Ici, c'est de l'or

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Les gens se baignent encore dans la rivière... (Photo le Quotidien, Roger Blackburn)

Agrandir

Les gens se baignent encore dans la rivière du Moulin comme on le faisait il y a 40 ans et comme l'ont fait nos grands-parents dans le temps.

Photo le Quotidien, Roger Blackburn

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Un mardi de 30 degrés Celsius, c'est un phénomène rare au Saguenay. Question de voir comment le monde se rafraîchit, mon patron me suggère d'aller voir au parc de la Rivière-du-Moulin si les jeunes se baignent encore dans la rivière comme on le faisait, adolescent, au pied des chutes, en se glissant sur les roches gluantes.

J'ai eu la brillante idée d'y aller en vélo de montagne. Vous savez, ce vieux vélo avec des toiles d'araignée qui traîne au fond de la remise depuis trois ans, avec le frein arrière qui ne fonctionne plus et le dérailleur qui saute une coche de temps en temps. Il faisait un peu chaud pour faire du vélo dans le bois, mais ça m'a permis de redécouvrir ce terrain de jeux municipal qui attire plus de 100 000 personnes par année.

La première dame que j'ai rencontrée revenait d'une escapade en kayak sur la rivière. « C'est de l'or, ici. C'est à 15 minutes de la maison, c'est magnifique, nous sommes chanceux de pouvoir jouir d'un si bel endroit dans la nature en pleine ville », me lance-t-elle pendant que la rivière bouillonnait derrière elle.

En plein mardi, en début d'après-midi, il y avait une centaine de véhicules sur le stationnement. Tout le long des sentiers, on rencontre des familles qui pique-niquent, des parents qui promènent les enfants, des couples qui marchent avec leur sac de plage, des coureurs, des cyclistes, des randonneurs, des gars qui s'improvisent une terrasse en plein air et qui sirotent une bière en regardant la rivière, des ados qui fument du pot dans le sous-bois et des baigneurs.

Oui, les gens se baignent encore dans la rivière du Moulin comme on le faisait il y a 40 ans et comme l'ont fait nos grands-parents dans le temps. L'endroit séduit encore avec ses gros rochers qui font bouillonner l'eau avant de s'allonger sur la plage.

J'ai été surpris quand même de voir une trentaine de personnes sur la plage. Je m'attendais à y trouver une dizaine d'ados, mais il y avait aussi des familles avec de jeunes enfants et des adultes qui lançaient le bâton à leur chien dans l'eau. Évidemment, quelques chiens n'étaient pas en laisse. Faut croire qu'on se permet quelques libertés dans l'eau. C'est moche pour les gens qui n'aiment pas les chiens et qui doivent endurer les cabots qui courent autour d'eux en sentant leurs pieds... Il y avait aussi des jeunes filles qui se faisaient bronzer.

Eh oui, les ados se glissent encore dans les chutes et se lancent dans les bouillons d'eau pour se laisser porter par le courant, une activité qui comporte certains risques, mais qui procure beaucoup de plaisir. Le parc de la Rivière-du-Moulin est un véritable joyau pour les citoyens qui l'adoptent, un endroit idéal pour profiter du bord de l'eau par un 30 degrés.

Des fois, je me surprends à rêver d'un parc aménagé avec une grande tyrolienne au-dessus de la rivière comme au Trou de la fée, à Desbiens, ou encore avec des aménagements permettant de descendre la rivière en tube sur toute sa longueur jusqu'au Saguenay. Et pourquoi pas des belvédères en verre près des chutes comme à Val-Jalbert, ou des rangées de Bixi de montagne à louer pour découvrir le parc et des blocs sanitaires pour remplacer les toilettes chimiques?

C'est bien comme endroit. Le site est propre, bien entretenu, et la signalisation est adéquate. On y trouve des bancs de parc et des tables à pique-nique à plusieurs endroits, même des toilettes chimiques pour dépanner les randonneurs. Il y a des sentiers larges en gravier et des sentiers sauvages dans les sous-bois, un pavillon d'accueil très moderne avec du personnel et des services, mais ça pourrait être beaucoup mieux.

Le caractère sauvage de l'endroit est sa principale qualité, mais on aurait avantage à exploiter toute la longueur de la rivière, de son embouchure sur le Saguenay jusqu'à Laterrière. Je sais que des organismes comme les Verts boisés du fjord et les comités de bassin versant ont des projets sur les tables à dessin pour développer davantage cette rivière qui traverse la ville du nord au sud. Les développeurs et les idéateurs attendent une nouvelle vague d'élus à Saguenay pour faire avancer leur dossier.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer