Fierté régionale

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Bertrand Fradet, Éric Dubé, Caroline Fradet, Marie-Josée Doyon... (Photo Le Quotidien, Louis Potvin)

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Bertrand Fradet, Éric Dubé, Caroline Fradet, Marie-Josée Doyon et Marc Desbiens étaient bien heureux de vendre les premiers concombres au client du IGA de Saint-Félicien.

Photo Le Quotidien, Louis Potvin

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Je n'aurais jamais cru que je pourrais être fier des concombres produits dans la région. Nous sommes un peu chauvins et on aime bien dire que nos bleuets, nos tomates, notre maïs, nos fraises, nos fruits et légumes sont meilleurs que ce qui se fait ailleurs. Mais là, voir qu'on investit 30 millions$ (100 M$ à la fin du projet) pour produire des concombres en serre à Saint-Félicien, je lève mon chapeau. Même si sur les boîtes c'est écrit en grosses lettres «concombres anglais», on finira par dire concombre du Lac. Il y a trop de fierté sans pépin là-dedans.

C'est un gros défi qu'ont réalisé les producteurs. «Il n'y a rien de facile en serre, ça va être un gros défi de production, mais tous les éléments semblent en place pour réussir. Ça prend de la chaleur, de l'électricité, de l'eau et de la main-d'oeuvre. Ils ont tout ce qu'il faut», fait valoir André Michaud, consultant en alimentation qui connaît bien la production en serre.

Quand le prix et la qualité sont au rendez-vous, une compagnie d'alimentation comme Sobeys Québec (IGA, Les Marchés Tradition, Marché Bonichoix, entre autres) se fait un plaisir de favoriser toujours les producteurs locaux. Pour le lancement officiel des concombres félicinois au IGA de Saint-Félicien, le prix de lancement était à 1,29$. Je suis allez vérifier chez Provigo: 1,83$ pour des concombres du Mexique; chez IGA sur Talbot, 1,59$ pour des produits du Mexique; chez Metro, deux concombres du Québec pour 5$ et chez Super C, 1,99$ pour un concombre maigrichon de l'Ontario.

«Un autre défi pour les Serres Toundra, ce sont les acheteurs. Sobeys a conclu une entente avec l'entreprise, mais on verra à l'avenir. C'est sûr qu'à un moment donné, on va voir des concombres mexicains à moins d'un dollar, il faut voir si les acheteurs vont continuer d'acheter local. Avec des joueurs comme Walmart qui vont occuper de plus en plus de place dans le domaine de l'alimentation et des travailleurs mexicains qui gagnent 10$ par jour, la concurrence sera difficile, mais c'est un beau défi», met en relief André Michaud.

«D'une superficie de 35 hectares, les serres produiront des concombres et d'autres légumes à l'année. Le projet sera déployé en quatre phases s'étendant jusqu'en 2019 et nécessitera un investissement de 100 M$. À terme, l'entreprise emploiera près de 400 personnes. Ce sera la première serre québécoise à produire des concombres douze mois par année en plus de devenir le plus gros complexe serricole jamais construit au Québec», explique un document de la compagnie.

«En Ontario, on compte plus de 1000 serres alors qu'au Québec, on en compte seulement une centaine. C'est un choix politique. Au Québec et dans la région, nous avons tout ce qu'il faut pour développer ce créneau créateur d'emplois, il suffit de dire c'est ça qu'on veut, faisons-le», soutient le consultant.

C'est sûr que si je trouve à l'épicerie des concombres du Mexique à 1$ et des concombres des Serres Toundra à 1,29$, je n'hésiterai pas une seconde à acheter les concombres de Saint-Félicien. Au-delà d'encourager un produit local, il y a maintenant les valeurs d'empreintes environnementales qui comptent. On ne peut plus accepter aujourd'hui que des produits parcourent des milliers de kilomètres avant de se retrouver sur nos tables. Ce n'est pas encore un comportement répandu, mais ça commence. Je ne suis pas généralement le premier à initier ce genre de tendance, mais la semaine dernière, j'ai décidé de ne plus acheter d'eau pétillante comme le San Pellegrino ou Perrier qui viennent d'Europe. Maintenant, on achète québécois; c'est nouveau comme comportement.

Il reste à espérer que le projet des Serres Toundra connaîtra le succès espéré et que cette initiative donnera le goût à nos élus d'offrir des tarifs électriques encore plus avantageux aux producteurs serricoles pour que la région puisse produire le plus de légumes possible en serre dans l'avenir. Avec leur technologie qui récupère le C02, cette réduction d'empreinte de carbone aura une valeur ajoutée un jour.

J'ai hâte qu'ils arrivent à Saguenay pour y goûter. Je vous jure que les concombres de l'Ontario que j'ai vus dans les comptoirs à légumes mardi me semblaient très maigrichons.

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