Saint-Fé, la ville des manifs

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Les manifestations sont plus nombreuses à Saint-Félicien depuis... (Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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Les manifestations sont plus nombreuses à Saint-Félicien depuis que le premier ministre Philippe Couillard en a fait son coin de pays.

Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens

Roger Blackburn
Le Quotidien

J'avais oublié Saint-Félicien. Pourtant, c'est la ville du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, la ville qui abrite une des plus importantes attractions touristiques de la région avec le Zoo sauvage et qui est construite sur les rives de l'historique rivière Ashuapmushuan, l'une des rares rivières vierges dans la province, la route des fourrures qui mène jusqu'à la baie d'Hudson.

Pourtant, je vais au zoo une ou deux fois par année et je traverse la ville deux ou trois fois par été pour me rendre dans la Réserve faunique Ashuapmushuan. On oublie quand on utilise les voies de contournement. La route 169 contourne la ville du premier ministre depuis plusieurs années, ça fait que j'avais oublié St-Fé, j'avais oublié comment c'est beau.

Je suis allé faire une virée lundi pour voir si ça changeait quelque chose pour le monde d'avoir le premier ministre du Québec dans sa ville. 

« Ça ne change pas grand-chose sauf qu'on voit plus de manifestations et que ses gardes du corps viennent manger ici de temps en temps », me laisse entendre la serveuse du restaurant chez Mikes qui comptait à peine dix clients sur l'heure du midi.

Au centre d'information touristique, situé dans le même bâtiment que le bureau du député Couillard, la préposée à l'accueil raconte que les Européens sont agréablement surpris quand leur visite coïncide avec une manifestation. 

Des manifestations tranquilles

« Les touristes européens sont très étonnés de constater qu'ici les gens manifestent pacifiquement, le sourire aux lèvres en chantant des slogans. À Paris, ça se termine souvent par des affrontements avec les forces de l'ordre et des voitures renversées sur la chaussée », raconte Nathalie Tremblay.

Elle m'indique au passage qu'ils ont enregistré une hausse de touristes, la saison dernière, mais elle ne croit pas que ce soit à cause de la présence du premier ministre. Même son de cloche de la part du curé de la paroisse, à la retraite, que j'ai rencontré sur la Place du 150e, derrière la Maison de la culture, en train de s'aérer l'esprit sur le bord de la rivière. 

« Il y a beaucoup de va-et-vient autour de sa résidence personnelle, mais sinon, ça ne change pas grand-chose pour nous », avant de philosopher un peu sur la religion en ces temps modernes.

Content de te rencontrer, Philippe

Ça surprend toujours, cependant, quand tu vends un quai élévateur pour bateau dans les annonces classées et que l'acheteur arrive un bon matin dans ta cour avec des gardes du corps en disant « bonjour, je suis Philippe, je suis venu chercher le quai que mon épouse vous a acheté ». 

« Ce n'est pas anodin quand tu dis "content de te rencontrer, Philippe, moi c'est Claude, prend ton bout on va placer ça dans la boîte du pick-up". C'est le premier ministre, quand même », me racontait un riverain de Chambord cet été.

La présence du premier ministre aura eu pour effet, tout au moins, de forcer le chroniqueur à lâcher la voie de contournement pour passer par le centre-ville de Saint-Félicien et redécouvrir la grande beauté de la rivière Ashuapmushuan qui traverse la ville. Elle est presque aussi large que le Saguenay à la hauteur de Chicoutimi.

La rivière est bordée, à certains endroits, de superbes maisons cossues et possède une superbe marina. Ça donne le goût d'y aller. 

Les voies de contournement ont le défaut de nous faire oublier par où on passait avant qu'on nous suggère de contourner. 

« Venez voir l'été, nous avons un spectacle de son et lumière avec les fontaines au parc du Sacré-Coeur, en face de l'église », me dit la dame du bureau de tourisme.

Au ralenti l'hiver

Saint-Félicien, comme bien des villes et villages autour du lac, ralentit le rythme en hiver. Les projecteurs d'Anima Lumina ne pourraient pas résister au froid, tout comme les fontaines du parc. 

Certains restaurants sont fermés les lundi, mardi et mercredi alors que d'autres nous donnent rendez-vous en 2017. 

Quand l'hiver s'installe au lac, il met un grand couvert sur la marmite des activités touristiques alors qu'il nous reste le zoo l'hiver, les sports extérieurs et un peu de pêche sur la glace. Les manifs ne sont pas encore devenues, heureusement, un produit touristique.

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