Jello Musique, le DJ party

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Jello Musique célébrait ses 30 années à titre... (Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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Jello Musique célébrait ses 30 années à titre de disquaire, vendredi, à sa boutique des Galeries Lac-Saint-Jean, le seul de sa race à survivre dans cette aire de la musique numérique.

Le Quotidien, Gimmy Desbiens

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / «Les gens ne veulent plus seulement danser, ils veulent faire le party. Quand je fais jouer une chanson et que les gens quittent la piste de danse, je ''flush'' la pièce musicale en moins de dix secondes et j'en pousse une autre. Si ça ne suffit pas, je saute sur la piste de danse et je fais lever le party.»

Jello Musique célébrait ses 30 années à titre de disquaire, vendredi, à sa boutique des Galeries Lac-Saint-Jean. Il est le seul de sa race à survivre dans cette aire de la musique numérique.

«C'est parce que je suis DJ les fins de semaine que je me tire d'affaire, sinon ça ferait longtemps que j'aurais fermé boutique», exprime clairement le personnage qui animait la clientèle dans son magasin dès la première minute d'ouverture. Demandez à quiconque a vécu une soirée musicale avec Jello et ils vous diront que ce fût un feu roulant de trois ou quatre heures sur la piste de danse.

Le photographe du Quotidien, Gimmy Desbiens, qui a accompagné Jello à quelques reprises lors des partys musicaux sur le bateau La Tournée, en témoigne. «Je ne suis pas du genre à bouger beaucoup dans ce genre de soirée dansante, mais avec Jello, on ne peut pas faire autrement. On se laisse entraîner et on se rend compte qu'on est debout sur une table à festoyer comme un malade.»

J'ai vécu l'expérience une fois et toute la clientèle du restaurant s'est retrouvée sur la rue Racine à faire le train en bloquant le trafic. La police était venue nous remettre à l'ordre. Ses soirées musicales sont mémorables. «Une demande spéciale avec moi, ça prend dix secondes avant de l'entendre. Je suis à l'écoute des gens. Il n'y a pas une soirée semblable. Des fois ça vire country, des fois ça vire en danse en ligne, des fois ça vire aux années 1980, ça dépend de ce que le monde a le goût d'entendre», fait valoir celui qui a commencé à l'âge de 11 ans à organiser des soirées disco. «J'avais une étoile fabriquée avec des globes de Noël que je faisais flasher avec un bouton on/off. J'ai toujours eu du plaisir à faire ça.»

Son vrai nom est Angelo Villeneuve. Il a déménagé sa boutique à huit reprises. Sur une tablette, on peut voir des CD des Jérolas, d'Atchoum le clown et de Shania Twain côte à côte, ce qui traduit bien la personnalité du propriétaire du magasin de disques qui va dans tous les sens, des dernières nouveautés jusqu'aux disques les plus quétaines. Des affiches autographiées et des disques avec des dédicaces d'artistes ornent les murs du magasin jusqu'au plafond.

Jello est présent dans sa boutique six jours sur sept. «Mon secret, c'est que quand je travaille, je ne travaille pas, je m'amuse. J'aime le monde et mon sport, je le fais les fins de semaine en sautant avec le monde sur les pistes de danse», explique le grand-père qui a pris une pause lors de l'entrevue pour répondre à son petit-fils qui lui téléphonait de Montréal pour lui souhaiter un bon 30 ans.

Il dit à la blague que son comptable lui interdit de prendre sa retraite, car son inventaire est trop imposant. «En 2013, j'ai décidé de vendre ma collection de disques vinyle. J'avais 5000 disques dans un entrepôt et la première année, j'en ai vendu 800. J'en vends encore une dizaine par semaine», détaille le roi des partys musicaux qui ferait encore la barbe à bien des jeunes du haut de ses 56 ans.

Il dit qu'il s'est calmé au cours des années et qu'il ne grimpe plus sur les tables, mais il se trouve toujours quelqu'un pour raconter la fois où il a vu Jello debout sur le toit de la capitainerie du bateau La Tournée sur le lac Saint-Jean ou en train de capoter en animant la danse du poteau.

Jello est un hyperactif, mais sans trop de déficits d'attention. Il accorde des entrevues, reçoit ses clients, cherche un disque, trouve l'Heptade d'Harmonium (qui fête ses 40 ans cette année) pour une photo et met la main sur le CD des 2Frères (sous la férule de Mario Pelchat) et grimpe sur un escabeau à la demande du photographe. Toujours souriant, je le crois quand il dit qu'il est passionné pour son métier. On n'en trouve plus des gars comme lui qui résiste aux envahisseurs modernes et qui continue à vendre de la musique dans une boutique qui n'est pas en ligne, sur CD ou sur vinyle. Dans sa collection, il compte de véritables bijoux.

J'en étais à ma première visite chez Jello Musique et je crois sincèrement qu'elle devrait faire partie du guide touristique du Saguenay-Lac-Saint-Jean. C'est un détour qui vaut la peine, à la fois pour rencontrer Jello et pour découvrir sa musique.

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