Comme dans un film

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«C'est comme dans un film. Me Jean-Marc Fradette... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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«C'est comme dans un film. Me Jean-Marc Fradette (photo) est un avocat chevronné, un des meilleurs au Québec, et jusqu'à preuve du contraire, l'accusé est innocent. J'aime bien voir comment il pose ses questions et comment il amène les témoins à répondre», raconte Jean-Marc Lepage, un habitué du Palais de justice de Chicoutimi qui a assisté à de nombreuses causes.

Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie

Roger Blackburn
Le Quotidien

«J'aime mieux assister à un procès au lieu d'aller me promener au centre d'achat. Je suis à la retraite et j'aime ça. On apprend beaucoup de choses et ça me touche d'entendre les témoignages des gens», me raconte ce spectateur pendant la pause de l'après-midi, au procès d'Yves Martin qui se déroule devant jury.

Jean-Marc Lepage est un habitué du Palais de justice de Chicoutimi. Il a assisté à de nombreuses causes, dont le célèbre procès de Cathie Gauthier. «C'est comme dans un film. Me Jean-Marc Fradette est un avocat chevronné, un des meilleurs au Québec, et jusqu'à preuve du contraire, l'accusé est innocent. J'aime bien voir comment il pose ses questions et comment il amène les témoins à répondre. J'aime les livres policiers et ici j'ai la chance de voir ça en direct», me raconte cet auditeur libre qui se passionne pour les affaires de justice.

Sérieusement, je vous confirme qu'un après-midi dans une salle de procès devant des jurés, c'est pas mal plus intéressant que de boire du café au centre commercial. La justice au Québec se déroule devant le public, à moins qu'un juge n'ordonne le huis clos quand des causes peuvent impliquer des enfants, par exemple. Ça devient donc très intéressant d'assister à ces délibérations, pour y voir la justice s'exercer.

Un peu tout le monde

Les auditeurs libres que j'ai rencontrés lundi après-midi sont des retraités. «Ça fait passer le temps», a simplement résumé un homme de 80 ans qui réside dans un foyer pour personnes âgées et qui a l'intention d'assister au procès d'Yves Martin jusqu'à la fin. Il y a aussi ces étudiants en techniques policières du Collège d'Alma qui assistent aux assises dans le cadre de leur cours. «Ce que je retiens du témoignage du policier, aujourd'hui, c'est l'importance de prendre des notes de tout ce qui se passe et d'être le plus précis possible», raconte le futur policier après avoir entendu le témoignage d'un agent qui était le premier répondant sur les lieux de l'accident.

C'est vrai que c'est comme dans un film. Il n'y a pas de coup de marteau de la part du juge qui crie «silence dans la salle», mais on entend le traditionnel «objection votre honneur» et les avocats travaillent encore et toujours avec toge et rabat, comme le veut la tradition. Juste le fait de voir entrer les 12 jurés à la file indienne pour gagner leur siège à la gauche du juge pendant que les gens se lèvent, de voir l'accusé assis à la droite du magistrat et tous ces avocats qu'on voit de dos, le décor est planté, comme dans un film.

Je ne voudrais effectivement pas tomber entre les pattes de l'avocat Jean-Marc Fradette qui pose des questions sans trop savoir où il veut en venir, mais qui vous fait glisser avec habileté sur la pelure de banane qu'il a placée sur le chemin de votre témoignage. On découvre la rivalité qui existe entre la défense et le procureur.

Me Fradette interroge le policier et lui demande s'il était avec son copain lors des questions posées à l'accusé. L'avocat de la Couronne se lève et demande au juge que Me Fradette utilise le terme collègue au lieu de copain. «Ce sont des collègues de travail, il n'y a pas de preuve qu'ils sont copains, alors veuillez utiliser le terme collègue Me Fradette», lui dit le juge qui a dû le rappeler à l'ordre une fois ou deux sur ce point.

On reste surpris quand le juge demande aux jurés de se retirer, car il veut parler aux avocats. La loi nous interdit de rapporter ce que le juge dit en l'absence du juré, mais les spectateurs qui assistent au procès ont droit à toutes ces discussions, ce qui n'est pas sans intérêt pour voir le déroulement de la justice.

On se demande souvent qui sont ces badauds qui flânent dans les palais de justice et qui errent d'une salle d'audience à l'autre. Avec nos têtes pleines de préjugés, on les prend pour des hurluberlus, mais finalement ce sont des gens qui s'intéressent, avec un peu de curiosité ou de voyeurisme direz-vous, mais ils s'intéressent au pouvoir judiciaire, un des aspects très importants de nos sociétés. Et c'est pas mal plus intéressant qu'une série télé ou un match de hockey.

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