Les enfants, ces héros qui s'ignorent

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Maélie et Alicia auront bien du plaisir dans... (Photo courtoisie, Jim & Jane Productions)

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Maélie et Alicia auront bien du plaisir dans leur nouvelle salle de jeux.

Photo courtoisie, Jim & Jane Productions

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Il y a eu un peu de bonheur dans la famille de la petite Maélie, jeudi, dans sa maison du boulevard Auger, à Alma, alors que des gens au grand coeur ont «pimpé» sa salle de jeux. Mais quand Atchoum le clown enlève la veste que la petite de quatre ans portait et que dans son dos apparaissent les boyaux qui servent à sa chimiothérapie intraveineuse, on se doute que ce n'est pas tous les jours fête à la maison.

Parfois, la vie d'une famille bascule rapidement. Ça commence par des petits boutons rouges sur le corps, s'ensuit un coup de fil à Info-Santé et, dans l'heure qui suit, nous sommes à l'hôpital pour recevoir un diagnostic de leucémie. La vie s'écroule.

«En apprenant ce diagnostic, on a deux choix: on s'écrase ou on continue. Et on n'a pas le droit de faiblir ou de flancher devant le courage d'une jeune enfant qui fait face à sa maladie», a confié la maman qui recevait cette vague de générosité de toute une communauté, des gens qui ont consacré beaucoup d'efforts pour construire une salle de jeux dans un sous-sol trop petit pour accueillir tout le monde.

La générosité des autres fait du bien, mais ce n'est pas toujours facile à recevoir. On a les émotions à fleur de peau, des noeuds d'émotion se nouent dans la gorge, dans l'estomac, dans le coeur; c'est difficile pour des parents de voir son enfant, si jeune et si fragile, livrer un combat contre une maladie plus forte que tout ce qu'on connaît.

«L'hospitalisation devait durer un mois, au début, mais nous avons passé quatre mois dans une chambre d'hôpital. On n'a pas le droit d'être faible quand les enfants sont forts», répète la maman Lilianne Côté.

Le papa. Michel Maltais travaillait sur le chantier de La Romaine pour Hydro-Québec quand la nouvelle lui est tombée dessus au bout du fil. «Je ne pouvais pas attendre au lendemain pour prendre l'avion. Je suis rentré chez nous le soir même. Tout ce que je savais de ce cancer, c'est que les enfants en mourraient, c'est tout un choc», a raconté le papa qui n'a pas travaillé pendant quatre mois. La maman, quant à elle, a dû renoncer à un nouveau travail qu'elle avait trouvé.

C'est là. Sans s'en attendre, la vie vous entraîne dans des tranchées où, tous les jours, il faut lutter, lutter contre le découragement, contre la peur, l'inquiétude, les mauvaises nouvelles, les bactéries qui viennent aggraver la maladie, lutter contre l'impuissance de consoler son enfant dans la douleur, lutter contre l'épuisement. On ne peut pas se montrer faible devant un enfant fort; retenez cette phrase, c'est dans leurs enfants que les parents puisent leur force quand vient le temps de confronter la maladie.

Mais en plus de consacrer toute son énergie à un enfant hospitalisé, la vie ne donne pas de répit, elle continue pour les autres. Maélie a une grande soeur, Alicia. Quel beau nom. Alicia commençait l'école l'été dernier quand sa petite soeur a été frappée par la leucémie. La grande soeur a perdu l'attention de ses parents durant les presque cinq mois d'hospitalisation. C'est peu, vous me direz, par rapport à la maladie, mais la grande soeur joue aussi à la grande fille. On lui demande d'avoir un comportement d'adulte, de se placer un peu sur la touche pendant que la maladie capte toute l'attention de la famille, pendant que la maladie s'incruste au coeur des discussions quotidiennes, pendant que la maladie de l'autre nous laisse de côté.

C'est là que les autres arrivent en renfort, c'est là que les grands-parents déménagent dans la maison de la grande soeur pour lui offrir un semblant de vie normale pendant que les parents sont au chevet de Maélie.

Mais les enfants sont bien faits face à ces situations, ils s'adaptent, comprennent, sont résilients et vivent ce qu'ils ont a vivre et arrivent à trouver du bonheur dans l'adversité. Ils sont incroyables, ils arrivent à s'amuser et à rire dans les bras d'Atchoum, même intubés et le corps meurtri par la chimiothérapie. Les enfants sont des héros qui s'ignorent.

À tous ceux qui se sont impliqués pour «pimper» la salle de jeux de Maélie et d'Alicia, sachez que vous faites partie de ceux qui sèment du bonheur.

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