Exit baby boomers

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CHRONIQUE / Les sociologues les appellent les milléniaux et ils s'apprêtent à... (Photo 123RF)

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Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Les sociologues les appellent les milléniaux et ils s'apprêtent à détrôner les baby boomers comme les rois de la société, ceux qui vont dicter les tendances pour quelques décennies à venir. Ils sont âgés entre 19 et 36 ans et n'ont pas les mêmes valeurs que les générations précédentes. On dit d'eux qu'ils vont révolutionner le monde du travail. Ils ont déjà commencé à révolutionner le commerce au détail avec leurs achats en ligne, et les agences de publicité s'intéressent à eux, car en 2020, ils représenteront la majorité des travailleurs actifs et seront plus nombreux que les baby boomers. Ils sont plus de deux millions au Québec présentement.

Enfin, les boomers achèvent leur règne d'influence sur la société, mais je ne suis pas certain qu'on va changer pour mieux. Les employeurs, des boomers pour la plupart, commencent à en avoir plein le dos de ces jeunes travailleurs qui ne se défoncent pas nécessairement au boulot.

Sur le site du journal Les Affaires, le chroniqueur Olivier Schmouker cite une enquête Gallup qui dépeint cette nouvelle race: «Les milléniaux vont changer le monde. Et ce, encore plus que toutes les autres générations ne l'ont fait avant eux».

Au travail, ils ne veulent pas avoir un boss, mais un coach qui les comprend, les soutient et les conseille, ils veulent s'épanouir, pas performer. Ils ont grandi avec les médias sociaux et veulent recevoir des commentaires en direct et souvent en regard à leur travail. On n'est pas sortis de l'auberge et la table est mise pour de beaux conflits intergénérationnels, car les patrons actuels n'aiment pas trop trop guider leurs employés par la main parce qu'eux, ils ont appris à la dure et leur méthode s'apparente plus à: «vous l'avez subi, faites-leur subir».

Plusieurs patrons considèrent d'ailleurs le coaching comme du maternage. Les dirigeants n'auront cependant pas le choix de s'adapter, car la génération M préfère développer ses forces au lieu de combler ses lacunes. Ils veulent que leurs talents soient mis en valeur au lieu de simplement travailler pour gagner leur vie.

Stéphane Parent, d'Ici Radio-Canada internationale, estime que «la montée des consommateurs milléniaux envoie une onde de choc dans tout le commerce au détail puisque ces jeunes gens consomment de manière pas toujours très bien comprise et appréciée des détaillants».

Les agences de publicité cherchent comment les atteindre. «Leurs valeurs profondes sont la joie, la passion, la diversité, la générosité et le goût de l'aventure», selon la blogueuse Justine Voyer de Ludis Media.

Certains observateurs vont jusqu'à dire que pour la première fois, la génération précédente aspire à être comme la génération qui suit. Les boomers commencent à envier les valeurs des jeunes et souhaiteraient y accéder. Ça veut dire que les 40 ans et plus vont aimer le magasinage en ligne, vont préférer un emploi moins payant s'ils peuvent développer leur plein potentiel, vont préférer vivre des expériences enrichissantes au lieu de posséder des biens de consommation, vont dévoiler facilement leur salaire et vont demander sans gêne à un ami combien il gagne par année et vont accepter d'être infidèles à des marques de commerce.

C'est une méchante bibite qui nous arrive dans les pattes. Ils sont hyperbranchés, leur vie se partage dans un téléphone mobile et ils n'aiment pas la hiérarchie et tout ce qui est imposé par les plus âgés. Ils veulent établir eux-mêmes leur horaire de travail et veulent se sentir impliqués dans le développement de leur entreprise.

Je ne sais pas si cette nouvelle génération est une bonne nouvelle. Ils ne lisent pas les journaux, n'écoutent pas la télévision et s'informent essentiellement sur Facebook et autres médias sociaux. Ce serait eux les responsables de la popularité de Donald Trump qui fait campagne chez les républicains aux États-Unis. Ils ont tendance à plus écouter leurs émotions que leurs réflexions.

J'ai bien hâte de voir vers quoi ils vont orienter la société en 2020. Vous pouvez parier que leurs initiatives vont passer par le téléphone mobile qui est devenu un prolongement de leur intelligence. Je ne suis pas trop déçu que les boomers laissent enfin leur place, ça va faire du bien un peu de changement.

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