L'éloge du beau

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Les journées sont trop courtes pour Danièle Régnier... (Photo Le Quotidien, Roger Blackburn)

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Les journées sont trop courtes pour Danièle Régnier et Georges Fortin, deux enseignants à la retraite résidant sur le bord du lac Saint-Jean, à Métabetchouan.

Photo Le Quotidien, Roger Blackburn

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Vous savez, le genre de couple en vie commune depuis plus de 50 ans, qui aime la vie, qui aime le beau, qui ont mille et un projets et qui manque de temps à la retraite même si leur journée s'active entre 12 et 15 heures?

Je suis allé à leur rencontre, mercredi, dans leur charmante maison de bois sur le bord du lac Saint-Jean, à Métabetchouan. Le vent du nord soufflait sur la demeure, les écumes se chamaillaient au sommet des vagues pendant que le feu de cheminée calmait l'ambiance de la résidence de Danièle Régnier et Georges Fortin, deux enseignants à la retraite qui ont trop de choses à faire.

«J'ai le goût de faire plein de choses en même temps, du canot, du kayak, du jardinage, de la chasse, de la pêche, de la cuisine, de la création artistique. Je suis fébrile de nature, je tiens ça de mes parents. Le temps me manque», lance la dame souriante qui s'est découvert une nouvelle passion il y a quelques années pour la création d'accessoires en feutre textile.

Dans son petit atelier à l'étage de la maison au bord du lac, sous un plafond de bois en pente, Danièle Régnier consacre des heures à confectionner les pièces de feutre qui se transformeront en chapeau, en écharpe ou en accessoires comme des bijoux avec des feuilles de soie.

«Pour fabriquer des étoffes de feutre, j'utilise de la laine non filée que je lave avec du savon et que je frotte longuement. À l'oeil nu, ça ne se voit pas, mais si on utilise un microscope, on remarque que la laine est composée de petites écailles qui se dressent et s'emmêlent sous l'effet de la chaleur, de l'eau et du frottement», détaille l'artisane qui prépare sa collection dans le but de participer aux différents marchés de Noël à l'approche des Fêtes.

Danièle Régnier a toujours aimé la création artistique.

«J'ai enseigné l'art à l'école et j'ai touché à toute sorte de formes de création, mais j'ai vraiment trouvé ma voie avec le feutre. C'est une fibre qui sollicite tous mes sens», fait valoir la Métabetchouanaise qui a découvert cet art avec Émilie Desmeules, créations textiles: À pas feutrés, de Saint-Gédéon.

S'entourer de beau

Le couple Régnier-Fortin aime s'entourer de beau.

«Le beau c'est important. Si on veut bâtir un pays, aussi bien le faire dans la beauté», philosophe Georges Fortin, qui a «gossé» la plupart des meubles de la maison. La table du salon fabriquée à partir d'un vieux soufflet de forge est un véritable bijou de mobilier.

«Il y avait deux pouces de suie et de poussière quand j'ai commencé à le nettoyer et heureusement, le bois était de bonne qualité sous les dépôts poussiéreux», raconte-t-il.

Danièle Régnier avait passé la commande à un antiquaire qui lui a téléphoné pour lui dire qu'il avait trouvé son soufflet. «J'ai voyagé de nuit pour arriver très tôt le matin pour le récupérer», raconte-t-elle.

Une maison digne d'un musée

La maison de bois du bord du lac est digne d'un musée de l'objet. On y trouve des pièces d'antiquité, chaque chose est à sa place dans un environnement ordonné autour d'un immense foyer de brique qui rend l'endroit tellement chaleureux. Les objets sont tous en soi des oeuvres d'art qui ont été soignées par le couple.

«Quand on se donne la peine de bien faire les choses, ça influence les gens autour qui mettent aussi des efforts dans leur création. Le beau influence et nous amène toujours plus loin dans la création», ajoute celle qui a passé de nombreuses années à jardiner dans leur ancienne maison du rang Saint-Anne, à Métabetchouan.

Grand amateur de chasse, Georges Fortin a aménagé une pièce à l'arrière de la maison, pour s'éloigner du vent qui souffle dans les entrailles des murs de bois.

«C'est mon coin, c'est ici que je prends un peu de temps pour de la lecture et rêver de chasse», dit-il en montrant sa collection d'armes à feu et ses fusils de chasse aux oiseaux. Livres sur la chasse, appelants sculptés et objets d'art ornent le bunker. Il m'a montré une vieille copie du livre de Roger Baulu et quelques exemplaires du coureur des bois Jean-Yves Provencher.

Pour Danièle Régnier et Georges Fortin, la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean est un milieu de vie extraordinaire qui leur permet de vivre en totale liberté en plus de profiter des beautés de la nature qu'offrent le lac, les terres agricoles, les milieux boisés et les petits marais.

Ça fait toujours du bien de rencontrer des gens heureux.

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