures dues à des chutes. «Nous n'inscrivons pas les patients par quartier, on ne peut pas savoir les impacts des rues glacées et il n'y a rien qui indique un contexte d'augmentation des fractures», a fait savoir la responsable des communications Joëlle Savard.

Les citoyens sont compréhensifs, c'est bon pour l'environnement, ça nous fait sauver de l'argent, le bon citoyen met ses crampons et tout va bien à Saguenay. Il me semble quand même qu'on devrait faire un effort pour gratter un peu plus souvent et un peu plus en profondeurs. Les redoux feraient apparaître de l'asphalte au lieu d'une couche de glace.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer