Beaucoup de fierté

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Roméo Boivin reçoit les croiséristes gracieusement dans son... (Photo Le Quotidien, Roger Blackburn)

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Roméo Boivin reçoit les croiséristes gracieusement dans son petit musée de l'automobile à La Baie depuis les quatre dernières années

Photo Le Quotidien, Roger Blackburn

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Il se passe vraiment quelque chose quand les bateaux de croisière accostent à La Baie. Il faut suivre les croisiéristes pour constater qu'en pays étranger, les plaisirs résident dans les petites choses comme regarder les enfants sortir de l'école primaire Sainte-Thérèse au son de la cloche, observer des travailleurs qui rénovent un bâtiment en manipulant une passerelle mobile, regarder des enseignes écrites dans une autre langue, regarder les marques de voitures qui circulent dans les rues. Bref, un regard de dépaysement, un peu comme on le vit lorsqu'on visite un pays étranger. Tout nous est différent, les odeurs, le climat, le paysage, les gens. C'est aussi ça que les croisiéristes s'offrent en débarquant à La Baie.

Les instigateurs du projet de quai des croisières s'étaient donné rendez-vous, jeudi, pour célébrer le 10e anniversaire de cette démarche audacieuse d'inscrire Saguenay sur le chemin des grands bateaux internationaux. Il y avait beaucoup de fierté dans leurs propos, soulignant notamment l'accueil légendaire des gens du Saguenay. Il faut l'avouer, l'anglais saguenéen est de toute beauté. «Welcome to the church, you wish you a nice day», disaient les dames à l'entrée de l'église en serrant la main, avec leurs deux mains, de chacun des croisiéristes en les regardant dans les yeux. Les touristes repartent de l'église après un petit moment de recueillement ou après avoir allumé un lampion en disant «"meurci" beaucoup».

Plusieurs croisiéristes osent un détour dans le garage de Roméo Boivin, qui collectionne depuis 60 ans des objets de toute sorte en lien avec l'industrie automobile. «Il ne passe pas beaucoup de monde, mais ceux qui viennent ici sont des gens intéressés, des gens intéressants», dit-il en accueillant ses visiteurs dans un anglais typiquement baieriverain.

Avec un peu d'humour, le directeur de Promotion Saguenay, Ghislain Harvey, a dit dans son allocution prononcée sur la petite scène de l'Agora que «les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas», faisant référence à la visite de l'UPAC dans ses bureaux mercredi matin. «Aujourd'hui, on célèbre une réussite. Saguenay fait partie d'un réseau international de destination de croisières, la troisième destination au Québec. D'ici trois ans, on devrait être en mesure de dépasser Montréal», a-t-il dit sous les applaudissements des spectateurs présents pour la petite cérémonie.

Le conseiller municipal Luc Boivin, qui représentait le maire de Saguenay, retenu à l'extérieur de la région, se rappelait ce qui se passait à La Baie il y a dix ans. «C'était morose, l'usine de pâte était fermée, on se demandait ce qui allait se passer. La fenêtre de l'hôtel de ville offrait une belle vue sur la baie des Ha! Ha! . On voyait des grands bateaux blancs entrer dans la baie et repartir après y avoir jeté un coup d'oeil. On se demandait comment on pourrait faire pour que ces voyageurs débarquent ici. C'est maintenant chose faite», a lancé Luc Boivin avec beaucoup de fierté en soulignant au passage l'indispensable participation des gens de la Fabuleuse qui sont en partie responsables des quatre grands prix internationaux de Saguenay pour l'accueil des croisiéristes.

Ce qui se passe à La Baie avec les bateaux de croisière, c'est plus qu'une affaire de quai. Le temps de quelques heures, le quartier des croisières a des allures de ville touristique internationale avec tous ces étrangers qui déambulent dans les rues. Si vous avez envie de vous dépayser un bon midi, réservez-vous une table sur une terrasse à proximité du quai et vous allez vous croire dans une autre ville. On se lamente souvent que nos centres-villes sont vides et du fait qu'il n'y a pas de monde dans nos rues. En vous mêlant aux touristes internationaux qui débarquent, vous allez vous offrir une expérience étonnante dans votre propre pays.

Vous verrez des avions sur flotte décoller sur les eaux de La Baie, un hélicoptère qui s'envole avec des touristes, des autobus nolisés avec des affiches «the best of Saguenay» en plus de marcher dans un environnement complètement reconstruit. Les fils électriques ont été enterrés, les rues sont pavées de pierre blanche et les bâtiments se sont refait une beauté. Quelques habitations manquent un peu d'amour, mais ce quartier est voué à un bel avenir. On est loin du chapiteau et des navettes des premières années de cette aventure qui ne faisait pas l'unanimité au début.

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