Soucieux, mais peu généreux

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Chaque salaison de la région peut débiter entre... (Archives Le Quotidien, Yohann Gasse)

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Chaque salaison de la région peut débiter entre 100 à 200 orignaux par automne, mais une infime quantité de cette viande trouve son chemin jusqu'aux banques alimentaires, malgré l'existence d'un programme de dons créé il y a deux ans.

Archives Le Quotidien, Yohann Gasse

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / La saison de chasse à l'orignal se terminera vendredi pour l'ensemble des territoires de chasse du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les bouchers des centres de débitage de la région vont cependant continuer à faire aller leur couteau pour dépecer ces bêtes dont la venaison est de plus en plus prisée. Les chasseurs se plaisent à dire, et avec raison, qu'il s'agit de viande bio dans le plus pur sens du terme.

Le cervidé vit en liberté, il n'est pas élevé dans un endroit clos et mange des aliments naturels, alors pour la qualité, c'est difficile à battre. C'est plus que du boeuf A1. Les chasseurs en sont conscients et sont de plus en plus soucieux de conserver leur viande en bon état. «On voit vraiment une différence depuis cinq ans. Les chasseurs ramènent leur bête du bois le jour même de l'abattage ou le lendemain», indique Martin Tremblay, du Centre du gibier Martin Tremblay de Falardeau, qui prépare plus d'une centaine de bêtes chaque automne.

Pour ceux qui l'ignorent, on ne peut pas acheter de la viande d'orignal d'un chasseur, car la loi interdit la vente de gros gibier au Québec. Si vous avez l'habitude d'en acheter à votre voisin, sachez qu'il s'agit d'un geste de braconnage. Les tribunaux peuvent imposer une amende de 1825$ et suspendre le certificat du chasseur pour une période de deux ans. Vous ne pouvez pas non plus troquer de la viande d'orignal en échange de quelque chose. On ne peut pas échanger de la viande d'orignal contre une bouteille de vin par exemple, c'est illégal.

Le chasseur peut cependant donner généreusement de la viande d'orignal à qui il veut. Alors, faites attention à ce que vous faites avec votre viande de gibier, tout finit par se savoir dans ce bas monde.

Programme généreux

En parlant de généreux, il existe depuis deux ans au Québec un programme de chasseurs généreux grâce à un partenariat entre la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs et le réseau des Banques alimentaires du Québec en collaboration avec les bouchers des centres de dépeçage. Ce programme est issu d'un projet du même nom, mis sur pied en 2013 dans la région de Rimouski-Neigette et de la Mitis. Il existe dans la région depuis deux ans.

Après un petit sondage téléphonique auprès des trois centres de dépeçage de la région inscrit à ce programme, il semble que les chasseurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean ne soient pas très généreux avec leur venaison. «Les chasseurs ne sont pas au courant, il y a une petite affiche ici, mais on n'a pas vraiment le temps d'en parler avec les chasseurs. Des fois, on débite 18 bêtes par jour, alors on n'a pas le temps de sensibiliser les chasseurs», explique Marc-André Gobeil de la Salle de débitage Tremblay et Gobeil de Chicoutimi. Jusqu'à maintenant, il a mis de côté au congélateur une centaine de livres de viande que les banques alimentaires viendront récupérer.

Même son de cloche pour Bruno Tremblay du centre de coupe qui porte son nom à Saint-Honoré. «C'est un très beau programme. Je me suis inscrit l'an passé pour venir en aide aux banques alimentaires, mais jusqu'à maintenant, ça ne connaît pas un gros succès», fait valoir celui qui débite entre 150 et 170 bêtes avec son équipe de bouchers chaque automne.

«Il faut en parler aux chasseurs, sinon ils ne sont pas au courant du programme. Quand j'ai le temps, je les informe et je leur propose de faire un don. J'ai présentement 200 livres de viande au congélateur pour les banques alimentaires et je devrais finir avec 500 livres à donner à la fin de la saison de chasse», confie le propriétaire du Centre du gibier Martin Tremblay de Falardeau.

En moyenne, un orignal peut donner entre 150 et 200 livres de viande à partager entre les chasseurs faisant partie de l'expédition. Le groupe de chasseur devra payer entre 400$ et 500$ au boucher pour le dépeçage de la viande qui est débité en filet, en steak haché, en cubes pour bourguignon ou pour des fondues.

Ce programme en est à ses débuts et on verra avec le temps jusqu'où ira la générosité des chasseurs.

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