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Notre chroniqueur a été étonné d'entendre l'ingénieur du... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Notre chroniqueur a été étonné d'entendre l'ingénieur du ministère des Transports, Pascal Turgeon, raconter que des automobilistes klaxonnent les travailleurs sur le chantier, leur crient des bêtises et vont même jusqu'à leur cracher dessus.

Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Chicoutimi-Nord, qu'on appelle aujourd'hui Chicoutimi secteur nord, un coin de pays séparé par une des magnifiques rivières du Québec et relié par un pont, un pont qui décourage parfois bien des gens à s'installer à demeure sur l'autre rive. Un pont qui est présentement en réparation, des travaux d'entretien qui coûteront 45 millions$ et qui se termineront en 2020.

Savez-vous ce qui m'a le plus étonné, lors de la visite du chantier de construction, lundi après-midi, outre de voir des hommes travailler encore manuellement avec des marteaux piqueurs? C'est d'entendre l'ingénieur du ministère des Transports, Pascal Turgeon, raconter que des automobilistes klaxonnent les travailleurs sur le chantier, leur crient des bêtises et vont même jusqu'à leur cracher dessus. Comme si c'était de leur faute ces travaux de réfection. Pourtant, les maîtres d'oeuvre du chantier réussissent à maintenir quatre voies de circulation pendant la durée des travaux et à contrôler le trafic sans problème en dehors des heures de pointe.

Des bons mots pour l'entrepreneur

Même Russel-Aurore Bouchard, notre historienne et polémiste bien connue, ambassadrice de Chicoutimi-Nord, qui a écrit deux livres sur l'histoire de la ville de l'autre rive, «ce village dans la ville», a des bons mots pour l'entrepreneur. «Ils ont utilisé le maximum des capacités du chantier pour maintenir une circulation à quatre voies, c'est une organisation très bien orchestrée», a laissé tomber celle qui traverse régulièrement sur l'autre rive. Elle ajoute que le seul inconvénient du pont, c'est si elle a un rendez-vous à 8 h 30 de l'autre côté, «je pars 15 minutes plus tôt».

S'il fallait qu'un Montréalais lise une chronique sur le trafic à Saguenay, je crois sincèrement qu'il aurait le goût de lui envoyer des baffes. C'est vrai, 15 minutes, c'est ça le problème de circulation sur le pont pendant les travaux. J'ai fait le parcours aller-retour sur l'heure du dîner, lundi, et du feu de circulation à l'angle du boulevard Sainte-Geneviève et du boulevard Martel (pour se rendre à Saint-Honoré) jusqu'au Costco sur Talbot, ça se roule en moins de 15 minutes.

Du fin fond de Chicoutimi-Nord jusqu'à l'autre bout de Chicoutimi, ça prend 15 minutes, on ne peut pas dire que c'est long. J'ai croisé seulement deux à trois lumières rouges. J'ai fait le même parcours en fin d'après-midi, en pleine heure de pointe, et il m'a fallu 30 minutes d'un bout à l'autre de la ville. J'ai fait du parechoc à parechoc pendant dix minutes du boulevard de l'Université jusqu'au milieu du pont, après ça, la circulation est très fluide. À mon retour sur le pont en sens inverse, vers 17 h 30, ça commençait déjà à se désengorger sur l'autre voie.

Loin de la calamité

Cette courte période nous permet d'écouter 15 minutes de radio de plus dans notre auto, c'est rien, mais que voulez-vous? Nous sommes gâtés, 15 minutes à Saguenay, c'est comme une heure à Montréal. On attendait ces travaux de réfection comme une calamité, on est loin du compte.

Le directeur général de la Chambre immobilière du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Carlos Cordeiro, confirme que les travaux sur le pont n'ont eu aucune influence sur les ventes de maison. «Du mois de janvier au mois d'août 2015, il s'est vendu 80 maisons dans le secteur nord de Chicoutimi. Pour la même période en 2016, le nombre de maisons vendues est de 78, donc à peu près la même chose», fait-il savoir.

Il ajoute même que le secteur nord de Chicoutimi connaît un intéressant développement immobilier avec l'ouverture de nouveaux quartiers, depuis quelques années. Il circule entre 45 000 et 50 000 voitures quotidiennement sur le pont Dubuc et ce chiffre continuera à augmenter. Le petit 15 minutes de ralentissement ne représente vraiment que peu de choses en termes de circulation.

Quand les travaux seront terminés en 2020, nous aurons le même pont qu'avant avec des bretelles d'accès qui faciliteront la circulation, mais ce sera le même 15 minutes de ralentissement qui dure à peine 30 minutes le matin et 30 minutes en fin d'après-midi.

Il y a cependant une décision que je remettrais en cause dans le cadre de ces travaux et c'est la démolition de la bretelle du boulevard Saguenay à la fin des travaux. Cet accès sera remplacé par une bretelle à partir de la rue Montcalm. Il me semble qu'on aurait pu la garder pour les piétons et l'aménager avec des bancs et de la verdure, comme cela se fait dans les grandes villes comme New York. L'endroit offrirait un beau point de vue sur la rivière, il me semble qu'on aurait pu mettre cette bretelle en valeur. Elle est déjà construite, c'est dommage de sacrer ça à terre. La décision a été prise par le ministère des Transports en consultation avec la ville de Saguenay.

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