Pour un 24 mai autochtone

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La communauté autochtone de Mashteuiatsh était ici l'hôte,... (Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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La communauté autochtone de Mashteuiatsh était ici l'hôte, en 2011, du cinquième Grand rassemblement des Premières nations.

Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Si j'étais un autochtone de Mashteuiatsh, je demanderais au gouvernement du Québec de changer le nom du congé de la fête des Patriotes pour la fête des Montagnais. Il me semble que les Premières Nations mériteraient un congé national pour célébrer la rencontre entre Samuel de Champlain avec le chef montagnais Anadabijou à l'embouchure du Saguenay, à Tadoussac, au mois de mai 1603.

Le 24 mai 1603, Champlain s'ancre dans la baie de Tadoussac et rencontre le chef montagnais Anadabijou le 27 mai, lors d'une grande «tabagie» où ils ont fumé le calumet de paix au milieu d'une rencontre avec des centaines de guerriers. On dit que cette rencontre est la base des relations entre les Français et les Montagnais qui ont conclu une alliance entre les deux peuples.

Il me semble que ce serait une belle occasion pour tenir une semaine d'activités nationales pour faire connaître l'histoire autochtone au Québec et informer la population sur ce qu'ont été et sur ce que sont les relations entre les Québécois et les autochtones.

On enseigne peu de choses dans nos cours d'histoire sur la relation entre ces deux peuples. On a retenu que les Blancs sont arrivés en Amérique et que les Amérindiens se sont fait tasser. Ceux de ma génération et de la génération précédente se sont fait laver le cerveau par Hollywood avec leurs nombreux films sur les Amérindiens à plumes qui tiraient à l'arc sur la cavalerie dans de longs épisodes de la conquête de l'Ouest.

Pour le reste, on sait que les Européens ont échangé des miroirs et des fusils contre des peaux de fourrures. Nous avons découvert récemment ce qu'ont été les pensionnats canadiens pour autochtones avec la Commission vérité et réconciliation. Des jeunes adultes m'ont demandé, quand ils ont suivi l'actualité sur cet aspect de notre histoire, «comment ça se fait qu'on ne savait pas ça?». Nos relations avec les autochtones ne sont pas enseignées à l'école.

Il me semble que le 24 mai devrait être consacré Journée nationale des autochtones au Québec. On pourrait profiter de ce moment pour sensibiliser la population, comme on le fait pour la Journée de la femme alors que la condition féminine occupe les tribunes médiatiques et donne la parole aux femmes pour faire le point sur le féminisme et la condition des femmes partout dans le monde.

Je sais que la Journée nationale des autochtones (National Aboriginal Day) célébrée le 21 juin rend hommage au patrimoine, à la diversité culturelle et aux contributions des Premières Nations, des Inuits et des Métis au Canada, mais avouez qu'on n'a jamais célébré cette journée nationale. Le Québec devrait avoir sa propre fête des autochtones, une relation qui a marqué et qui n'a pas fini de marquer notre histoire.

Lors de la rencontre de Champlain avec les Montagnais à Tadoussac, le navigateur français a eu une discussion avec un autochtone qui revenait de France. Le Montagnais a raconté le pays qu'il a visité et sa rencontre avec Henri IV. Lors de ce même voyage, Champlain a aussi rencontré le chef innu Begourat qui leur a confié son fils pour lui faire visiter la France.

On sait trop peu de choses sur les relations autochtones avec les Québécois. On sait qu'il y a des négociations pour une entente commune, on sait que les autochtones revendiquent des droits et des terres, on sait que des drames ont lieu régulièrement chez les populations autochtones et que les relations avec les forces policières du Québec sont teintées par des scandales de nature sexuelle, mais ça c'est que nous apprend l'actualité. Nous avons besoin d'apprendre notre histoire pour mieux comprendre les enjeux modernes entre nos nations.

Je suis convaincu que la rencontre de Champlain à Tadoussac représente une belle occasion pour se retremper dans notre histoire trop longtemps mal racontée.

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