La mort ou vivre en cage ?

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La SPCA Saguenay a un urgent besoin d'argent... (Archives Le Quotidien)

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La SPCA Saguenay a un urgent besoin d'argent pour pouvoir poursuivre sa mission.

Archives Le Quotidien

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Quand j'étais jeune, on avait un chien qui s'appelait Noireau, une espèce de chien barbette avec du poil dans les yeux et qui était plein de puces. Je me rappelle d'un jour où mon frère l'a lavé dans la baignoire avec un produit contre les puces. Les insectes flottaient à la surface de l'eau, c'était assez impressionnant.

Il y avait des puces partout dans la maison et la situation ne pouvait plus durer. Mon frère est parti au chalet avec Noireau et c'est par un coup de fusil que sa vie s'est terminée. C'était vers la fin des années 1960, je devais avoir 7 ou 8 ans.

On a creusé un trou et on a enterré le chien dans la cour du chalet. C'est ainsi que les animaux domestiques étaient euthanasiés à cette époque. Les gens ne se rendaient pas chez le vétérinaire pour des soins de fin de vie animale.

Ça peut paraître barbare aujourd'hui, mais dans le temps ça se passait comme ça.

De toute évidence, ce n'est plus comme ça aujourd'hui. À la SPCA Saguenay où je me suis rendu mardi, on héberge les animaux pour les offrir en adoption à la population. J'ai demandé à rencontrer la directrice générale, Marypier Hudon-Thériault, mais elle était dans le jus au plan administratif et n'avait pas le temps de me parler.

Pourtant, lundi, l'organisme lançait un appel à la population: «À QUELQUES JOURS D'UNE FERMETURE DÉFINITIVE, la SPCA sollicite la solidarité et l'appui financier des citoyens. En tant qu'organisme à but non lucratif, les DONS MONÉTAIRES sont la SEULE AVENUE POSSIBLE afin de permettre d'assurer la continuité des opérations», peut-on lire dans le communiqué.

Je suis allé voir ces chats en cage, ça déchire le coeur. Pourtant, je ne suis pas un amoureux des animaux domestiques, mais là, de les voir en cage, miaulant en me regardant, ça me faisait pitié. Les chats me regardaient pendant que je défilais devant eux. Ils s'approchaient du grillage en pointant leur museau entre les grilles, la gueule ouverte, en sortant leurs pattes. Je les entendais miauler «sortez-moi d'ici». Même moi qui n'aime pas particulièrement ces boules de poil, je serais parti avec une dizaine, histoire de les laisser grimper dans les rideaux quelque part dans une maison.

Ils n'avaient pas l'air mal traités, le personnel sur place semblait prendre soin d'eux, enfin si on peut prendre soin d'un animal en cage. «Ça coûte 175$ pour un chat vacciné et vermifugé», m'informe la jeune fille qui m'a fait visiter les cages à chat. J'ai dit: «Je vais revenir avec ma fille», c'est la seule raison que j'ai trouvée pour me sortir de ce spectacle.

L'organisme a lancé un cri d'alarme à la population. «Les admis-sions d'animaux ne cessent d'augmenter et le refuge a PLUS QUE JAMAIS BESOIN DE L'AIDE DE LA POPULATION afin de subvenir aux besoins des animaux sans foyer, qui dépendent entièrement du dévouement des employés, des bénévoles et de la mission.»

Ma collègue Mélissa Viau, qui connaît bien le dossier des animaux domestiques et qui signe les chroniques de Picotte et Grignotte dans Le Progrès-Dimanche, nous apprend que la SPCA Saguenay a décidé de maintenir en vie tous les chats qui entrent dans leurs locaux et que la place commence à manquer, ce qui force certains clients à retourner avec l'animal qu'il voulait y laisser. Elle pose la question: «Est-ce qu'on peut faire un lien avec l'augmentation des abandons en pleine nature?»

Une employée de la SPCA m'a effectivement fait remarquer que les gens trouvaient des chats dégriffés en pleine nature. Je me demande si ce n'est pas plus barbare que de les tuer à coup de fusil comme mon frère l'a fait avec son chien dans le temps. L'organisme offre des services importants pour la population et les animaux, mais le lieu manque un peu d'amour. La bâtisse est en décrépitude, c'est vrai que ça pue, surtout à l'accueil. Ça sent moins fort là où sont entreposées les cages, et on constate que les bénévoles et le personnel tiennent cette organisation à bout de bras. C'est difficile pour nous de juger si les chats sont mieux morts qu'en cage, mais ces gens ont vraiment besoin d'aide.

«Au nom des 125 chats et chiens actuellement hébergés à la SPCA, rendez-vous sans plus tarder au www.spcasaguenay.com/aidez-nous/don-en-ligne. MERCI DE DONNER GÉNÉREUSEMENT AFIN DE SAUVER LE REFUGE!», peut-on lire à la fin du communiqué.

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