À qui le Monstre de Matane?

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À l'époque, une vidéo virale sur YouTube, tournée... (Photo tirée de YouTube)

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À l'époque, une vidéo virale sur YouTube, tournée par un cinéaste amateur, circulait depuis plusieurs mois, montrant les images d'un orignal au panache exceptionnel, une ramure de 60 pointes d'une forme atypique. La bête faisait déjà rêver plusieurs chasseurs.

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Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Jamais un panache d'orignal n'aura été aussi célèbre. L'affaire a débuté lundi, devant le tribunal au Palais de justice de Québec, après une saga de quatre ans. La dispute vise à savoir à qui appartient un panache d'orignal qui vaudrait plus de 200 000$.

À l'époque, une vidéo virale sur YouTube, tournée... (Photo tirée d'Internet) - image 1.0

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À l'époque, une vidéo virale sur YouTube, tournée par un cinéaste amateur, circulait depuis plusieurs mois, montrant les images d'un orignal au panache exceptionnel, une ramure de 60 pointes d'une forme atypique. La bête faisait déjà rêver plusieurs chasseurs.

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À l'automne 2011, le chasseur Jérémy Boileau se rend dans la Réserve faunique de Matane, en Gaspésie, pour chasser l'orignal avec des membres de sa famille. Il retient les services d'un guide de chasse de la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), Claude Lavoie.

Une vidéo virale sur YouTube, tournée par un cinéaste amateur, circulait depuis plusieurs mois, montrant les images d'un orignal au panache exceptionnel, une ramure de 60 pointes d'une forme atypique. La bête faisait déjà rêver plusieurs chasseurs.

Pendant la saison de chasse, le chasseur Jérémy Boileau se retrouve face à face avec la bête lumineuse qui porte déjà le nom du Monstre de Matane. Le chasseur tire un coup de feu et le trophée court se réfugier dans la forêt après avoir reçu une balle de carabine.

Le chasseur et le guide cherchent la bête au panache sublime pendant plusieurs heures (trois ou quatre, selon les versions), sans le retrouver. Ils cessent les recherches, considérant la bête comme perdue, et reprennent leur activité de chasse. Le lendemain, le chasseur abat un autre orignal et ramène la venaison à la maison. Fin de la partie de chasse.

Deux jours plus tard, le guide de la Sépaq retrouve l'animal mort dans la forêt et conserve le fameux panache monstrueux. Les bois exceptionnels de la bête vaudraient plus de 200 000$ selon des experts. Mario Bilodeau, de l'entreprise 3 M de Normandin, assure qu'il pourrait vendre facilement ce trophée entre 50 000$ et 100 000$ à ses clients collectionneurs, mais que le prix pourrait grimper davantage dans une vente aux enchères.

À l'hiver 2012, des gardes-chasses ont rencontré le chasseur relativement à cette histoire alors que le fameux panache aurait fait l'objet d'une vente. Le panache est gardé aux bureaux de la protection de la faune de Matane après une requête en confiscation du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Apprenant la valeur du panache de l'orignal qu'il a abattu, le chasseur a décidé, en mars 2012, de déposer une plainte civile de 96 000$ en dommages et intérêts contre le guide, faisant valoir que l'employé de la Sépaq avait tenté de vendre «illégalement» le panache, en plus de réclamer la propriété du panache.

Le guide a déposé une poursuite de 275 000$ pour atteinte à sa réputation contre le chasseur (cette cause est en attente). Les procédures se sont multipliées pour savoir à qui appartient le panache. Un premier jugement a acquitté le guide en 2012, mais le DPCP a porté la cause en appel. Le procès a commencé lundi au Palais de justice de Québec.

En plus du chasseur et du guide, la Sépaq réclame les bois de l'animal, car il a été abattu sur son territoire.

Le juge devra trancher pour déterminer à qui appartient le trophée. On se retrouve devant un chasseur qui n'a pas retrouvé l'orignal qu'il a tué après des heures de recherche. Un guide a trouvé l'animal mort deux jours après. Les agents de la faune ont confisqué le panache aux fins du procès et la Sépaq aimerait bien récupérer le trophée pour, je suppose, l'accrocher dans le poste d'accueil de la réserve faunique.

Depuis quatre ans, cette histoire a fait couler beaucoup d'encre. Certaines personnes auraient préféré qu'on laisse cette bête en vie comme un genre de mascotte sur le territoire et qu'on interdise de le chasser en se servant de la vidéo amatrice pour le faire connaître auprès des chasseurs de la réserve faunique.

D'autres souhaitent que ce panache désormais célèbre demeure la propriété de l'État et soit exposé dans divers événements comme des salons de chasse et pêche ou au poste d'accueil de la Réserve faunique de Matane. La ramure pourrait servir finalement comme objet de promotion de la chasse au Québec. Peut-être qu'à la fin de cette saga judiciaire, où les versions se contredisent, c'est le ministre de la Faune qui devra décider de saisir le panache, il en a le pouvoir, et le décréter propriété de l'État.

Une histoire à suivre pour les 35 000 chasseurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean et les 400 000 disciples de Nemrod du Québec.

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