Êtes-vous Saguenaycentriste?

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Drapeau du Saguenay-Lac-Saint-Jean... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Drapeau du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Ça prend juste des journalistes pour discuter de la question «Êtes-vous "Saguenaycentriste"?» C'est que les gens du Lac trouvent que les médias du Saguenay ne parlent pas assez des nouvelles du Lac-Saint-Jean et traitent beaucoup plus des informations du Saguenay.

Mardi soir, le chapitre régional de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec a invité des participants pour débattre de la question au restaurant Rose et Basilic d'Alma, un endroit très sympathique, en passant.

«À Saguenay, il n'y a qu'un seul canal de communication, c'est le maire Jean Tremblay et Promotion Saguenay. Toutes les nouvelles proviennent de là», a lancé Louis Arcand, animateur radio à Roberval et directeur radio pour RNC Médias.

Des enjeux chiffrés

Le débat était lancé. Radio-Canada, Le Quotidien, TC Médias et Option régions ont expliqué tour à tour leurs enjeux médiatiques avec chiffres à l'appui.

«Au Lac, il y a une trentaine de municipalités avec autant de maires et de conseils municipaux et de chambres de commerce. Ça fait beaucoup d'histoires à raconter», fait valoir Louis Arcand.

Un conseiller pour 12 000 électeurs

Mais imaginez un instant. La conseillère municipale de mon quartier représente 12 000 personnes à Saguenay. Au Lac-Saint-Jean, pour représenter 12 000 personnes, il faut de six à sept villages avec six à sept maires et 35 conseillers municipaux. On fait face à deux réalités.

Denis Trottier, ancien politicien et activiste environnemental, fondateur d'un média informatique du nom d'Option régions, constate également que Saguenay occupe plus de place dans les médias, mais il y voit aussi deux réalités.

«On commence tranquillement pas vite à faire flotter le drapeau du Lac-Saint-Jean, j'en ai un sur le toit de mon garage et on va le voir flotter de plus en plus. Le Saguenay et le Lac sont deux réalités très différentes. On est tous fiers d'être du Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais on vit dans deux sous-régions», analyse le militant du Lac qui croit tout de même à la solidarité régionale.

On sent quand même que les gens du Lac n'ont pas un grand sentiment d'appartenance à Saguenay, comme les gens de Saguenay n'ont pas un grand sentiment d'appartenance à Québec.

Sentiment d'appartenance

Une question de la chroniqueuse du Quotidien, Isabel Brochu, à savoir si les gens du Lac considèrent comme une valeur régionale importante et s'ils ont un sentiment d'appartenance envers l'UQAC, par exemple, l'université régionale? On a cru comprendre qu'il n'y avait pas beaucoup d'écho au Lac. Les institutions régionales ne sont pas aussi importantes pour eux que pour les gens du Saguenay.

«Les gens du Lac descendent au Saguenay pour magasiner, pour étudier ou pour recevoir des services de santé, mais le contraire ne se fait pas», constate Louis Arcand.

Deux solitudes

Les deux grandes solitudes ont jasé un peu, mardi soir, à Alma, entre gens des médias. Mais quand même, j'ai l'impression que six maires et 35 conseillers municipaux pour représenter 12 000 personnes, ça fait beaucoup de monde. Il y a sûrement beaucoup d'histoires à raconter, mais ça fait beaucoup de personnages dans l'histoire. Une MRC une ville, ça ferait peut-être une bonne affaire.

Dans le fond, ce que le lecteur veut, c'est une histoire intéressante. Et ça, c'est le maire de Desbiens, Nicolas Martel, qui l'a dit. «Une bonne histoire, c'est une bonne histoire, peu importe d'où elle vient. Dans les médias, il n'y a de la place que pour les choses intéressantes», a résumé le maire du village extrême.

Mon collègue Normand Boivin, chef de nouvelles, a simplement dit, comme le maire de Desbiens, «ce qu'on veut, c'est une bonne histoire à offrir aux lecteurs». Que ça se passe à Chicoutimi, à Jonquière, à Dolbeau ou à Labrecque, une bonne histoire, ça se raconte en une du journal.

Finalement, les médias sont «Saguenaycentristes», mais les histoires sont régionaux centristes.

Le maire de Saguenay a peut-être plus d'histoires à raconter que les 35 maires de village du Lac. Quand on a 152 000 habitants dans une seule ville, ça fait plus de monde pour écouter l'histoire.

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