L'ambassadeur et l'historien s'en mêlent

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Le chroniqueur Roger Blackburn a eu droit à... (Photo Le Progrès-Dimanche, Michel Tremblay)

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Le chroniqueur Roger Blackburn a eu droit à un cours accéléré sur l'histoire d'Arvida donné par le député Sylvain Gaudreault et l'historien Éric Tremblay.

Photo Le Progrès-Dimanche, Michel Tremblay

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Arvida au patrimoine de l'UNESCO, du calme quand même, il ne s'agit pas des pyramides d'Égypte.

Ce genre de propos que j'écrivais récemment a interpellé un des réputés ambassadeurs d'Arvida, le député de Jonquière et chef de l'opposition à l'Assemblée nationale, Sylvain Gaudreault, qui a sacrifié quelques heures d'un beau samedi après-midi d'été pour offrir une visite guidée au chroniqueur pour lui expliquer ce qu'il y a d'exceptionnel dans la ville de l'aluminium.

Il faut tout de même que je vous raconte. J'ai connu Sylvain Gaudreault il y a plusieurs années, il venait de terminer son bacc en histoire et il organisait, pour le compte de la Société historique du Saguenay, des sorties à la lanterne, en soirée, pour expliquer l'architecture urbaine des rues de Chicoutimi et son histoire.

J'avais été impressionné par les qualités du jeune homme et ses connaissances. Je me suis toujours rappelé cette sortie. J'avais l'impression après de mieux connaître ma ville. Après ma chronique sur Arvida, il m'a donc invité à découvrir le patrimoine d'Arvida en compagnie d'un de ses amis, l'historien Éric Tremblay. Comme c'est le chef de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale, on lui impose un garde du corps 24h sur 24. C'est donc accompagnés par son garde du corps que nous avons fait notre tournée.

«Il ne faut pas être gêné de conduire jusqu'à l'UNESCO un dossier de reconnaissance des trois sites des quartiers d'Arvida. Déjà, depuis 1950, des spécialistes et des architectes ailleurs dans le monde ont reconnu le caractère unique d'Arvida dans l'histoire industrielle moderne . Le site a déjà reçu le prix du Prince de Galles en gestion du patrimoine bâti en plus d'être reconnu par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada et Parcs Canada. J'ai fait visiter les lieux au ministre de la Culture, Luc Fortin, récemment pour continuer la démarche que j'avais amorcée quand nous étions au pouvoir», explique Sylvain Gaudreault qui a vraiment Arvida tatoué sur le coeur.

L'histoire commence en 1925 avec l'achat de 2400 hectares d'Alcoa qui avait vu le potentiel hydroélectrique de la région. «Duke avait construit un barrage à Isle-Maligne à Alma et il avait trop d'énergie pour ses besoins. Il connaissait Arthur Vining Davis, le président d'Alcoa et ils ont construit la plus grande aluminerie au monde», raconte l'historien Éric Tremblay.

La compagnie a ensuite construit la ville. L'historien et l'ambassadeur le rappellent. «Ils ont fait des plans et ont construit 270 maisons en 135 jours. C'est comme si on élevait une maison aux cinq heures. Plus de 800 personnes ont participé à la construction de la ville dans ce court laps de temps. Il y avait même des rails de chemin de fer au milieu des rues pour favoriser le transport des matériaux qui étaient déposés devant chaque maison. C'est un concept unique qui était cité en exemple partout dans le monde», clament les deux défenseurs d'Arvida.

Sylvain Gaudreault rappelle qu'il y avait 35 plans différents de construction de maison. «Nous avons encore tous ces plans. Si un propriétaire veut faire des rénovations en accord avec le patrimoine, son bâtiment est documenté. C'est plutôt rare, car souvent dans les vieux continents les plans des maisons ont disparu sous les bombardements ou ont été dissipés par le pillage des guerres», fait valoir Sylvain Gaudreault au sujet de cette utopie sociale qui a presque été réalisée au complet selon les plans d'origine.

«Ce qui s'est passé ici en termes d'architecture et de vision de développement de ville industrielle est unique. Arvida a inspiré d'autres villes partout dans le monde. La compagnie Alcoa à l'époque a même mis en place un système de location de maison sous forme de prêt-achat pour ses employés. En devenant propriétaires, les gens ont été plus vigilants pour l'entretien et ça continue aujourd'hui. Les propriétaires actuels veulent aller plus loin qu'une simple reconnaissance de la ville, ils veulent respecter le patrimoine bâti en lui conservant ses valeurs d'autrefois», explique Sylvain Gaudreault.

L'historien et l'ambassadeur insistent, Arvida c'est un patrimoine de classe mondiale et ils sont certains que l'UNESCO va recevoir la demande avec considération.

C'est vrai qu'une histoire expliquée est plus intéressante. La visite à laquelle j'ai eu droit mériterait d'être offerte aux jeunes dans les écoles, ça permet de comprendre bien des choses. Je pense que je vais devenir un ambassadeur d'Arvida.

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