Dézipper est enfin dans le dictionnaire

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Plusieurs nouveaux mots se sont ajoutés dans les dictionnaires de la langue française.

Archives, La Presse

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / C'est toujours un plaisir de voir arriver les nouveaux mots de l'année dans les dictionnaires Larousse et Petit Robert.

Les deux bibles de la langue française ont dévoilé lundi les nouveau-nés acceptés dans la famille linguistique. La nouvelle cuvée témoigne de l'évolution de nos sociétés, des nouveautés technologiques et des tendances. La plupart de ces mots sont utilisés dans le langage verbal depuis des années par les gens qui sont les auteurs de ces néologismes.

Dans les 150 nouveaux mots déclinés par le Petit Robert et le Larousse, on y trouve plusieurs termes en lien avec les préoccupations environnementales comme covoiturer, climatosceptique (personne qui met en doute les théories les plus répandues concernant le réchauffement climatique), écoconduite (ensemble des pratiques qui rendent la conduite d'un véhicule à la fois plus économique et plus respectueuse de l'environnement), particule fine (polluante et suspendue dans l'air, d'un diamètre inférieur à 2,5 micromètres) ou recyclerie (centre communautaire de récupération et de recyclage d'objets, revendus à prix modique). Ça m'étonnerait beaucoup qu'on finisse un jour par remplacer l'anglicisme marché aux puces par ce terme, mais enfin on sait qu'il existe.

Il y a aussi des mots plutôt rigolos. J'imagine mal les déneigeurs de Saguenay demander à leurs employés d'installer des potelets (petits poteaux) devant les entrées d'autos pour identifier leurs clients en période hivernale, tout comme Martin Matte qui présenterait son nouveau seul-en-scène (le mot français pour «one-man-show»).

Il y a aussi des mots dont j'ignorais l'existence comme fanfiction, ou fanfic (un récit que certains fans écrivent pour prolonger, amender ou même totalement transformer un produit médiatique qu'ils affectionnent, qu'il s'agisse d'un roman, d'un manga, d'une série télévisée, d'un film, d'un jeu vidéo ou encore d'une célébrité).

Le mot mook (pour magazine/book, revue entre le magazine et le livre), un autre terme dont je n'avais jamais entendu parler, tout comme arty (qui a des prétentions artistiques, qui se veut d'avant-garde) ont également fait leur apparition.

L'apport de l'informatique

L'informatique amène son lot d'expressions chaque année. On retrouve déréférencement (la disparition d'un sujet dans les résultats des moteurs de recherche en ligne), troll (un internaute qui empoisonne les débats sur Internet avec des remarques inappropriées ou provocantes) ou encore émoticône. On retrouve aussi les termes youtubeur (quelqu'un qui diffuse ses vidéos sur YouTube) et twittosphère (qui qualifie l'environnement des utilisateurs de Twitter). Le mot nomophobie surprend beaucoup, mais concerne plusieurs personnes puisqu'il exprime la dépendance aux téléphones portables. Ubérisation (nouveau modèle économique lié à l'économie digitale qui menace et remet en cause rapidement un vieux modèle) a fait une entrée rapide dans le dictionnaire en raison de sa présence médiatique intense. Le verbe geeker fait désormais partie du vocabulaire (un geek est celui qui passe beaucoup de temps sur son ordinateur).

La cuisine influence aussi la langue française avec les nouveaux termes comme le yuzu (agrume japonais), le pho (bouillon vietnamien) et le wrap (galette de blé ou de maïs) qui assaisonnent le dictionnaire à leur façon. L'apparition du mot viandard (un adepte de la viande) me rappelle qu'on a toujours utilisé dans la région le mot viandeux (pour dénommer un chasseur qui dépasse ses limites réglementaires pour ramener du gibier dans son congélateur).

Mon préféré, qui me fait un peu rire, est le mot matinaliers, le mot français pour définir les «morning man» de la radio. Ça ferait un beau titre d'émission pour Radio X pour faire rire leurs détracteurs.

Le cinéaste montréalais Xavier Dolan, Victor-Lévy Beaulieu et la dramaturge Suzanne Lebeau seront sûrement heureux de se retrouver dans le Larousse des noms propres. Les Québécois seront aussi contents de voir le très utilisé dézipper (pour fermer une fermeture éclair) faire son entrer dans le Larousse ainsi que l'expression sans-allure (qui fait preuve d'un manque de discernement ou de savoir-vivre, qui se conduit de manière stupide ou discourtoise). On dit plus un pas-d'allure, mais on leur pardonne.

Les mots québécois balado, abréviation de baladodiffusion («podcast»), téléverser et traversier («ferry») font aussi parties du grand monde des mots.

Le Petit Robert sortira en librairie le 19 mai et Le Petit Larousse le 26 mai.

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