Caserne de bonheur et d'émotion

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Mario Gagnon, la bonté sur deux pattes. Un... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Mario Gagnon, la bonté sur deux pattes. Un homme généreux qui donne et redonne, depuis 29 ans, des jouets, des jeux et du bonheur.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Si vous n'avez jamais mis les pieds dans la caserne de jouets du pompier Mario Gagnon, sur la rue Roussel à Chicoutimi-Nord, vous vous privez d'un précieux moment de bonheur et d'émotion.

Plusieurs milliers de jouets et des jeux de toutes sortes sont rangés sur des étagères d'une dizaine de pièces différentes dans un ancien garage municipal. On y découvre également des pièces de collection de grande valeur, mais le jouet le plus rare de l'atelier, c'est Mario Gagnon, la bonté sur deux pattes. Un homme généreux qui donne et redonne, depuis 29 ans, des jouets, des jeux et du bonheur.

«Ce que j'aime le plus, c'est de voir le visage des gens, la lumière dans leurs yeux quand ils voient un jouet qui leur rappelle leur enfance. Je les sens nostalgiques quand ils disent 'j'ai joué avec ça quand j'étais petit'. Ça me fait vraiment plaisir», témoigne celui qui se qualifie de nostalgique et qui insiste pour faire revivre le passé.

Ses anecdotes sont nombreuses. Il raconte avec émotion l'histoire de cette jeune fille atteinte d'un cancer, qui a croisé sa vie, dans sa caserne de souvenirs. «Je m'étais lié d'amitié avec elle et je lui avais fait faire un tour de camion de pompier à l'époque où on pouvait le faire. Elle m'a écrit une carte avec des mots gentils et m'a demandé de mettre une photo de moi dans son cercueil». Les mots lui ont manqué et l'émotion lui a monté dans les yeux quand il m'a montré la carte qu'il conserve dans son album personnel.

Il y a aussi ces jeunes à qui la justice a imposé des travaux communautaires pour des délits. Il les accueille évidemment avec joie. «Je ne suis pas psychologue, mais j'en profite pour leur donner confiance en eux et passer de petits messages», dit-il humblement. Il y a aussi ces jeunes du programme d'enseignement international de la polyvalente Charles-Gravel qui viennent chaque année redonner vie à des centaines de poupées Barbie en les restaurant et les habillant pour les redonner à d'autres enfants.

Il y a ce couple, Paul Beaulieu et Chantale Poitras, qui viennent régulièrement à la caserne pour réparer les jouets électroniques. «Ils sont minutieux, tout l'électronique leur passe entre les mains et ils remettent les jouets en état. Il suffit parfois de souder un fil ou de réparer un contact pour rendre d'autres enfants heureux», souligne monsieur bonté.

Près de trente ans

Ça fait 29 ans que Mario Gagnon s'occupe de la collecte de jouets. Depuis 12 ans, il veille aussi à l'entretien de la bâtisse que lui a trouvée l'ancienne conseillère municipale Marina Larouche, à l'époque. Même si on attribue la caserne de jouets aux pompiers, c'est en réalité une dizaine de bénévoles qui tiennent à bout de bras cette maison du jouet.

«Ma conjointe Martine Aubé, mes deux filles Vanessa et Joanie et ma soeur Gina me donnent un bon coup de main. Depuis trois ans, l'ancien ambulancier Robert Dufour et un collègue pompier, Jean-François Trottier, nous supportent dans ce projet que j'ai initié avec Gilles Desgagné dans le temps», dit-il.

Pas question de vendre quoi que ce soit. Il conserve les pièces de collection qu'il expose dans la caserne et donne tout ce qu'il peut aux enfants. Il reçoit des demandes d'organismes communautaires qui préparent des fêtes de Noël pour des enfants démunis. «Ils m'écrivent en précisant le nombre d'enfants qui seront à leur fête, leur sexe et leur âge et on leur prépare des boîtes de jouets pour remettre des cadeaux. On s'assure aussi que chacun d'eux reçoit un jouet neuf. Nous organisons des campagnes de financement pour acheter des jouets au goût du jour», détaille celui qui participe aussi à différentes activités pour venir en aide aux gens.

En plus de toute cette générosité, Mario Gagnon est devenu une véritable encyclopédie du jouet, avec le temps. Il connaît les fabricants, les pièces rares, les jeux les plus courus des collectionneurs et sait reconnaître les pièces historiques. Il rêve aussi un jour d'organiser une collecte de jouets à la grandeur du pays. «J'ai rencontré le député fédéral Denis Lemieux et d'autres députés fédéraux, lors d'une visite à la caserne, et nous avons discuté d'organiser une collecte nationale de jouets partout au Canada», s'emballe le dévoué bénévole qui prépare sa collecte prévue pour le 19 novembre. Allez vous offrir un moment de nostalgie en faisant don de jouets avec vos enfants.

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