Allez leur dire «Kuei» !

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Des milliers d'Autochtones participent au rassemblement.... (Photo Le Quotidien, Roger Blackburn)

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Des milliers d'Autochtones participent au rassemblement.

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Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Je suis allé faire un tour du côté du rassemblement des Premières Nations, à Mashteuiatsh, vendredi.

Marco Collin, le comédien derrière Bill Wabo dans... (Photo Le Quotidien, Roger Blackburn) - image 1.0

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Marco Collin, le comédien derrière Bill Wabo dans Les Pays d'en haut, était présent vendredi.

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Un grand rassemblement traditionnel qui s'organise sur le bord du Pekuakami (que j'ai toujours écrit Piékouagami auparavant), le grand lac que nous avons rebaptisé lac Saint-Jean à une époque où tout ce qui devait avoir un nom commençait par saint. Heureusement, la culture autochtone nous a laissé quelques beaux noms en héritage.

En entrant dans le magasin général aménagé à l'intérieur d'un bâtiment moderne sur le site de transmission culturelle, un jeune Pekuakamiulnuatsh (un Montagnais de Pointe-Bleue pour les plus vieux), préposé à l'accueil, m'explique que la partie gauche du magasin montre quelques objets que les habitants du village pouvaient échanger contre de la fourrure à l'époque de la compagnie La Baie d'Hudson. La partie droite propose des objets promotionnels.

On jase un peu et je finis par lui demander son nom. « Je m'appelle Lenny Valin, comme les monts Valin. C'est à cause qu'on a été débaptisés, mais c'est une longue histoire », dit-il. Raconte donc ?

« C'est dans le temps de mes parents, quand les prêtres prenaient les enfants, ils les débaptisaient pour les rebaptiser à leur façon avec un autre nom. Je suis un Volant, ça vient de la Côte-Nord », me raconte-t-il sobrement. Il m'a dit qu'il avait l'intention de reprendre le nom de Volant un jour. « Mais c'est beaucoup de paperasse », laisse tomber le jeune Montagnais.

En sortant du magasin général, je tombe sur Marco Collin, le comédien de Mashteuiatsh qui joue dans Les pays d'en haut le rôle de l'Indien Bill Wabo, grand ami d'Alexis Labranche et qui déteste Séraphin. C'est lui qui animait sur la scène pendant les tests de son en après-midi pour le spectacle d'Elisapie Issac en soirée. Je l'ai pris en photo, je lui ai dit que les gens viendraient sur le site juste pour le voir et lui demander des autographes. « Je ne suis pas trop habitué à ça », dit-il en mentionnant qu'ils sont en train de tourner les images de la deuxième saison et qu'il est toujours heureux de vivre cette expérience.

La parenté commençait à arriver en fin d'après-midi, des cousins de la Côte-Nord et d'ailleurs, des milliers d'autochtones participant à ce rendez-vous annuel. Il y avait beaucoup de jeunes sur le site. On m'a rappelé que 50 % de la population ilnu est âgée de moins de 25 ans. Il y a d'ailleurs beaucoup d'enfants dans les stands des artisans, les enfants font partie de leurs activités. Comme leurs parents, les jeunes Pekuakamiulnuats ont le sourire facile, des gens qui aiment bien rire. On utilise le terme papinachois pour décrire leur tempérament rieur.

Sur le site, on trouve une vingtaine de stands d'artisans. Les capteurs de rêve côtoient les chandails Adidas, mais on y trouve beaucoup de bijoux faits à la main, des sacs à main, des trucs d'artisanat, des artistes et même de la banik (pain autochtone) à un dollar.

J'ai été surpris d'entendre comme musique d'ambiance, en après-midi, des chansons du Soldat Lebrun, d'Oscar Thiffault, Willie Lamothe et Félix Leclerc. Une petite visite dans les rues du village m'a permis de constater que la tonte des gazons n'est pas une activité traditionnelle pour les habitants du village. Ça fait plus de fleurs à butiner pour les abeilles.

Quand on parle avec les vieux de la place, ils trouvent que les jeux vidéos et les ordinateurs occupent trop de place dans la vie des jeunes. Tiens, tiens ! Dans leur temps, ça jouait plus dehors que dans la maison. Tiens, tiens.

Ils constatent cependant que les jeunes ont trop facilement accès à la drogue et à l'alcool. « On sait, nous, que le bonheur n'est pas dans l'alcool et la drogue. Le bonheur, c'est de s'en sortir et de voir grandir nos petits-enfants. »

Pour la famille Basilish, que j'ai rencontrée en avant de la scène, les activités culturelles et traditionnelles sont un bon remède pour éloigner les jeunes de leurs jeux vidéo. J'ai rencontré un jeune papa en compagnie de son oncle et de son père qui vantait les mérites de la trappe et de la pêche. « On amène les jeunes dans le bois dès l'âge de quatre ou cinq ans, ça leur fait du bien et ça permet de transmettre nos connaissances », dit-il.

Allez donc faire un tour à Mashteuiatsh, en fin de semaine. Ça éloigne les préjugés de se coller à l'autre culture, à celle de nos voisins qui ont accueilli nos ancêtres il y a plus de 400 ans et avec qui nos sociétés ont merdé un peu dans le passé.

Ils ont acheté de la publicité dans les médias régionaux pour nous inviter à les rencontrer chez eux pour le grand pow-wow. Ça vaut la peine de leur dire bonjour (Kuei). Le vice-chef vous dit : milutakushinuk (soyez les bienvenus) !

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