Trop court, quatre jours

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Le festival prépare son installation sur la rue... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Le festival prépare son installation sur la rue Racine.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / En 2003, le promoteur du Festival international des Rythmes du monde, Robert Hakim, avait dû prendre son bâton de pèlerin et récolter une à une 101 signatures de commerçants de la rue Racine, en haut de la côte, pour obtenir la permission de fermer la « main » aux automobilistes pendant une semaine. Une initiative qui ne s'était jamais faite auparavant.

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Robert Hakim

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Fermer cette rue était chose impossible. Les commerçants refusaient toutes les demandes qui priveraient leur clientèle de stationnement. Hakim a réussi à convaincre. C'est aussi grâce à cet événement que les restaurateurs de la Racine ont eu la permission d'installer des terrasses sur les trottoirs, une pratique qui n'existait pas avant les Rythmes du monde. Les gens de Chicoutimi enviaient les gens de Jonquière qui avaient de belles terrasses sur la Saint-Dominique alors que sur la Racine, il n'y avait aucune terrasse face à la rue.

Le Festival international des Rythmes du monde en est à sa 14e édition et c'est l'événement qui a permis à l'arrondissement de Chicoutimi de rester en vie pendant l'été. Des événements comme les régates, les montgolfières, la folkofête, le karting ou le Challenge Saguenay, par le passé, ont bien tenté de faire vivre le centre-ville en été sans jamais pouvoir s'y installer vraiment. Hakim a réussi à convaincre le secteur privé d'investir plus de 600 000 $ en commandites dans l'événement. Je ne connais pas beaucoup d'événements dans la région qui arrivent à trouver autant d'argent dans le secteur privé pour organiser des spectacles gratuits.

L'événement durera seulement quatre jours cette année. Il faudra voir s'ilréussira à attirer plus de 200 000 visiteurs comme par les années passées. Le promoteur se garde du jeu pour frapper fort au 15e anniversaire. 

« Nous allons éliminer complètement le déficit accumulé de 400 000 $ cet été pour repartir sur des bases solides en 2017 », m'a dit Robert Hakim qui compte bien exploiter davantage la Zone portuaire, à l'avenir, pour y installer, comme par le passé, la zone familiale et y organiser des spectacles payants sur la scène. 

« On voudrait présenter des vedettes internationales sur la Zone portuaire, mais il faut qu'on s'entende avec les gestionnaires pour établir des ententes », explique Robert Hakim qui considère que l'avenir du Festival international des Rythmes du monde passe par l'ajout de revenus autonomes de spectacles payants en plus des spectacles gratuits.

C'est dommage que les imposantes structures s'installent seulement pour quatre jours au centre-ville. Les deux scènes à chaque extrémité de la Racine pourraient accueillir des événements tout au long de l'été, comme la place des festivals à Montréal. Une fin de semaine, ce serait les Rythmes du monde, la fin de semaine suivante, ça pourrait être de la musique country ou une association avec l'arrondissement de La Baie pour un festival de musique traditionnelle, etc.

Ça vaudrait la peine d'étirer la sauce pour animer le centre-ville sur une plus longue période. Le Festival international des Rythmes du monde est le seul événement qui réussit à retenir les gens en ville en période estivale. L'effet trou de beigne est bien connu à Saguenay. Pendant l'été, le milieu urbain se vide pour peupler les milieux ruraux où sont construits des dizaines de milliers de chalets d'été. La plupart des villages doublent ou triplent leur population pendant l'été. Il n'y a que le Festival international des Rythmes du monde qui arrive à contrer l'effet trou de beigne.

Quatre jours, c'est trop modeste pour un événement d'une telle envergure. Il faut espérer que le 15e anniversaire des Rythmes du monde, l'an prochain, sera l'occasion de recommencer à voir grand et d'allonger de quelques jours la période de festivités. Quatre jours, c'est vraiment trop court. Le promoteur qui a traversé toutes sortes d'épreuves ces dernières années a encore le feu sacré. Il a encore des idées et ses yeux brillent toujours quand on parle d'événements. Il m'a dit en début d'entrevue que 75 % du travail pour organiser un tel événement est de trouver du financement et de la belle température. On lui souhaite du beau temps.

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