On finit tous par prendre des photos

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La Frite mexicaine... (Photo Le Quotidien, Roger Blackburn)

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La Frite mexicaine

Photo Le Quotidien, Roger Blackburn

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / En montant au Lac-Saint-Jean, on les voit toutes sur le bord du chemin. Elles s'appellent Cri-Cri, Aline, Cantine, Casse-croûte, Cabanes à frites. Elles parfument l'air du Lac avec leur friture et font leurs affaires.

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Les visiteurs prennent des photos de tout, du petit bar l'Oasis avec des balançoires comme banc, du Mexicain qui dort avec son sombrero, du vieux petit train de tortues en métal rouillé...

Photo Le Quotidien, Roger Blackburn

Mais il y a une exception. La Frite mexicaine de Métabetchouan. «C'était pour faire différent», me raconte Mario Boily, propriétaire depuis 2003. Il a acheté la cabane à patates d'un de ses amis et a continué à jouer la touche mexicaine, non seulement avec des frites épicées, des tacos et de la bière Corona, mais avec un tas d'objets de décoration et des véhicules divers transformés en salle à manger.

Les enfants s'amusent avec de vieilles affaires et y prennent beaucoup de plaisir. Il y avait trois kids de moins de dix ans qui mangeaient leur frite au deuxième étage de l'autobus rouge de l'Angleterre qui domine le site, alors qu'un autre demandait à sa maman s'il pouvait manger dans la vieille Volkswagen.

Les visiteurs prennent des photos de tout, du petit bar l'Oasis avec des balançoires comme banc, du Mexicain qui dort avec son sombrero, du vieux petit train de tortues en métal rouillé, de la grosse crème molle en plastique, de l'agent de douane mexicain. La Frite mexicaine est une véritable attraction touristique.

Les gens de vélo, les adeptes de la moto, les campeurs motorisés, les touristes... Tout le monde arrête à la Frite mexicaine. «Il y a des jours, c'est fou raide. Quand la météo nous tape un 28 degrés, les deux plages de Métabet se remplissent de monde et à 16h, ça débarque ici. Le monde du zoo, de Val-Jalbert et du Trou de la fée arrête ici. Des fois, je perds plus de monde que j'en sers», raconte Mario Boily qui m'a reçu dans sa maison bâtie le long de la route 169, à côté de sa super cabane à patates frites.

«Pourtant, on arrive à servir tout le monde en 15 minutes quand ça déborde, mais les clients virent de bord en voyant le stationnement qui est plein», dit-il. En juillet et en août, le restaurateur estime servir plus de 600 clients par jour. Il assure que plus de 50 000 personnes passent à La Frite mexicaine de la mi-avril à la fin septembre.

Tout le mobilier est aux couleurs mexicaines. La musique, le plafond, les tables, les chaises, les murs de la salle à manger... Il y a du Mexique partout. Le premier réflexe qu'on a, c'est de dire que c'est quétaine, mais on finit tous par prendre des photos. Les enfants adorent l'endroit qui est comme un grand terrain de jeu et ils ont le sourire fendu jusqu'aux oreilles.

Les éléments de décoration les plus photographiés sont les toilettes où les cuvettes sont peintes aux couleurs du Mexique. Le propriétaire dit que sa cabane à patates frites est connue partout en province et qu'elle figure sur la liste des sites à voir dans la région pour de nombreux touristes qui se sont fait recommander l'endroit.

«On réussit même à déplacer du monde du Saguenay, ce n'est pas peu dire», lance Mario Boily avec une pointe d'ironie.

Le propriétaire passe l'hiver en Floride et au Mexique. Il a encore plein d'idées déco pour son resto, mais il n'a pas le temps de les réaliser. «Ici, ça commence à 5h du matin et je traverse dans ma maison à 23h le soir. C'est sans compter les jours où un employé ou deux ne peuvent pas rentrer au travail. On est souvent débordés, mais on arrive à servir tout le monde», explique le restaurateur qui compte une douzaine d'employés.

«J'aimerais bien embaucher des travailleurs mexicains, mais ils sont destinés aux travaux dans les champs. C'est dommage, car j'aurais du travail tout l'été pour eux», dit Mario Boily le plus sérieusement du monde.

C'est souvent dans l'originalité qu'une cabane à patates va se distinguer. Un hot-dog avec des frites, c'est difficile à rater en cuisine, alors il faut miser sur autre chose pour attirer les passants et les habitués du coin. À quand la frite italienne, japonaise, chinoise...

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