Un potentiel agrotouristique qui dort

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Les propriétaires de la Vieille ferme de Saint-Fulgence... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Les propriétaires de la Vieille ferme de Saint-Fulgence pratiquent notamment la culture de la pomme et de la citrouille.

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Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Vous avez lu avec intérêt la chronique sur les noisettes de Saint-Fulgence au début du mois de septembre. Sachez que les terres en bordure du versant nord du Saguenay pourraient produire des cultures abondantes et très diversifiées en raison du microclimat qui baigne ces terres.

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Les noisetiers de Bertrand Gravel ont retenu l'attention à la suite d'une chronique publiée dans Le Quotidien au début du mois de septembre.

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«De Tableau (entre Sainte-Rose-du-Nord et Sacré-Coeur) jusqu'aux Terres rompues, sur le bord du Saguenay, il existe des conditions climatiques qui pourraient favoriser le développement de produits agrotouristiques uniques dans la région. Déjà, on y cultive des petits fruits, des arbres à fruits comme des pommiers, des pruniers, des poiriers, des cerisiers, des noisetiers et même des vignes, mais ces terres pourraient être exploitées davantage et faire naître une industrie agrotouristique beaucoup plus abondante et dynamique», fait valoir Magella-J. Gauthier, géographe et chercheur au laboratoire d'expertise et de recherche en géographie appliquée de l'UQAC.

«J'aime penser que dans 20 ans, les terrasses en bordure du Saguenay ressembleront à celles du lac Balaton en Hongrie ou des villes de Montreux et Lausanne au bord du lac Léman, en Europe. Il y a un potentiel énorme de culture encore inexploitée», indique le chercheur qui fait connaître une nouvelle étude sur le sujet.

L'étude démontre qu'à Saint-Fulgence, l'automne (septembre, octobre et novembre) présente des températures plus chaudes que les environs, notamment quand on les compare à celles de la station météorologique de Bagotville. Les températures le matin présentent des écarts positifs favorisants Saint-Fulgence d'une valeur de 1,63 degré Celsius. La fréquence mensuelle des jours positifs est nettement plus élevée en octobre, en novembre et en décembre. En novembre, 13 jours sur 30 ont des écarts positifs.

Il y a encore de nombreuses terres en friche sur ces terrains qui embrassent le Saguenay. Le chercheur espère que dans les années à venir, les MRC et les municipalités concernées intégreront dans leur schéma de développement le potentiel agrotouristique de ces sols. «C'est la mission d'un professeur de voir plus loin. Nous avons aujourd'hui des outils de mesure qui nous permettent de démontrer scientifiquement ce microclimat favorable à l'horticulture. Il appartient maintenant aux instances politiques d'aller de l'avant pour favoriser ce genre de développement. Il y a déjà de beaux exemples de culture dans ces secteurs, mais on pourrait en développer beaucoup plus», assure-t-il.

Il est facile de prendre en exemple l'investissement de 40 millions$ pour construire un quai de croisière et des infrastructures d'accueil pour recevoir des touristes qui débarquent des bateaux. On n'ose imaginer ce qu'on pourrait faire avec des investissements de 40 millions$ dans un projet agrotoursistique pour cultiver les terres orientées vers le sud qui se font chauffer la couenne par le soleil.

Les résultats de recherches du professeur Majella-J. Gauthier commencent même à faire écho sur le marché immobilier et influencent certaines personnes quand vient le temps d'acheter une terre agricole dans la région. Ça vaudrait sûrement la peine de zoner ces secteurs et de prioriser l'agriculture. «Des terres ont été reboisées, ce qui représente des pertes de terres de qualité pour l'agriculture», fait valoir le professeur.

Les municipalités et les MRC devraient considérer cet avantage climatique dans le cadre de leur plan de développement à long terme. Ça ressemble à de la gaspille de laisser une forêt pousser là où des cultures de qualité pourraient s'installer. «À ce temps-ci de l'automne, on pourrait se rendre sur ces terres pour faire de l'autocueillette de toute sorte de produits différents. Il n'y a pas que les patates et les bleuets qui peuvent s'inscrire dans l'agriculture nordique», met en relief le chercheur.

Il me semble que ça vaudrait la peine de se pencher sur ce projet à long terme.

Ça mériterait au moins une étude du territoire pour documenter un plan de développement agrotouristique. Tient, peut-être même que les croisiéristes pourraient venir visiter ces cultures.

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