Pour des poules à Saguenay

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CHORNIQUE / J'ai signé la pétition pour avoir le droit d'élever des poules à... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHORNIQUE / J'ai signé la pétition pour avoir le droit d'élever des poules à Saguenay. Ce n'est pas parce que j'en veux personnellement sur mon terrain, mais surtout parce que c'est une bonne affaire pour le monde. Le plaisir d'avoir des oeufs frais le matin devrait être permis à tous les citoyens qui le désirent.

C'est l'organisme Éco-kartier du centre-ville de Chicoutimi qui a lancé cette pétition en ligne, un organisme qui fait la promotion de l'agriculture urbaine et qui considère les poules comme « une source d'alimentation locale, saine et biologique, réduisant l'empreinte écologique. Facile d'entretien, elle fait très peu de bruit, voire pas du tout, et s'avère un animal de compagnie facile à apprivoiser. Elle est donc discrète pour le voisinage et, avec un bon entretien, elle ne dégage pas d'odeur », précise-t-il sur le site de la pétition.

L'aventure n'est pas très compliquée, un petit enclos en broche à poule, deux ou trois planches de bois, deux ou trois poules et le tour est joué. Il se vend même des poulaillers en kit et de nombreux modèles sont disponibles sur Internet pour ceux qui ont l'âme d'un bricoleur.

Un coup de fil au responsable des communications de la Ville de Saguenay, Jeannot Allard, a confirmé que l'élevage de poules est un phénomène qui se manifeste de plus en plus. Depuis que le chef Ricardo a tenté l'expérience dans sa cour à Chambly, en 2013, et que cette municipalité a autorisé l'élevage des poules en milieu urbain, la première ville à le faire au Québec, on sent un engouement pour ce genre de projet.

À la Ville, Jeannot Allard me confirme qu'aucune demande formelle pour posséder des poules n'a été formulée. Ce n'est pas surprenant, il y a un règlement municipal qui l'interdit. « Il est interdit de posséder des poules, coqs ou autres animaux de cette espèce en zonage résidentiel sur le territoire de la ville de Saguenay, ceci en vertu de l'article 4.1 du règlement applicable aux animaux », peut-on lire sur le site de la ville. Le responsable des communications indique que de nombreuses personnes téléphonent pour s'informer sur le sujet depuis trois semaines.

L'été passé, le Couvoir de Chicoutimi a vendu plus de 4000 poules pondeuses en début de saison et ils en ont manqué au milieu de l'été en plus d'avoir une liste d'attente. On peut supposer que de nombreuses personnes ont élevé leurs poules en ville et qu'aucune plainte n'a été portée. Je ne vois pas comment un petit poulailler de quatre ou cinq poules peut déranger le voisinage. Ça fait moins de bruit qu'un filtreur de piscine ou qu'un chien qui jappe. Si le fermier urbain se donne la peine de bien nettoyer le clos à poules, les odeurs seront un inconvénient pour personne.

La seule chose qui pourrait déranger les voisins ce sont les sourires, les grands yeux ouverts et les exclamations des enfants qui vont se pointer le nez dans le poulailler le matin pour récolter les oeufs frais.

Mes petits neveux et nièces avaient cette chance l'été dernier d'aller cueillir des oeufs frais le matin dans le petit poulailler construit par un voisin au chalet à Chambord. Je me rappelle du matin où ma petite nièce est venue frapper à ma porte pour me donner l'oeuf du matin qu'elle portait dans ses petites mains à bout de bras. C'est le meilleur oeuf que j'ai mangé de ma vie, un oeuf souriant, c'est plus nourrissant.

Les poulaillers mettent des sourires dans le visage des enfants et rendent les gens plus heureux. Quand le conseil municipal de Chambly a adopté un règlement permettant l'élevage des poules après l'expérience de Ricardo, le maire de l'endroit a déclaré au journal local : « Ça va permettre à des citoyens d'être plus heureux, près de la nature et de donner une forme d'éducation à leurs enfants sur la provenance de la nourriture... On est à l'écoute des citoyens ». On l'aime ce maire-là.

Je crois qu'avec un bon encadrement il y a moyen de mettre du bonheur dans la cour des citoyens en les autorisant d'élever des poules pondeuses. J'espère que les élus de Saguenay permettront l'élevage des poules en ville.

Mercredi, 313 personnes avaient signé la pétition en ligne.

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