Bon débarras

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Des arbres ont été coupés sur le boulevard... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Des arbres ont été coupés sur le boulevard Saguenay.

Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / J'aime ça voir tomber un arbre. Ça fait trembler le sol, ça donne des frissons, un son puissant.

J'aime ça voir un bûcheron manipuler une scie à chaîne, je trouve ça beau, ça sent bon un arbre fraîchement coupé. L'odeur de la sève chauffée par la chaîne, ça sent le bran de scie ; ça ne sent pas le sirop d'érable, faut pas exagérer, mais c'est une odeur qui nous ramène des souvenirs en mémoire. Quiconque a coupé du bois dans sa vie, sait de quoi il s'agit.

À Arvida, comme un peu partout dans la région depuis une quinzaine d'années, on coupe des ormes encore cet été, ces grands arbres qui sont foudroyés par ce qu'on appelle la maladie hollandaise de l'orme. « C'est la forme la plus virulente de cette maladie que nous avons dans la région. Quand on se rend compte qu'un arbre est malade, il est déjà top tard », rappelle Diane Bouchard, de l'Association forestière du Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui a participé au premier dépistage de cette maladie en 1997 avant de céder le dossier aux municipalités qui abattent ces arbres à raison de 400 ou 500 par année, selon l'état des populations d'arbres malades.

Le propriétaire de la rue Gilbert à Arvida était bien content de voir disparaître ce vieil arbre malade sur son terrain avec un tronc gros comme un baril de 45 gallons. « Des branches sont tombées durant tout l'hiver dans l'entrée et sur le terrain. Une chance que j'avais installé un abri d'auto, sinon les branches seraient tombées sur la voiture », a fait valoir le propriétaire content de ce bon débarras. 

L'élagueur, émondeur ou abatteur, appelez-le comme vous voulez, a mis près d'une heure pour faire disparaître cet arbre mort, branche par branche. Du haut de sa nacelle, le tailleur d'arbre s'exerçait comme dans un programme de figures imposées. S'il y avait des Olympiques pour tailleur d'arbre, le jeune travailleur aurait pu prétendre à la plus haute marche du podium.

L'employé de l'entreprise Arboriculture de Beauce manipulait sa scie mécanique d'une seule main pendant qu'il ébranchait l'arbre en se déplaçant vers la cime à travers les branches. Lunette de sécurité, coquilles sur les oreilles, casque de travail, périmètre de sécurité ; chaque branche tombait au sol à l'endroit choisi par l'abatteur pendant qu'au sol des employés déchiquetaient les branches et tassaient les bûches sur le bord de la rue. J'aurais passé des heures à le regarder travailler ; la compétence, le savoir-faire et la rapidité d'exécution sont un art en soi, peu importe le métier.

« Tout le monde nous demande s'ils peuvent ramasser les bûches pour faire du bois de chauffage, mais les insectes qui causent la maladie hollandaise sont encore à l'intérieur de l'écorce et on doit mettre ces arbres aux vidanges pour éviter que la maladie se propage davantage », explique le spécialiste qui n'avait pas beaucoup de temps pour parler à un journaliste, puisqu'il y avait d'autres arbres à abattre. Les communications de Saguenay m'ont dit que le sous-traitant, qui a son siège social en Beauce et qui emploie des travailleurs de l'extérieur de la région, a une succursale à Saguenay du nom de Plantago.

La ville qui prétend faire partie du patrimoine culturel mondial de l'UNESCO procède à des activités de déboisement en coupant ces grands arbres qui ont fait sa renommée. L'abattage est le seul moyen de se débarrasser de ce cancer arboricole. Heureusement l'abattage des arbres morts est accompagné d'une politique de remplacement ou de reboisement. Donc, quand la candidature d'Arvida arrivera sur les bureaux du comité du patrimoine culturel de l'UNESCO, dans 20 ans (c'est long quand on passe par l'ONU), les nouveaux arbres auront une belle maturité quand les délégués viendront visiter cette ville qui se dit d'exception.

C'est Saguenay qui a la responsabilité de couper ces arbres malades sur les terrains publics, tandis que les propriétaires doivent s'occuper de disposer des arbres sur leur terrain. On s'assure ainsi que les mesures nécessaires sont prises pour éviter que la maladie se propage, en évitant par exemple que des bûches de l'arbre mort soient transportées au chalet pour des feux de camp et risquer de contaminer d'autres secteurs.

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