L'attitude du maire Tremblay

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Le maire de Saguenay, Jean Tremblay... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Le maire de Saguenay, Jean Tremblay

Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Seriez-vous capable de travailler avec le maire de Saguenay à titre de conseiller municipal? Moi, c'est non. Je finirais par perdre patience. Il est tellement malavenant quand il s'adresse aux conseillères Julie Dufour, Christine Boivin et Josée Néron, que je finirais par pogner les nerfs. Je comprends bien qu'elles s'affichent comme des adversaires politiques, mais méritent-elles le traitement que le maire leur fait subir?

Lundi, lors de la réunion du conseil municipal à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière, la conseillère de Shipshaw, Julie Dufour, pose des questions au sujet du mandat de la vérificatrice générale de Saguenay. Là, le maire se met à l'invectiver et lui dit qu'elle devrait s'occuper du nettoyage des rues, du trou de «bouette» et des tout-nus qui se promènent dans le bois au lieu de s'acharner sur le cas de la vérificatrice générale.

«Quand même qu'on serait deux ou trois mois sans vérificateur, c'est pas grave, c'est pas grave, là, là. Un vérificateur, un "véérriiffiicaateuur", il y en aurait un pour l'ensemble des villes du Québec pis ça ferait pareil», a lancé le maire sous le chahut des citoyens présents.

Il s'adresse à la foule en leur disant de ne pas applaudir pendant les interventions. «Vous n'êtes pas dans un spectacle.» Il rabroue une dame qui applaudissait en l'identifiant par son nom, Hélène Savard, ancienne greffière à Saguenay.

«Faites pas ça, c'est pas bien, arrêter d'applaudir. [...] Vous n'êtes pas dans une partie de hockey, vous êtes fatigants, arrêtez ça», dit-il en s'adressant au public.

Des fois, j'ai l'impression qu'il est misogyne et qu'il ne réserve pas le même traitement aux femmes qu'aux hommes. La conseillère Christine Boivin lui a même reproché de faire de l'intimidation en pleine séance du conseil. J'aurais de la difficulté, en tant que conseiller, à assister régulièrement à ce crêpage de chignon.

Démission de Bernard Noël

Le président de l'arrondissement de Jonquière, Bernard Noël, a remis sa démission lundi à l'issue de la réunion du conseil municipal. C'était le temps qu'il pose ce geste, il n'avait plus la confiance des élus de Jonquière et ça fait un an et demi qu'il n'assume plus le leadership de l'arrondissement.

La Commission municipale du Québec (CMQ) a reçu son plaidoyer de culpabilité la semaine dernière concernant son dossier de voyage à Nice, qu'il a fait sur le bras, à l'été 2013, à titre de président de la Coupe des Nations, grâce à une subvention de Promotion Saguenay. Il était accompagné de sa femme et de sa fille lors de ce voyage pour assister à une étape du Tour de France. Il avait remboursé 4000$ huit mois plus tard pour défrayer le coût du voyage des membres de sa famille.

Gros malaise

Il y avait un gros malaise, lundi, lors de la réunion du conseil municipal. La conseillère de l'arrondissement de Shipshaw, Julie Dufour, avait demandé s'il allait démissionner devant le maire Tremblay qui a préféré attendre le verdict de la CMQ avant de commenter.

La démission de Bernard Noël est une bonne affaire. Les élus de Jonquière commençaient à être tannés de traîner ce boulet à leur pied. L'arrondissement piétine depuis le début de cette saga et son témoignage de culpabilité est la goutte qui a fait déborder le vase.

Les conseillers lui avaient fait confiance et ils attendaient que la CMQ fasse la lumière sur ce voyage pour décider du sort du conseiller.

On ne mesure pas l'importance des arrondissements dans la nouvelle ville fusionnée de Saguenay. Il me semble qu'un arrondissement uni pourrait faire avancer des dossiers sans laisser tout le pouvoir au maire. Si le leadership de l'arrondissement de Jonquière a été plombé par l'affaire du voyage à Nice de Bernard Noël, on peut en dire autant du leadership de l'arrondissement de Chicoutimi avec l'affaire Jacques Fortin et l'achat controversé d'un terrain sur le bord du Saguenay. Il y a eu aussi de la bisbille à La Baie quand le maire Tremblay a remis en question le leadership du président de l'arrondissement, François Tremblay. «Je ne veux pas le mépriser, mais il ne peut pas comprendre, il n'est pas capable de faire ça (président d'arrondissement). Je vous le dis. Ça peut arriver ça, dans la vie là. Ça ne veut pas dire que c'est une mauvaise personne, mais il n'est pas capable», avait lancé le maire lors d'un conflit entre les élus baieriverains. Tout compte fait, il est aussi méprisant avec les hommes qu'avec les femmes...

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