Vive la partisanerie

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Andre De Grasse et Usain Bolt s'échangent un sourire... (PHOTO REUTERS)

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Andre De Grasse et Usain Bolt s'échangent un sourire après la course.

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Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / La fin de course en demi-finale du 200m mettant en vedette le Jamaïcain Usain Bolt et notre Canadien Andre De Grasse mercredi soir m'a vraiment fait rire et procuré beaucoup de joie dans le cadre des Jeux olympiques de Rio. Avec les images au super ralenti la dernière seconde en a duré dix et on aurait dit que les deux gars étaient en train de jaser tout en souriant à la fin de la course pendant que les autres coureurs peinaient derrière pour se qualifier.

De Grasse me donnait l'impression d'un gamin tout heureux d'arracher un sourire au meilleur de la gang qui l'a pointé du doigt en voulant dire «toé-là, mon toé, t'as pas d'allure de venir me faire des risettes en fin de course». C'est une demi-finale, les coureurs n'avaient pas besoin de pousser plus fort qu'il le fallait en fin de course, ils ont ralenti et se sont échangé des regards complices, des images qui ont fait le tour du monde et qui n'ont laissé personne indifférent.

C'est ce genre d'émotion qu'on veut vivre en regardant les Jeux olympiques confortablement assis dans son salon. On découvre des gens, on se met à les aimer sans même les avoir déjà vus avant. Lire sur les lèvres de la jeune nageuse de 16 ans Penny Oleksiak «oh my god» en se mettant la main sur la bouche quand elle a vu qu'elle remportait l'or au 100 m style libre, ça fait du bien. Les médailles olympiques de nos athlètes ça fait du bien, on aime la partisanerie des commentateurs, on devient fan.

On souffre avec eux pendant leur performance. J'ai serré les dents quand le judoka Antoine Bouchard de Jonquière se battait sur le tatami quand il a échappé le bronze. La médaille d'or de l'Ontarien Derek Drouin m'a replongé dans mes souvenirs de 1976, quand j'avais 15 ans et que j'ai vu Greg Joy récolter une médaille d'argent aux Jeux olympiques de Montréal. Tous les soirs à l'époque où Radio-Canada terminait sa programmation à la télé avec l'hymne national et des images de partout au pays, on voyait Greg Joy lever ses grands bras en l'air pour sa médaille d'argent. Dorénavant, ce sera Derek Drouin qui restera gravé dans ma mémoire avec ses sauts parfaits et ses bras en l'air en bondissant du matelas pour célébrer sa médaille d'or.

Ça fait du bien de voir Michael Phelps nager le papillon avec ses grands bras de sept pieds, c'est impressionnant de voir plonger les Chinoises, on était déçu pour Eugenie Bouchard qui s'est fait éliminer trop tôt, on voulait rêver avec elle d'une médaille.

On regarde des compétitions sportives qu'on ne daigne même pas regarder lors des compétitions mondiales parce que les Jeux olympiques ce sont les Jeux olympiques, on voit les meilleurs au monde en même temps. On se surprend à encourager les joueurs de volleyball de plage canadiens quand ils se mesurent aux Brésiliens parce qu'on vient d'apprendre que la plage de Copacabana est la capitale mondiale du volleyball de plage. J'ai même regardé un match de ping-pong en double opposant la Chine au Japon. Avouez qu'on n'écoute jamais ça une partie de ping-pong en double à la télé. Quel match spectaculaire! J'avais hâte de regarder la performance de Rosie MacLennan qui défendait son titre olympique au trampoline. Le commentateur dont le jupon dépassait un peu aimait répéter que les athlètes au trampoline réalisent 10 plongeons en moins de 20 secondes et rebondissent sur leurs jambes au lieu de tomber dans l'eau.

On serre les poings, on se tient sur le bout de notre chaise, on crie dans notre salon, on attend en fin de soirée pour voir des épreuves en direct, on vérifie l'horaire du lendemain pour savoir à quelle heure on devra se pointer devant notre téléviseur, ça goûte l'excellence et ce n'est pas juste des «pousseux de puck».

En plus, je trouve que nos Canadiens ont fière allure. Leur tenue vestimentaire quand ils montent sur le podium et leurs kits de compétition sont bien dessinés, ils ont l'air de champions, même dans la défaite. Ça fait du bien, aux deux ans, de vivre les émotions des victoires et de la compétition avec la partisanerie.

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