Contre l'obscurité

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C'est dans le décor enchanteur de Sainte-Rose-du-Nord que... (Photo courtoisie)

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C'est dans le décor enchanteur de Sainte-Rose-du-Nord que se déroulera la deuxième édition du festival Virage, fabrique d'idées, du 30 juin au 3 juillet. Invoquant le ''buzz'' qui s'est manifesté dans les derniers jours, le comité organisateur a confiance d'attirer plus de participants qu'en 2015, alors que 300 personnes s'étaient inscrites.

Photo courtoisie

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Le petit village de Sainte-Rose-du-Nord, au coeur du fjord du Saguenay, se prépare à affronter une tempête d'idées, en fin de semaine, à l'occasion du festival Virage, un événement pour réfléchir, échanger, discuter, créer, rencontrer, débattre et faire émerger de nouvelles idées.

Marielle Couture, graphiste et organisatrice d'événements, villageoise de Sainte-Rose et mère de trois enfants, a décidé, avec trois de ses amis, d'agir dans son milieu au lieu d'observer où on s'en va comme société. «Nous sommes en crise présentement, en crise alimentaire, économique, climatique, écologique et politique. On veut partager des idées non pas pour savoir comment arrêter ces crises, mais pour savoir comment vivre avec. Nous n'arrêterons pas les changements climatiques, mais il faut réfléchir pour se préparer à les affronter», résume celle qui n'aime pas les étiquettes de gauche ou de droite, mais qui consacre beaucoup d'énergie à s'indigner sur les réseaux sociaux et sur son blogue Mauvaise herbe.

L'événement, qui se tiendra en plein milieu d'un champ agricole, se traduira par des conférences, des ateliers, des tables rondes et une foire du changement, sans oublier les performances artistiques, les soirées musicales endiablées et les ateliers pour les enfants. «J'ai été élevé par un marxiste. Mon père était membre du FLQ. Il a quitté le Québec pour fonder une cellule à Régina en Saskatchewan où je suis née. J'ai grandi dans un environnement de revendication et de lutte. Je suis une citoyenne qui choisit de s'impliquer dans sa communauté pour voir comment on peut amorcer des changements au lieu de rester assise à regarder ce qui se passe», raconte cette fervente de la discussion qui se nourrit intellectuellement de l'opinion des autres.

«Je sais bien qu'on ne peut pas changer le monde si on fait seulement du compost dans le fond de notre cour. Alors on s'est dit qu'en invitant du monde pour jaser de transition, d'environnement, de réchauffement climatique, de démocratie, d'innovation sociale, de politique, d'économie ou de féminisme, c'est peut-être une façon de faire germer des idées dans la tête des gens qui les porteront ensuite dans leurs actions sociales, économiques ou politiques. Je crois que c'est par les gens que passent les changements et c'est ce que nous voulons faire dans notre petit milieu», explique celle qui se qualifie d'humaniste. Elle dit d'ailleurs ne réprimer aucune opinion, mais revendique le droit d'en discuter et d'avoir des explications.

«L'humanité est en transition et les changements à l'issue de ces transitions sont inconnus, on ne sait pas de quoi sera constitué cet effondrement qui s'en vient, mais on peut tout de suite prendre des décisions pour nous adapter à ces changements», philosophe Marielle Couture qui se dit un peu nerveuse avant le début de se rassemblement socio-politico-culturelle.

Tout ça se déroulera dans le décor bucolique du village roserain. Les organisateurs ont un peu la broue dans le toupet, car ils sont seulement quatre personnes pour organiser l'événement avec une soixantaine de bénévoles. Le Forum social mondial 2016 qui se tiendra à Montréal en août visitera l'événement, ce qui donnera encore plus de crédibilité à la rencontre. Des conférenciers comme Jean-Martin Aussant, le professeur des HEC Yves-Marie Abraham qui dirige une chaire de recherche sur la décroissance versus le développement durable et Jonathan Durand Folco, qui s'intéresse à l'écologie politique, la démocratie délibérative et participative, et la philosophie de la ville, animeront les discussions.

«Il se produit un clash quand les universitaires débarquent dans notre champ de vache pour participer à un chantier de discussion. Souvent ça prend deux ou trois coupes de vin pour les dérider un peu. Ce n'est pas évident pour eux de se taper trois heures de routes bordées d'épinettes pour se retrouver sous le chapiteau dans un petit village au bout du monde. Mais les discussions s'animent quand on regarde les étoiles, ça fait changement des discussions urbaines», assure celle qui a choisi Sainte-Rose-du-Nord comme milieu de vie.

Les enfants feront également partie de l'événement. «Julie Filiatrault, qui gère un CPE alternatif à Jonquière, nous a préparé un document de bienveillance pour les enfants avec plein d'idées géniales qui ne coûtent rien et qui facilitera l'intégration des jeunes dans notre événement. Je suis mère de trois enfants et il faut que nos jeunes fassent partie de nos activités de réflexion», insiste Marielle Couture.

Lors de la première édition de l'événement l'an dernier, un groupe d'animateurs avait demandé aux enfants présents de prendre position pour ou contre quelque chose et d'en parler entre eux. «J'entendais des voix d'enfants au loin dans le village qui manifestaient et qui scandaient ''contre l'austérité''. Je me disais ''non, non, non, qui a mis ces idées-là dans la tête des enfants''. Je suis sortie pour avoir des explications quand j'ai vu sur des affiches que les enfants, en réalité, manifestaient contre ''l'obscurité''. J'ai bien ri finalement», de conclure Marielle Couture qui continue de changer le monde.

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