L'UNESCO quossa donne?

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Des gens d'Arvida souhaitent faire reconnaître le quartier... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Des gens d'Arvida souhaitent faire reconnaître le quartier industriel sur la prestigieuse liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / C'est une belle démarche des gens d'Arvida que de vouloir faire reconnaître le quartier industriel sur la prestigieuse liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. La ville fusionnée dans Jonquière et dans Saguenay a toujours conservé sa différence et sa particularité urbaine tant dans son histoire que dans son architecture.

C'est vrai que c'est beau et différent, Arvida, mais de là à se faire inscrire sur la liste du patrimoine mondial, on est loin de la haute marche du podium. C'est beau, mais entre nous, avec la porte fermée, ce n'est pas de calibre mondial. Allez faire un tour sur le site de l'UNESCO pour comparer un peu avec les autres sites dans le monde. Arvida a des croûtes à manger pour se faire reconnaître patrimoine mondial. Parmi les 18 sites patrimoniaux canadiens sur la liste de l'UNESCO, on retrouve le site unique de l'arrondissement historique du Vieux-Québec, la première agglomération urbaine située au nord du Mexique à recevoir cet honneur.

«Le Vieux-Québec est un site du patrimoine mondial, car il constitue un exemple remarquable de ville coloniale fortifiée. Québec est la seule ville en Amérique du Nord dont les fortifications sont encore pratiquement toutes intactes. De plus, Québec est considérée comme le berceau de la civilisation française en Amérique. La culture francophone y est présente de façon continue depuis le 17e siècle. C'est d'ailleurs cet accent d'Amérique qui permet à la capitale de se distinguer», peut-on lire sur le descriptif de l'UNESCO.

La directrice scientifique de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain de l'UQAM, Lucie K. Morisset, qui travaille sur une nouvelle monographie sur Arvida, une étude approfondie sur la cité industrielle, avait confié dans une entrevue accordée au magazine L'Actualité: «Il n'y a pas de patrimoine plus ou moins important selon qu'il est plus ou moins vieux, unique ou représentatif d'une époque, mais selon que les collectivités s'y identifient ou non... Comme c'est le cas à Arvida. Cette ville, créée à l'origine par Alcoa pour ses ouvriers et aujourd'hui intégrée à Saguenay, forme selon moi l'aménagement urbain le plus important de l'Occident au XXe siècle en raison de son envergure, de son histoire et de la qualité de son urbanisme».

Elle souligne du même souffle: «Alors que d'autres ''company towns'' [villes industrielles planifiées] comptaient trois ou quatre modèles de maisons pour leurs ouvriers, Alcoa en a fait concevoir plus de 125 pour un total de 2000 résidences. Mais ce qui importe encore plus, c'est qu'il semble en avoir découlé un lien indissociable entre les Arvidiens et leur territoire, et que la ville est devenue le siège d'une identité très forte qui subsiste encore aujourd'hui».

Lucie K. Morisset ajoute: «Quand la municipalité, à la demande de ses citoyens, a fini par protéger 733 maisons de la ville, en 2010, les gens se sont déplacés pour applaudir au conseil municipal, et certains pleuraient... C'est cette appartenance qui fait le patrimoine».

La semaine dernière, la ministre de l'Environnement du gouvernement fédéral, Catherine McKenna, a invité les Canadiens à proposer des sites d'une importance culturelle, historique ou naturelle pour le pays lors de son passage en Nouvelle-Écosse, au Paysage de Grand-Pré, le 16e site du patrimoine mondial du Canada inscrit par l'UNESCO. «Les sites qui seront ajoutés à la liste créée en 2004 des sites proposés par le Canada seront dévoilés en 2017 en honneur du 150e anniversaire de la Confédération», a expliqué la ministre.

Arvida a déjà un bon dossier, me dit-on. Il y a plusieurs recherches et documents qui décrivent abondamment les qualités de patrimoine mondial de la ville industrielle, ce qui devrait rendre la mise en candidature plus facile pour les Arvidiens qui soutiennent la démarche. La fierté des Arvidiens aurait peut-être plus de chance d'être reconnue par l'UNESCO comme patrimoine immatériel. On a rarement vu des gens si attachés à leur histoire et à leur spécificité.

Caractère unique du fjord

La reconnaissance du fjord du Saguenay comme patrimoine naturel me semble un peu plus réalisable par rapport à son caractère unique tant sur le plan historique que faunique ou géographique.

Les leaders de la région pourraient profiter de cette ouverture du gouvernement Trudeau pour soumettre d'autres sites naturels qui méritent une distinction mondiale comme la rivière Ashuapmushuan, par exemple, qui est considérée comme une rivière du patrimoine au Québec, reconnue historiquement comme la route des fourrures.

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