Dégringolade alimentaire

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Les entrepôts des banques alimentaires manquent souvent de... (Archives Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

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Les entrepôts des banques alimentaires manquent souvent de réserves, l'été arrivé.

Archives Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Le temps des Fêtes approche, le gène généreux, comme dirait Fred Pellerin, se met à grouiller et on donne à la Guignolée des médias. Ça nous fait du bien, on veut que les gens dans le besoin passent un beau Noël. Le problème c'est que les besoins alimentaires se manifestent toute l'année. En décembre, les entrepôts des banques alimentaires ne sont pas assez grands pour recevoir toute la nourriture que les gens veulent donner et l'été ces mêmes entrepôts sont remplis à 70%. Il faudrait organiser une Guignolée des médias durant l'été à l'occasion du Noël des campeurs, parce que la faim ce n'est pas juste dans le temps des Fêtes que ça tenaille, c'est toute l'année.

La madame de Moisson Saguenay-Lac-Saint-Jean me dit que leur entrepôt n'est pas assez grand et que l'organisme refuse de la nourriture par les temps qui courent, car ils n'ont pas de place pour l'entreposer. «C'est d'une tristesse infinie. On pourrait aider plus de familles, mais nous sommes limités dans l'espace», rapporte Karine Poirier qui est responsable des événements pour la Moisson. «Nous ne sommes pas capables de répondre à la demande. Le visage de la pauvreté change. Les salaires ne suivent pas l'inflation et même les familles dont les deux parents travaillent au salaire minimum n'arrivent plus financièrement» dénote-t-elle.

Les chiffres font frémir, Moisson Saguenay-Lac-Saint-Jean reçoit près de 52 000 demandes de services par mois - pas par année par mois - et ces demandes concernent près de 18 000 enfants. 72 organismes sont desservis régulièrement dans la région et ça ne suffit pas, les organismes n'arrivent pas à répondre à la demande. L'an dernier 584 713 kilos de denrées et autres produits essentiels ont été recueillis, représentant 3 216 000$ en valeur monétaire, alors que 82 fournisseurs régionaux donnent quotidiennement. Une chance qu'il y a des bénévoles pour s'occuper de tout ça, sinon les gens crèveraient de faim dans la rue.

Si vous tapez sur Google «coup d'éclat pour expérimenter la dégringolade alimentaire», vous allez tomber sur une vidéo de Bob le chef qui a invité une vingtaine d'influenceurs et blogueurs à partager un repas. Les participants croient qu'ils ont été invités à un souper VIP dès qu'ils voient l'entrée, un gravlax de saumon à perdre le Nord, servi dans une belle assiette montée. La soupe est servie à même la boîte de conserve, les invités croient alors à une idée originale avant que Bob le chef leur serve un plat de pâtes blanches, sans sauce, sans beurre et sans épice. Le dessert est servi dans une assiette avec un couvercle en métal comme les repas servis dans les chambres d'hôtel. En soulevant le couvercle, les invités VIP découvrent une note sur un bout de papier de la grande Guignolée des médias disant: le visage de la pauvreté change, des centaines de milliers de Québécois ont vécu où vivront une dégringolade alimentaire parce que leur vie a basculé dans la pauvreté à cause d'une maladie, d'une perte d'emploi ou d'une séparation. Il faut voir la réaction des blogueurs.

Jeudi prochain lors de la Guignolée des médias, ne faites pas de détour pour éviter les barrages routiers, videz vos poches pour nourrir vos concitoyens qui en ont besoin. Karine Poirier fait valoir qu'avec un dollar ils génèrent 12$ de denrées alimentaires. «Avec un don de 2$ on nourrit six enfants et avec 5$ on peut nourrir 15 enfants», soutient-elle. Une simple pièce de 25 cents peut faire la différence, ne vous sentez pas radins, prenez la monnaie qui traîne dans votre cendrier et donnez-la. Si vous faites partie des gens que la vie a privilégiés, passez au guichet automatique la veille et soyez généreux.

Si vous voulez faire un don de denrées non périssables, voici une petite liste des choses que les banques alimentaires reçoivent moins souvent, mais qui est aussi très en demande. Une canne de soupe ça fait toujours, mais pensez aussi à des fruits et légumes, à des produits hygiéniques comme le shampooing, du dentifrice et du savon. Les produits pour bébé sont aussi très rares dans les banques alimentaires comme les couches, la nourriture pour bébé ou du lait maternisé.

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