C'est la saison des saveurs

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Un grand moment de chaque été: quand le... (Photo courtoisie)

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Un grand moment de chaque été: quand le chocolat aux bleuets des Pères trappistes est prêt.

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Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Quand le chocolat aux bleuets des Pères trappistes de Mistassini arrivent sur les tablettes des commerçants, c'est la ronde des saveurs qui commence dans la région. J'adore.

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Les bleuets occupent le haut du pavé et seraient proclamés vainqueurs s'il y avait des Jeux olympiques des petits fruits sauvages. 

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Déjà, depuis quelques semaines, on se gave de fraises biologiques qu'on cueille au champ, pas des fraises qui ont fait des centaines de kilomètres à bord de camions de transport, non, de belles fraises juteuses de la fraisière biologique sur la route de la Pointe à Chambord. Ils ont aménagé leur kiosque dans la vieille étable qu'ils ont nettoyée de bord en bord en conservant son cachet avec quelques outils aratoires. C'est génial, en plus la maraîchère est souriante pour deux.

On a déjà brassé notre première soupe aux gourganes en plus des petits paquets de fèves jaunes attachées avec des ficelles, qu'on fait bouillir avec un morceau de lard salé entrelardé, jusqu'à ce qu'elles soient molles, comme ma vieille mère le faisait de son vivant. On remet du beurre par-dessus les fèves chaudes qu'on sale ensuite abondamment. Je sais, je sais, il ne faut pas, mais j'ai été mal élevé.

J'ai tendance à sucrer le sucre et à mettre du beurre sur le gras, je suis mal fait, j'aime ça. Je remets de la confiture aux fraises, faite maison, sur mon morceau de shortcake aux fraises de Ricardo qui occupe trop de la place dans le frigo.

Bientôt on pourra cueillir les framboises des Jardins de la Martine à Saint-André pour se faire des tartes juteuses que je vais décorer de crème glacée ou de crème douce 35% de la laiterie de La Baie, ou les deux à la fois, ça dépend.

Ensuite on va tomber dans le blé d'Inde de Métabetchouan, le meilleur au monde, disait mon défunt collègue Buddy Tremblay, qui ne manquait jamais une occasion de nous en ramener quelques douzaines au journal. On va les rouler bien chaud dans la livre de beurre qui va finir par prendre la forme des épis. On va saler abondamment pour croquer dans les pépites d'or sucré.

Les légumes frais de nos agriculteurs sont abondants dans les marchés publics ou dans les comptoirs à la ferme, j'ai l'impression de vivre dans une corne d'abondance chaque fois qu'on arrête dans les comptoirs fermiers.

C'est beau, c'est bon, les maraîchers sont souriants, le monde est content, c'est le coeur de l'été, même s'il mouille souvent, quelle belle saison, c'est juste dommage que ça ne dure pas longtemps. C'est peut-être pour ça qu'on l'apprécie tant.

Après tout ça on les attend impatiemment, semble-t-il qu'ils seront gros et abondants cet été nos bleuets. Fruit de mon enfance que j'ai cueilli en famille l'été avec mes frères et soeurs. On remplissait un coffre de voiture plein de bleuets dans des boîtes ou des paniers. On pique-niquait sur une grosse roche avec le vent qui faisait fuir les mouches. Ma mère des fois embrasait un champignon qu'elle arrachait d'un arbre pour que la fumée éloigne les mouches.

Vraiment, les bleuets, dans mon livre à moi, occupent le haut du pavé et seraient proclamés vainqueurs s'il y avait des Jeux olympiques des petits fruits sauvages. Frais sur le plant, en tarte, en confiture, dans les céréales, dans un bol de lait avec du sucre, on les mange de toutes les façons.

Il y a seulement les noisettes que je ne vois plus dans le paysage. Je ne me souviens plus de la dernière fois où j'en ai cueilli, on disait ramasser des noisettes, pas cueillir.

J'ai souvenir qu'on le faisait avec des gants et que les branches alourdies par les fruits ployaient vers le sol. On les battait sur le pavé avec de grosses poches de jute pour les éplucher. On avait le bout des doigts mauves à force d'en éplucher.

Il me semble qu'avant on voyait plein de gens sur le bord de la route qui vendaient des sacs de 100 noisettes. Maintenant on n'en voit plus, c'est à croire qu'elles ont disparu de notre environnement.

J'adore les fruits et légumes qui marquent la chaude saison, les vacances seront gourmandes. Les filets de truite mouchetée au fromage Perron fort, les filets de doré amandine (faute de noisette) de l'Ashuapmushuan ont déjà rempli nos assiettes depuis le début de la saison et ça va continuer jusqu'à l'automne.

Il ne me manque qu'une bonne tarte à la rhubarbe avec un petit pot de confiture à la rhubarbe pour faire honneur à l'été. Je vais essayer de m'en faire donner. Je connais des gens qui connaissent des gens qui en ont sur leur terrain...

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