Le Labrador aux Québécois

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CHRONIQUE / Si j'étais premier ministre du Canada, je redonnerais le Labrador... (123RF)

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Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Si j'étais premier ministre du Canada, je redonnerais le Labrador au Québec et je fusionnerais Terre-Neuve (500 000 ha) avec le Nouveau-Brunswick (753 914 ha) comme on fusionne deux villes, exit Terre-Neuve, terminées les chicanes devant les tribunaux pour Churchill Falls. On passe à un autre appel, on développe le nord, on produit de l'énergie verte et on assure un avenir aux Premières Nations, tadam! Il me semble que ce ne serait pas compliqué, un simple référendum pourrait régler ça.

Le géographe Gilles-H. Lemieux a raconté son «road... (Archives Le Progrès-Dimanche) - image 1.0

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Le géographe Gilles-H. Lemieux a raconté son «road trip» qui lui a fait traverser le Labrador par la nouvelle route 510, la Trans-Labrador Highway, à l'occasion d'une conférence donnée plus tôt cette semaine.

Archives Le Progrès-Dimanche

J'ai eu comme une bulle dans le cerveau cette semaine lors de la conférence du géographe Gilles-H. Lemieux qui racontait son «road trip» qui lui a fait traverser le Labrador par la nouvelle route 510, la Trans-Labrador Highway. Ça m'a rappelé que le Québec s'est fait voler ce territoire en 1927 par l'Angleterre qui l'a concédé à Terre-Neuve sans vote populaire ni compensation pour le Québec.

J 'en parlais avec Alexandre Cloutier et Stéphane Bédard jeudi dernier lors d'un événement-bénéfice du Centre québécois du développement durable. «Ça ne vous tente pas de brasser un peu le ragoût au sujet du Labrador. Il me semble que ce serait un beau dossier rassembleur pour les Québécois?», que je leur dis.

Je trouve que ça ferait un bel os à gruger pour Alexandre Cloutier, spécialisé en droit constitutionnel détenteur de deux maîtrises dans ce domaine, dont une en droit international public de l'université de Cambridge en Angleterre. Le Labrador pourrait revenir dans les discussions publiques via le dossier de Churchill Falls et le financement du fédéral des projets hydroélectriques terre-neuviens qui visent à concurrencer le Québec sur l'exportation d'électricité.

Avec le désastre du projet hydroélectrique Muskrat Falls au Labrador - où la situation est devenue catastrophique alors que le coût projeté de 7 milliards $ est maintenant estimé à 14 milliards $ - ça pourrait ouvrir de nouvelles discussions. Structures effondrées, centaines de kilomètres de lignes de transport d'électricité à reprendre, contamination au méthylmercure lié à l'inondation du bassin hydroélectrique et plus récemment de l'eau a suinté d'un batardeau temporaire, bref c'est le bordel, certaines sources parlent même d'arrêter ce projet qui pourrait entraîner une faillite financière de Terre-Neuve.

On sait que les Terreneuviens ont l'impression de s'être fait avoir dans le projet de Churchill Falls. La province atlantique a été incapable, malgré 17 recours juridiques, d'obtenir une modification à la hausse du contrat d'approvisionnement, conclu en 1969, un projet où Québec a pris tous les risques seuls. La Cour supérieure et la Cour d'appel du Québec viennent toutes deux de réitérer la validité du contrat pour les 25 prochaines années.

On peut se le dire entre nous, une province qui compte moins de 530 000 habitants, c'est juste comme une grosse ville, genre Laval. Le fédéral a octroyé une garantie de prêt qui s'élève maintenant à 9,2 milliards $ pour le projet hydroélectrique de Muskrat Falls, ça ne sent pas bon.

F. Pierre Gingras, un ex-chef planification et coûts, construction de centrales d'Hydro-Québec publiait une lettre dans La Presse en septembre dernier intitulée Pourquoi le Québec devrait reprendre le Labrador, Il conclut en disant: «plusieurs rivières tant de la Côte-Nord que du Labrador ne seront probablement jamais développées à cause de cette frontière disputée entre Terre-Neuve et Québec qui en divise les bassins de drainage. Une proposition logique pour ouvrir les discussions entre les deux provinces serait que Québec donne une production d'énergie de 1000 MW à Terre-Neuve en échange du Labrador. On corrigerait ainsi à l'avantage de toutes les parties cette erreur catastrophique du Conseil privé de Sa Majesté. Cette proposition équitable pourrait débloquera la réalisation éventuelle d'une dizaine de projets importants et assurerait aux Premières Nations un avenir beaucoup plus positif que celui que leur offre le gouvernement de Terre-Neuve.»

Ça serait moins compliqué de fusionner Terre-Neuve au Nouveau-Brunswick.

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